Les Plumes d’Asphodèle 3-2019 La collecte du lundi

Pour ceux qui pensent qu’en ce moment le soleil ne brille que par son absence, pour ceux à qui tarde le sommeil et qui ont besoin de repos, ceux-là même qui travaillent trop et appellent de leurs voeux de belles vacances…

Pour ceux-là, je n’aurai qu’un seul mot : DETENTE.

Si vous souhaitez participer, laissez vos mots en commentaires de ce billet (fermeture à 20h00) et en MAJUSCULES, s’il vous plait.

À très vite,

Emilie

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DESSOUS…

Bonsoir,

Ce soir, dans mon petit sac mi-crêpe mi-coton, j’ai trouvé vos mots.

Le thème était DESSOUS et votre inspiration est allée dans tous les sens.

Lydia, la première (trois minutes avant Soène) s’est levée bon pied bon oeil pour nous mettre en forme tôt le matin avec NUISETTE !!

 

Soène, qui lui emboite le pas avec TRADITION, a tout de suite mis les point sur les i, l’R de rien, lorsque le thème a attribué la FEVE à PatchCath (1) 

(1) Oui, parce que la FEVE avec un I et un R, ça donne la FIEVRE, c’est bien connu…

Alors que Nadège veut voir l’ENVERS du décor, Gisou et Laurence Délis ont décidé de sonder les profondeurs avec NOIR ET TREFONDS.

Carnetsparesseux nous a fredonné discrètement un extrait de « Je suis venu te dire que je m’en vais » de Gainsbourg,  pour revenir, (encouragé par quelques Plumiennes), fracassant, avec son TARABISCOT. Maintenant, comme Ecri’turbulente, je suis aussi au TRENTE-SIXIEME dessous.

(À toutes fins utiles, je vous précise ici que le TARABISCOT ne se beurre pas en tartine!)

Bref… Tout ça pour le grand bonheur de Célestine qui a lâché BRETELLE et celui d’Adrienne qui a pris un ABONNEMENT!

Tandis que La Grande Prêtresse, poussée par le manque de verbe, ne résiste pas à l’appel de ses Plumes et nous laisse MUSARDER.

Voici donc les mots :

NUISETTE
TRADITION
TRENTE-SIXIEME
FEVE
NOIR
TREFONDS
ENVERS
TARABISCOT
BRETELLE
MUSARDER
ABONNEMENT
ARCANE
AFFOLER
ARNAQUER

Ce qui fait quatorze mots en tout, avec les trois derniers que j’ai ajoutés.

Vous pouvez en laisser un de côté, si vous le souhaitez.

Vous avez jusqu’au vendredi soir, 20h00 pour déposer les liens de vos textes, ci-dessous!

Additif du 17 janvier : En déposant vos liens sous le billet, pourriez-vous indiquer le titre de vos oeuvres, pour celles qui en ont un bien entendu.

À très vite…

Les Plumes d’Asphodèle 2-2019 La collecte du lundi

À la fin de cette semaine des Plumes, arrivent la Chandeleur et l’heure des crêpes party!

Le thème pour la collecte des mots de cette semaine est donc DESSOUS ( Je pourrais vous expliquer le rapport avec la Chandeleur mais ce serait un peu long ici. Pour autant, il y en a un, croyez-moi !!!)

Si vous souhaitez participer, laissez vos mots en commentaires de ce billet (fermeture à 20h00) et en MAJUSCULES, s’il vous plait.

À très vite,

Emilie

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LES PLUMES D’ASPHODELE – LES TEXTES

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux premières PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Martine sort les pagaies avec Vieillir
PatchCath nous embarque dans  La Grande Traversée
Carnetsparesseux avec C’est dit, je pars ! (Mais non, Carnets, reste !!!)
Laurence Délis nous emmène à  La traversée des rêves
Célestine nous montre Juste après
Nadège nous tient en Equilibre (instable)
Le ricochet de Jobougon avec L’épaisseur d’un mystère se mesure à la jumeleine.
L’abécédaire de Mind The Gap
Lydia avec Le souffