WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIENDS

En imaginant que sous l’effet d’une légère fièvre ou de l’angoisse d’une traversée aérienne transatlantique imminente, je sois prise d’un nouveau délire… Du genre « je condense mes poèmes pour ébaucher un recueil et envoyer un manuscrit… Rien à foutre !!!« 

Premier problème : Qu’est-ce donc que cette chose, un recueil de poèmes ???
Un bouquin qui, s’il a de la chance, ramasse la poussière sur un rayon de librairie tout petit et très éloigné de l’entrée des clients. Certes… Mais, ce n’est évidemment pas une ambition de succès, de célébrité ou encore de droits d’auteur mirobolants qui me motive (Légère fièvre, je vous ai dit, j’ai pas 40 degrés non plus !!!)
Mon jumeau astral m’a bien précisé qu’il fallait un fil conducteur… Admettons que j’en ai un.
Y a-t-il un nombre minimal de poèmes règlementaire pour faire un recueil ?
Peut-on mélanger la prose, les histoires poétiques (la prose avec une vraie fin), les vers et le moderne (celle qui est en vers et ne rime pas), sachant qu’une telle catégorisation me contraindrait à l’acquisition d’un précieux volume de « La poésie pour les nuls » ?
S’agissant de poésie, les textes doivent-ils être inédits ou puis-je puiser dans ceux que j’ai posté sur mon pauvre blog ?

Deuxième problème : Qu’est-ce donc que cette chose, un manuscrit ??? J’imagine bien qu’aujourd’hui on n’est plus obligé de l’écrire à la main (Pitié, sinon je vire le Mac manu militari !).
Faut-il donner un titre ? Parce que rien que là, je dois dire que je suis embarrassée et que, par un mystère étrange, ça remet en cause mon fil conducteur (ça, après tout, hein ?! Bref…)
Je sais, grâce à MTG, qu’il faut faire une lettre de présentation… Quelle forme doit-elle respectée ?

Je jette cette bouteille à la mer parce que je sais que certains d’entre vous ont sauté le pas. Et croyez-moi de là où je suis, que ce pas ait abouti ou non, cela est selon moi, la preuve d’un grand courage…

Je ferai feu de tout conseil, initié ou inspiré…Et puis, ça me gonfle de procrastiner…Alors de le dire un peu plus haut et un peu plus fort (NB : Sur mon blog confidentiel :D), peut-être que ça me mettra le nez dans ma m….! 🙂

Pour ceux qui voudront continuer, (comme MTG, Martine, Carnets…), ou commencer à m’aider (par mail, FB, MP Messenger ou sur le blog), gardez bien en tête qu’une réponse à l’une ou l’autre des questions ci-dessus, en plus de me faire un énorme plaisir, provoquera automatiquement une avalanche de questions subsidiaires…

À bon entendeur…MERCI de tout coeur! ❤ ❤ ❤

Les plumes d’Emilie selon la play-livres de Mind The Gap

Je cite mon jumeau astral qui nous a livré sa play-livres, ici :

« Il y a quelques jours , j’ai publié un article sur une play-list musicale , qui a étrangement bien marché et que certains ont même repris sur leur propre blog, comme un tag.

Aujourd’hui, je change de domaine artistique et modifie aussi un peu les questions…quoi que !

Voici la play-livres !« 

Quel est le dernier livre que vous vous êtes offert ?

Arrête tes mensonges de Philippe BESSON

Je ne l’ai pas encore commencé… Il faut dire que je trouve que le mois de mai m’a trop menti, cette année…

Fais ce qu’il te plaît ??? Sérieusement ???

Et le dernier livre que vous avez offert ?

Belle du Seigneur d’Albert Cohen. La description de la passion amoureuse y est si saisissante!

Sur une île déserte, vous pouvez prendre l’intégrale d’un auteur classique et d’un auteur actuel , qui choisissez-vous?

Pour l’auteur classique, sans hésiter, Charles Baudelaire.

Pour l’auteur actuel, ce serait Anne Rice. Car elle a énormément écrit et que j’ai un faible pour le genre fantastique.

Quel livre offrir à une personne que vous n’aimez pas ?

Sans hésiter là encore, le bottin, pour pouvoir lui taper dessus sans laisser de traces… 

Enfin, le livre qui est pour vous l’histoire d’amour la plus forte ?

Impossible à dire… Et pourtant, j’en ai lues quelques-unes… Belle du Seigneur est monumental mais trop à charge à mon goût. Wuthering Heights est magnifique mais il lui manque un petit quelque chose…Le Petit Prince si émouvant, mais n’est-ce pas plutôt une histoire d’amitié ??? Ou bien Le Nouveau Testament mais ce serait laisser parler mon côté provoc’…

 Alors, quitte à paraître prétentieuse, et pour éluder définitivement la question, je dirai « Celui que j’écrirai peut-être un jour ».

Voilà, comme dit MTG, « si ça vous branche vous pouvez le faire…« 

Source GIFs : giphy.com

Les chants d’oiseaux d’Emilie BERD

Mon jumeau astral MTG vient de publier un article LA PLAYLIST DE MTG, inspiré de la chronique de l’émission QUOTIDIEN sur TMC.

Je le cite :

 » En ce moment dans QUOTIDIEN, il y a une rubrique sur la playlist des invités. On leur demande de répondre en gros aux questions suivantes (que j’ai un peu adaptées…) . Je ne suis pas invité dans l’émission mais je vais quand même le faire et je vous engage à reprendre ce petit tag sur votre blog si vous en avez envie (notez que ça  ne prend que  10 minutes et que ça fait un article !!!)« 

Notez également que j’aurais préféré être taguée en personne mais bon, c’est pas son style alors j’encaisse et j’enchaîne…:D

 

Quel morceau écoutez-vous en boucle en ce moment ?

C ’est Hoshi avec Ta marinière. La tribu et moi, on la kiffe!

J’adore la voix et la musique et surtout les paroles que je mets là dessous, si ça intéresse quelqu’un.

Derrière ta cigarette
Dans mon cœur
T’as fait un tabac
Je suis en quête du bonheur
Peut-être qu’il est dans tes draps
T’as piraté mon âme
Alors que je surfais sur la vague
Et j’ai tout raté, je rame
Alors que j’t’avais dans ma madrague
Enlève tes bas ou tes hauts
T’es si jolie, tu me rends dingue
Je rêve qu’tu viennes sur mon bateau
Que toute les nuits on fasse la bringue
À bâbord ou à tribord, on partira à la dérive
Je veux ton corps, mon trésor
Je t’attends sur l’autre rive

(Refrain) (x2)
Et sur ta marinière
Je cherche notre trait d’union
Tu l’as jeté à la mer
Pour donner à bouffer aux poissons
À nos poisons d’avril
Nous deux c’est pire qu’la mer à boire
Ne te découvre pas d’un fil
Tu rendrais amoureux ton miroir

L’océan nous emporte
J’sais pas si t’es au courant
Que lorsque l’eau passe ma porte
Même si c’est la cata, c’est marrant
Viens dans mon équipage
Rattrape-moi sur la jetée
On fera sûrement naufrage
Mais on aura au moins essayé
Donc si aujourd’hui je plonge
Dans l’amour en criant à l’abordage
C’est parce que je prolonge mon séjour
Quitte à revenir à la nage
Je vois bien que tu pètes un câble
Et que même tu ripostes
Alors courons sur le sable
Avant qu’un autre t’accoste

(Refrain) (x2)

Célibataire jusqu’à demain
Elle s’donne un air en maillot de bain
Marinière, cherche son marin
Prêt à rester sur terre rien que pour sa main

En savoir plus sur https://www.lacoccinelle.net

 

Quel est pour vous, la plus grande chanson de tous les temps ?

Evidemment…

En plus, qu’est-ce qu’il est beau…

 

Quel est le meilleur morceau pour s’éclater ?

On bouge son corps, du bout des doigts à la pointe des pieds.

 

Quel morceau feriez-vous entendre en boucle pendant 3 heures à votre pire ennemi(e)?

La Marinière de Hoshi, With or without you de U2 ou Salma ya salama de Dalida, histoire de la torturer en y prenant du plaisir…

 

Quelle chanson ringarde aimez-vous écouter et réécouter ?

Like a virgin… Hey! Touch for the very first time…Like a viiiirgin… With your heartbeat next to mine!

 

Quel artiste ou quel style de musique pour partir sur une île déserte qui vous offrirait la possibilité d’écouter à volonté un seul artiste ou un seul style de musique?

Euh… MTG, je regarde l’émission le plus souvent possible et cette question ne me dit rien! Sérieusement, tu me vois sur un île déserte sans coiffeur et sans manucure… Bon… Tant qu’à avoir le cheveux sale et les ongles dégueulasses…

Qu’est-ce qu’il était beau…

Et la question soigneusement éludée par MTG : Quelle chanson pour faire l’amour…

En effet, d’aucuns pourraient penser que faire l’amour en musique (à l’instar de Calogéro au passage qui fait tout en musique), c’est déjà un échec… Mais avec Portishead, c’est possible de laisser filer sans se soucier…D’abord, l’album Dummy (il dure 50 minutes). Après la douche, l’album Portishead (51 minutes). Et, après une autre douche (là je m’adresse aux plus motivés…), Roseland NYC Live. J’ai les trois à la maison si ça peut aider.

 

Certaines choses ne changent jamais (ou un lundi de rentrée comme les autres)

 

Combien de temps faut-il pour que la conscience se pointe dans un rêve tendre et douillet? Mis à part quelques neurologues sadiques dont le trip serait de réveiller les gens en les obligeant à dormir avant (avec un bonnet de nuit ridicule pleins d’électrodes, c’est le pompon !), je pense qu’à cet instant Zzz, il serait plus pertinent de jouer au hérisson dans ses draps que de tenir un chrono… Enfin, ça n’engage que moi (même si je crois deviner une sorte de consensus à ce sujet).

Alors, pour la suite du développement, on va dire une seconde. Effectivement, si on est pointilleux, on peut arguer que ça varie d’une personne à l’autre :

Il y a les fringants qui sautent de leur lit, bondissent dans leurs habits façon  Aujourd’hui, je sauve le monde , et puis parce que « après tout on est lundi, c’est le début de la semaine, en plus, on a de la chance, il ne pleut pas et le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt »… Sauf que, à ces gens-là, laissez-moi leur préciser que John Maclaine leur aurait mis un bon taquet s’il avait dû avaler son café devant de tels moulins à paroles…

Il y a les indécis qui, évoluant en plein paradoxe, réussissent la prouesse d’être totalement réveillés tout en restant au lit…ceux-là même qui, l’imagination bridée par trop de films dans lesquels le pouvoir de l’esprit résout tout, se disent qu’avec un peu de chance, en se concentrant très, très fort, ce lundi matin se changerait en dimanche matin… Bref, des passionnés de voyages dans le temps et autre science-fiction mais qui zappent la catégorie Anticipation…

Il y a aussi les désespérants qui ne tombent du lit qu’après trois salves de buzzer et qu’avec la pression  d’un tiers talon qui les pousse vers l’extérieur (Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé…)

Donc, disons, une seconde pour que la conscience se pointe dans ton rêve. Elle s’immisce au milieu de ton soleil, chaud comme un baiser avec la langue et rond comme une boule de sorbet au citron… Et c’est dommage parce que, de là où tu étais, tu commençais presque à entendre le bruit des vagues mourantes sur la plage…Pas très loin de tes orteils qui, soit dit en passant, essayaient de se donner un air espagnol à faire sombrer Antonio Banderas…

Mais ce son tendre et amoureux qui chatouillait un peu tes oreilles et t’arrachait même un sourire dans ton sommeil s’est mué en cri infâme, flamenco infernal, l’éventail évincé, remplacé par des castagnettes à te fendre le crâne… Le hurlement d’un monstre sans pitié qui n’est autre que cette terrible réalité, toujours et encore : Le réveil et son alarme…

Le réveil, un des pionniers de l’esclavage moderne… Peut-être un des rares objets de notre panoplie d’ho.fe.mme pressé.e (…) pour lequel aucune obsolescence n’a été programmée. C’est bête ! Pour une fois que ça aurait pu servir à quelque chose ! Pour une fois que la fameuse panne aurait eu un soupçon de crédibilité, car sans se mentir (Et non, ça n’arrive pas à tout le monde !), les pannes sont au réveil ce que la chute est au cheval, errare humanum est.

Ce matin, de toute façon, il n’en est pas question… La lumière qui baigne l’espace vient des rayons qui rentrent par effraction entre les interstices de la fenêtre et alors intervient la réflexion…la pause nécessaire avant toute autre décision : Ouvrir les yeux…

Evidemment après quinze grasses mat’ (une par jour), la peau de tes paupières, habituellement fines et douces, s’est, à cette heure matinale, transformée en papier de verre.  (Cela fait longtemps que je n’ai vu ni touché ce truc… Dans le genre ponçage, je suis plus lime à ongle que papier de verre, même si j’ai très rapidement pas pied après quelques verres… Désolée…)

Ouvrir les yeux, un jour de rentrée…Ouille, ça fait mal ! Et tu le fais quand même parce que tu y crois (pour les fringants) ! Tu le fais quand même parce que tu n’as pas le choix (pour les autres) !

La vue retrouvée et la vie devant soi, tu hisses le pavillon… Et pendant que la cafetière gueule le café bien plus qu’elle ne le fait, tu traverses la cuisine en te frottant les yeux (Erreur de débutant : ça pique encore plus), direction la salle de bain, dans laquelle tu évites avec toutes les précautions d’usage le pèse-personne (retour de vacances…)  Tu te douches avec une dernière pensée pour ce macho ibérique, qui, après tout te faisait de l’ombre…

Comme tu répètes depuis maintenant 23 jours à ta tribu « En avril, ne te découvre pas d’un fil », et que le « Garde ton casque de ski sur la tête ma chérie, oui, Maman n’en porte pas mais c’est à cause de son brushing, » n’a jamais marché, tu enfiles un pull et tu serres bien ton écharpe autour du coup…

Tu sors de la pièce en jetant un regard rapide au reflet dans le miroir (Quelle connerie, cette crème anti-rides ! Faudrait investir dans une crème minceur !). Et tu retournes dans la salle à manger où ta tribu rose réunifiée à table (La bleue étant déjà au taf ! Y en a qui bosse !!!) rumine sa nuit et quelques céréales… Tu fais le tour de cette quinzaine plutôt réussie… Tu te sers une tasse de café…Tu regardes la vaisselle dans l’évier et te souviens avec nostalgie qu’hier soir, c’était encore les vacances… Tu goûtes ton café… Il est 7h40. Dans 35 minutes, les filles vont à l’école…Tu te dis que ce n’est pas la peine de se précipiter au club de sport ce matin, que ça peut attendre demain… Tu bois une nouvelle gorgée de café…

Encore un peu endormie, les yeux à moitié pleins de lune, elle se retourne vers moi : « Maman, je n’ai pas fini mes devoirs ! Je dois lire le livre que j’ai emprunté à la bibliothèque et je ne l’ai pas fini… »

Il fait grand bleu dehors et pourtant l’air devient électrique. Tu refais mentalement un condensé des vacances en tentant de te souvenir la dernière fois où tu as dit « Faîtes vos devoirs ! » Et là, alors que rien ne bruisse, même pas le vent dans les feuilles toutes neuves de printemps, quelque chose s’écrase dans un boucan de dingue : tes ambitions de mère modèle qui s’effondrent.

Alors quoi ! Jurer par tous les Dieux que, désormais, on ne m’y reprendra plus… Dire à la fontaine que je ne boirai plus de son eau… Faire serment que, dès le vendredi, tous les devoirs seront faits et bien finis… Que nenni !

Accepter son sort et avancer parce que Morphéus avait raison, il y a des choses dans ce monde qui ne changeront jamais.

© Emilie BERD 23 avril 2018

GIFs : giphy.com

 

WUTHERING HEIGHTS- KATE BUSH

Out on the wiley, windy moors
Dehors, sous le vent de la lande mystérieuse,
We’d roll and fall in green.
Nous tombions et nous roulions dans l’herbe,
You had a temper like my jealousy :
Tu avais le caractère tout comme ma jalousie :
Too hot, too greedy.
Trop vif, trop avide.
How could you leave me,
Comment as-tu pu me quitter,
When I needed to possess you ?
Quand j’avais besoin de te posséder,
I hated you. I loved you, too.
Je te détestais. Je t’aimais, aussi.

Bad dreams in the night.
Des mauvais rêves dans la nuit,
They told me I was going to lose the fight,
Me disaient que j’allais perdre le combat,
Leave behind my wuthering, wuthering
Abandonnant mes
Wuthering Heights.
Hauts de Hurlevent,

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Ooh, it gets dark ! It gets lonely,
Oh, tout devient sombre ! Tout devient solitaire,
On the other side from you.
Loin de toi,
I pine a lot. I find the lot
Je me languis tellement. Je trouve que le destin
Falls through without you.
Tombe à l’eau sans toi.
I’m coming back, love.
Je reviens, mon amour,
Cruel Heathcliff, my one dream,
Cruel Heathcliff, mon seul rêve,
My only master.
Mon seul maître,

Too long I roam in the night.
Depuis trop longtemps j’erre dans la nuit,
I’m coming back to his side, to put it right.
Je reviens à ses côtés, pour tout arranger,
I’m coming home to wuthering, wuthering,
Je rentre chez moi aux
Wuthering Heights,
Hauts de Hurlevent,

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Ooh ! Let me have it.
Ooh ! Laisse-moi l’avoir.
Let me grab your soul away.
Laisse-moi saisir ton âme au loin.
Ooh ! Let me have it.
Ooh ! Laisse-moi l’avoir.
Let me grab your soul away.
Laisse-moi saisir ton âme au loin.
You know it’s me–Cathy !
Tu sais que c’est moi–Cathy !

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold ! (x2)
Je rentre à la maison. J’ai si froid ! (x2)

En savoir plus sur https://www.lacoccinelle.net/248671.html#Vb7v3pgRwQ8pqYYK.99

Ce matin

Les enfants qui restent bloqués sous la couette,
Le car de transport scolaire qui ne passe pas,
C’est un matin de rentrée comme les autres …
Les cris stridents au moment de s’habiller,
La polaire qui trempe dans le café brûlant,
Il fait froid.

Dedans, ça va… On a chaud au corps et au cœur.
Et puis, on jette un coup d’oeil dehors… « Regarde ! Il neige !!! » mais c’est seulement le gel qui s’éparpille en suivant les rafales de la bise, pour nous prévenir qu’il est bien là.
Il nous met en garde derrière les vitres de la fenêtre de ne pas nous fier aux innocents airs de ce ciel d’un bleu si clair…

Les enfants qui multiplient les couches comme des oignons,
La voiture qui démarre mais on sent qu’elle en a marre,
Il fait froid…
Maman qui repart tranquillement avec le cartable,
Et la petite fille au portail qui l’appelle en riant aux éclats,
C’est un matin de rentrée comme les autres…

Sous les doudounes, ça va… Un peu tendus peut-être
Et puis, on jette un coup d’oeil aux autres… On a tous le nez rouge et le sourire aux lèvres… Et ce regard complice et solidaire qui n’exige aucun mot. Le partage muet d’une sensation qui pique mais qui fait du bien : « Putain ! Ce matin, ça caille vraiment ! Mais qu’est-ce qu’on se sent vivant !!! »

ANGOISSES AERIENNES

 

 

« Chut… Détends-toi… Tout va bien se passer. »

Cela n’a pas tardé ! Les billets d’avion ne sont pas encore imprimés que l’angoisse remonte lentement le long de mon œsophage en le brûlant au passage, alors j’essaie de me calmer en me parlant à moi-même…A voix haute, en plus… A cet égard, et contrairement à ce qu’on en dit, cette habitude n’a rien à voir avec l’âge. Car, aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours parlé toute seule.
Il est clair que comme ça, ça peut paraître sympa mais j’ai la malchance d’être tenace, et croyez-le ou non, je suis rarement d’accord avec moi-même !
Sauf dans ce cas précis : la peur de l’avion.
Je m’explique… Lorsque tu flippes à l’idée de prendre l’avion, tu tombes toujours sur quelqu’un qui va essayer de te rassurer. Cette personne, persévérante et adorable, qui elle, ne compte plus ses Miles, va utiliser plusieurs arguments dont l’ordre révèle, au fur et à mesure de ses développements, son degré d’exaspération…

1/ La statistique : « L’avion est le moyen de transport le plus sûr ! A 99,999%»
Les statistiques, ça ne sert qu’aux assureurs…La gravité, elle, c’est du sérieux ! Du scientifique ! Parce que, si tu es dans un avion présentant un problème critique, quelque chose me dit que tu es subitement bien plus concerné par le petit 0,001 % que l’arrogant 99,999%.
Prétentieux 99,999%…Je n’ai aucune confiance dans ce chiffre !
En revanche, lorsque je lis que l’année 2017 a été la plus sûre pour le transport aérien, alors que j’ai décidé de prendre l’avion en 2018, je m’en veux…Oh, oui je m’en veux de ne pas être partie l’année dernière… J’ai raté le coche « à ça ».  Et je reprends un pansement gastrique !

2/ La prise de conscience : « Ta peur n’est pas rationnelle. Le trafic aérien est si dense… Tu vois bien, il n’y a pas d’accident tous les jours
C’est une variante vulgarisée de l’argument numéro 1, pas loin d’être vexante…La première version n’ayant pas convaincue, malgré sa logique implacable, elle est resservie avec moins de technique au cas où l’incompréhension faisait barrage…
Pour autant, je sais très bien que ma peur n’est pas rationnelle, elle est tout bonnement naturelle ! Et pour cause : les oiseaux volent. Les abeilles volent. Les hommes, non. Les femmes non plus… Il peut arriver aux êtres humains, s’ils ont de la chance, de s’envoyer en l’air ou de monter au septième ciel mais ça reste du sens figuré !

3/ Le tourisme : « Tu va t’éclater quand tu y seras. »
Bah, pour moi… Du moment que je n’éclate pas pendant que j’y vais…

4/ La rapidité : « C’est génial la distance que l’on peut faire en si peu de temps. »
Le temps en avion… Parlons-en… C’est d’une lenteur…Comment est-il possible de s’ennuyer autant dans un appareil qui va aussi vite ! Confiné, coincé dans ce truc avec des demoiselles en jupette…
Après ton troisième film en anglais non sous-titré, tu commences à les observer… Tu n’as rien d’autre à faire et elles ne sont pas désagréables à regarder…
Enfin, si tout va bien… Si tu as tendance à l’affolement, tu ne mates pas les hôtesses de l’air pour te distraire, Tu les détailles. Tu les scrutes. Tu ne les quittes plus du regard… Elles sont à la fois ton phare et ton fardeau, ton seul espoir et ton cauchemar. Car leur sourire, si professionnel, n’en est pas un… C’est un miroir de ce qui se passe dans le cockpit. En comptant le nombre de dents visibles, tu connais la situation du vol. Et si la franche banane à l’américaine s’efface pour laisser la place à sa timide petite sœur, tu aurais dû prendre tes dernières dispositions avant le décollage.

Et finalement, vaincue et constatant qu’il ne peut plus rien faire pour vous, si triste que l’horizon ne vous semble qu’une toile de maître à admirer plutôt qu’un animal sauvage à chevaucher, l’interlocuteur lâche l’affaire : « Sinon, l’Europe c’est pas mal aussi… »

Alors, j’essaie de me rassurer toute seule, avec des petits trucs personnels… Irrationnels mais rien qu’à moi…
Je me dis qu’avant le départ, il faudra absolument que j’aille embrasser mes parents…
Je me dis aussi que je pourrais faire une sorte de testament… Loin de moi l’idée de déshériter mes enfants, puisque, de toute façon, on sera tous dans l’avion… Et puis, ce n’est pas que j’ai tant à donner…Simplement, je me demande ce que deviendraient tous mes cahiers…
Et j’aurais tant aimé que mes cendres soient dispersées dans mes montagnes ! Mais, en cas de crash aérien, ce genre de choses n’a peut-être pas d’importance…

« Oui, tout va bien se passer… Quoiqu’il en soit, s’il se passe quelque chose, j’espère que ce sera au retour… Que l’on puisse en profiter…»

©Emilie BERD 17/01/18

LA CRISE DE LA QUARANTAINE

Je viens de lire un article, , chez Mind The Gap… J’ai commencé à répondre en commentaire et comme je me suis rendue compte que ce serait trop long, je me suis dit que, de ce trop long commentaire, j’allais faire un tout petit billet, que ça ferait l’occasion de publier quelque chose sur ce blog moribond et que ça me permettrait de parler de cette fameuse crise de la quarantaine…

Déjà, aux sceptiques, je voudrais dire ceci : Soyez heureux ! Soyez heureux, je vous le dis, car si vous ne croyez pas en l’existence de cette crise de la quarantaine, c’est simplement parce que vous n’avez pas encore atteint les quarante ans.
Tant que l’on ne fait pas parti du club, on ne peut pas entrer, c’est comme ça… En revanche, on t’envoie la carte de membre sans te demander ton avis ! Il faut le garder à l’esprit.

Personnellement, cette crise m’a prise par surprise à quarante et un ans (Oh ! ça rime ! Moche, mais ça rime !) C’est vrai, au début, moi, j’étais plutôt heureuse… Quarante ans, c’est joli, c’est rond…J’avais même réussi à perdre du poids, malgré les nombreux témoignages que j’avais accueillis (Notez que si j’utilise le verbe « Accueillir » et non « Recueillir », comme je devrais, c’est parce que ces témoignages, je ne les avais pas réclamés !)
Lorsque l’on fait partie, comme moi, de cette catégorie de la population qui lutte chaque matin pour ne pas exploser son pèse-personne contre le miroir de la salle de bain (une pierre, deux coups !), on les connait bien.
La structure est toujours la même, avec une donnée qui change tous les ans : « A partir de tel âge, pour perdre du poids, faut jeûner pendant 6 mois. ». L’élément évolutif, c’est ledit âge justement, qui par un mystère ironique et insondable est immanquablement le tien…
Donc « A partir de quarante-deux ans (par exemple) pour perdre du poids, faut jeûner pendant 6 mois. »
Le témoin-type ne varie pas non plus : une aînée… qui te l’assène régulièrement avec un air à la fois compatissant et narquois, lorsque tu as décidé, une nouvelle fois, de manger moins gras, moins sucré et moins salé pour tenter le prochain été de porter un maillot de bain deux-pièces avec un minimum de dignité.
Avant, j’avoue que je ne comprenais pas… Ces dames, successives, voulaient-elles me faire du mal ? N’étaient-elles pas excessives ? À moins d’une question médicale, je ne saisissais pas cette impossibilité. Aujourd’hui, je sais… Et, je pense à elles avec tendresse, quand j’ouvre la deuxième tablette de chocolat pour oublier les deux rides que je viens de me découvrir, juste «  », bien placées, comme jadis le bouton d’acné… Sauf que le bouton, lui, disparaît… Je me souviens de leur sagesse bienveillante quoique brutale quand je me sers un nouveau verre de bordeaux en espérant taire l’angoisse du « truc ».

Parce que, à quarante ans, il y a le « truc ». Celui à ne pas faire : le regard en arrière… Et on le fait ! Pour autant, il ne faut pas s’en vouloir… A l’évidence, auparavant, on faisait nous aussi parti des sceptiques.
Et puis, a priori, un regard en arrière n’est pas dangereux en soi… C’est ce qui le suit qui craint ! Il suffit d’un rien : un coup d’œil léger, rapide, en mode furtif… Un éclair qui à lui seul déclenche l’orage… Absurde !
Pourtant, ce simple revers de la tête te la prend mais quelque chose de grand… Elle te la prend « de ouf » (De nos jours, c’est « de ouf » direct, les jeunes, par définition, n’ont pas à s’embarrasser du « truc ».)

Sournoisement, insidieusement et de manière totalement involontaire, se met en route un mécanisme irrésistible et douloureux : tu fais le bilan de ta vie… Pas la liste « des pour et des contre », pas l’inventaire des choses qui te rendraient heureux… Le vrai bilan… Celui qui te fait remonter la bile jusqu’au fond de la gorge, tellement ton enfant intérieur tape des pieds de colère dans ton estomac… Celui qui confronte le passif à l’actif et conforte un résultat en regrets si positif qu’il ferait rougir de plaisir le plus professionnel des banquiers.
Tu as bien conscience qu’elle ne sert à rien, cette roue infernale qui tourne à la puissance de tes larmes et de tes « si j’avais su… ».  Elle t’étourdit de « Etait-ce la bonne voie ? », alors que, en réfléchissant un tout petit peu, toutes les voies mènent au même endroit et c’est ça qui te terrasse, au fond… Tu te rapproches de plus en plus du cul de sac et tu sais à présent que les issues de secours que tu croyais voir clignoter tout le long ne sont que l’éclairage public…
Ça fait du surplace, en se mordant la queue. Tu voudrais tout arrêter en intervenant sur l’énergie hydraulique. Tu te concentres en fermant les yeux bien fort et en faisant ressortir tes jolies pattes d’oie toutes neuves !!!
Mais ça ne suffit pas. C’est trop tard. Y a un goût amer dans la bouche qui ne passe plus… Puisque ce qui est fait n’est plus à faire et ce qui n’a pas été fait non plus… C’est la vie… Et pour ce qui en reste, et bien, on ne l’a plus vraiment devant soi.

Du coup, tu recenses inconsciemment tes projets, ta « to-do list » avant de mourir, parce que même si tu sais où va le chemin, faut bien avancer…

C’est ainsi que je me suis mise à avoir des idées diverses et étranges:

  • Chercher dans un magasin de chaussures cette fameuse paire de bottes que je m’étais promise il y a vingt ans et qui de toute façon n’existe plus ;
  • Promettre à mes filles que l’on irait toutes les trois se faire percer les oreilles alors que je déteste ça ;
  • Reprendre contact avec mon amie d’enfance…

L’énumération ci-dessus n’est pas exhaustive car ce qui m’impressionne vraiment c’est la vitesse dingue à laquelle je peux produire ce genre de plans saugrenus…
Il y a peu, je me suis entendue proposer devant quatre personnes, une seule ayant la capacité juridique de le certifier, un voyage transatlantique… Aller et Retour…

Depuis, chaque soir, lorsque je lève les yeux au ciel et que je vois un de ces appareils volants, saisie par l’inquiétude viscérale qu’ils m’inspirent (en clair, le crash), lorsque je m’imagine terrorisée de l’enregistrement des bagages jusqu’à l’atterrissage, je me dis (comme ça a marché pour un, pas de raison que ça ne marche pas pour moi !) que j’y arriverai, parce que c’est MON projet !!!

©Emilie BERD 6 janvier 2018

DECEMBRE

 

Dans trois jours, trois tout petits jours (francs ! Je précise pour les puristes), nous sommes le 1er décembre. Et j’avoue qu’à cette idée, je sautille comme une puce !
Parce que, allez savoir pourquoi, j’adore le mois de décembre… Si je me laissais aller, je pourrais dire haut et fort que c’est le mois de l’année que je préfère…
J’entends déjà certains émettre des hypothèses ayant un rapport avec ma blondeur… Ceux-ci, je m’empresse de les rassurer ! J’ai, avec le temps, de plus en plus de doutes sur l’existence du Père Noël, même si, je dois bien le reconnaître, je l’attends toujours…
J’ai essayé de comprendre pourquoi décembre me plaisait tant. De prime abord, ce n’est pas le plus fou… Les jours rapetissent, la lumière va faire un tour… La température baisse…On finit ruiné…
Et, soudain, m’est apparue cette évidence : Décembre est le mois de la métamorphose !

Tenez, les enfants, par exemple… On ne les reconnait plus (Enfin, je parle des miens…C’est vrai que j’ai tendance à généraliser à partir de mon seul échantillon. Personnellement, je les trouve pas mal, pour autant je ne suis pas certaine que, et ce en raison de leur nombre, ils soient vraiment représentatifs…)

Mes enfants, donc, je ne les reconnais plus ! D’écoliers paresseux, ils passent à écrivains compulsifs… Alors que, d’habitude, il faut suer sang et eau pour leur faire écrire une ligne, là, Ô miracle… Aucun cri, aucun conflit : il faut bien envoyer la fameuse liste au Père Noël, cette prière à l’esprit si peu sain de la consommation…
Combien de pages noircies avec tant de dévotion jonchant le sol (Je ne suis pas une fée du logis, et je m’en explique ici), éparpillées sur la table à manger alignant des vœux à en perdre la tête (et, en même temps, l’oreille de son banquier) ? Pourquoi après l’école, ces petites mains laborieuses, ces cerveaux si inspirés ne daignent pas jeter un œil sur leurs cahiers de devoirs ?

J’exagère… Parce qu’en décembre, je l’admets, les enfants font leurs devoirs : ils obéissent… Au son d’une phrase unique, discréditant toute autorité et, c’est un paradoxe, malgré tout efficace…
Que l’enfant croie que les objets de ces désirs sont fabriqués par des petits lutins verts et rouges, ou qu’il soit au courant des circonstances bien plus sombres de leur fabrication, il y a la formule magique : « Le Père Noël te regarde… Et si, tu (au choix : ne finis pas ton repas, ne range pas ta chambre, ne pose pas cette tablette, ne baisse pas ce couteau, etc…) ne m’écoutes pas, tu n’auras pas de cadeau… »
Et là, en général, l’enfant s’exécute…C’est génial… (Enfin, si je mets de côté Mambo 3 qui noie sa soupe dans ses larmes de peur que le Père Fouettard ne vienne la voir… Soit dit en passant, elle termine son assiette !)

Pour la télé, c’est du pareil au même… Sans menace…
Les mambos, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, sont accros à l’écran… « Attends, mais Maman, si tu me prives d’écran, mais je suis au bout de ma vie ! » (« Au bout d’ma vie », belle expression ! Elle existe aussi sous la forme « Au bout d’ma life ». Elle a remplacé le mot « ultime » que mon fils utilisait en ponctuation… De sorte qu’à la fin, tout était « ultime ». Désormais, l’expression consacrée pour l’émotion suprême, c’est « au bout d’ma vie », ça marche pour la joie, la honte, le chagrin, l’excitation… « The » type d’expression qui t’appauvrit le vocabulaire en quatre mots, genre… Je m’égare…)
En décembre, mes enfants refusent d’allumer la télé… Trop de pub ! Leur série préférée qui durait 25 minutes, fait maintenant plus d’une heure à cause des coupures… Ils n’en peuvent plus… Trop fatigant pour eux…
Alors, c’est sûr que même si je suis en train de bouquiner tranquillement, les paupières lourdes, pas très loin de la sieste, lorsque j’entends Mambo 2 se plaindre et Mambo 3 chanter pour la énième fois un slogan (à filer des sueurs froides), je me lève. Je les autorise à éteindre la télé… Je cherche le CD de chants de Noël et je commence le gavage…
Ce n’est pas grave… En fait, c’est merveilleux : les enfants deviennent raisonnables, et ce par la force des choses…ou plutôt des virus… Les premiers frimas arrivent… les premiers rhumes, les gros, se pointent, anéantissant la moindre velléité de turbulences chez les moins de 15 ans et faisant de ma carte vitale une vraie carte de fidélité. (L’année dernière, j’ai même pensé à inviter ma pharmacienne au repas de Noël. Je la voyais tous les jours, ça crée des liens.)

Le repas du 25 : l’objectif (ultime) de Décembre qui porte en lui quelque chose de fabuleux : on a le droit d’être gourmand.
Les bonnes résolutions, prises en janvier (logiquement), durement tenues (sauf pendant les vacances parce que hé, ho, hein !) se muent en une sorte de résignation, en une série de « A quoi bon… ».
« A quoi bon » faire du sport… « A quoi bon » faire attention… « Avec les agapes qui nous attendent ! » Après tout, exit les maillots de bain deux-pièces et les mini-jupes ! On est juste au début du port obligatoire de la doudoune bien rembourrée… « On a toute l’année, non ?! »

Et je vais vous faire une confidence…Ce que j’adore par-dessus tout, ce sont les dimanches ! Le reste de l’année, ces jours-là, je les passe à la recherche d’une corde pour me pendre… Tout est fermé… Tout est triste… Sans vie… Comme un mois d’août…
En décembre, les dimanches n’existent plus! Ils se sont tous changés en samedis. Les rues sont illuminées, les vitrines des magasins splendides. Tout ça, d’un coup de baguette marchande…

En décembre, tout se transforme !

Plus rien n’est comme en novembre et ne sera comme en janvier. La mandarine a l’odeur de Noël et en devient un souvenir nostalgique, un peu ce que la madeleine est à Proust ou ce que le mojito est à Cuba…
Mais surtout, en décembre, il y a parfois de la neige… Un peu, beaucoup, passionnément…Toujours assez pour que les adultes redeviennent des enfants…

©Emilie BERD 27 novembre 2017

 

LE FANTÔME

On raconte, dans le village, qu’il cherche quelque chose. Certains parlent d’un trésor égaré, d’autres sont sûrs qu’il voudrait retrouver son âme. Il se chuchote enfin, dans des cercles restreints, qu’en route pour le fond de la vallée, il laissa, un jour, tomber son amour…
Celui qu’il avait cueilli un soir de fin d’été à la cime de ce mont. Par hasard, ces yeux s’étaient arrêtés sur ce qui lui avait d’emblée semblé comme une merveille, offerte, à lui seul, posée sur une couche de lichen : un morceau d’étoile… Un petit bout… De rien du tout… Pas plus gros qu’une brindille…
Lorsqu’il la prit, cette étincelle, il devint fou d’elle. Il oublia de manger et en perdit le sommeil… Il ne la quittait pas, ne la lâchait pas ! Il la tenait dans son poing, bien serré… Il n’osait la mettre dans sa poche de crainte qu’elle ne cesse de briller. Il ne voulait la mettre dans une boîte de peur d’en être séparé… S’il la gardait ainsi, elle serait à l’abri, pensait-il.

Un matin, en descendant, il se rendit compte qu’elle n’était plus dans sa main… Il fit le trajet, une fois, dix fois, mille fois… Depuis le temps, il aurait dû être mort. Personne n’a jamais retrouvé son corps.

Car on peut voir toutes les nuits déambuler la lumière blanche qui le précède, ce halo qui l’accompagne et éclaire les sentiers sur lesquels il effectue sa ronde.

Cela commence toujours ainsi, lorsque le jour s’est endormi. Un souffle impérissable se murmure entre les rochers de la montagne. La mémoire du massif s’éveille, s’étire et frissonne sous la caresse de cette si discrète douceur.
La terre en tremble un peu. L’humidité se dépose à sa surface, rentre en elle pour s’assoupir, au chaud contre ses miettes de châtaignes et de charbon. Quelques bras de brume venus bercer la buée fuient sans bruit pour laisser place au sortilège.

Il approche…

Le silence s’agite dans les branches des arbres, se blottit et se cache, alors que les ténèbres haletantes, attendent sa venue.

Il est là.

Là-haut, tout en haut, où la roche et les nuages s’aiment en secret, là où le ciel se prend au sommet et s’y menotte, un point lumineux se dessine et descend en dodelinant. Cette lueur qui annonce qu’il marche le long du chemin, torturé…

Il s’évapore puis se ramasse. Il coule des hauteurs, glisse, effrayante rivière, lente mais déterminée. La tête baissée, il scrute le sol.

On l’entend, il l’appelle et fulmine. Sa rage résonne en tonnerre et dérange ce silence étrange qui angoisse la mort même.
Sa plainte s’étend jusqu’à la plaine, dans le souffle devenu vent, et terrorise les enfants qui, malgré l’avertissement de leurs parents, ne rêvent pas encore…
Tous les pores de sa peau pleurent des gouttes d’argent qui vernissent les herbes couchées et chatouillent les pierres brisées.
Il cherchera… jusqu’à ce que le soleil revienne… Et il sait déjà qu’il sera là… Demain soir, ou plus tard…

Un écrin blanc et rose s’émousse dans le ciel ouvrant les portes du ciel au jour. Il remonte la pente, espérant que bientôt l’obscurité gagnera et que là, dans l’ombre, il verra enfin briller son brin d’astre qu’il a laissé échapper…

On raconte, dans le village, qu’il cherche quelque chose. Certains parlent de plusieurs diamants, d’autres disent qu’il a perdu la tête… Si, une seule fois, il la relevait, il verrait que c’est son bout d’étoile qu’il suit, chaque nuit.

©Emilie BERD 17/07/17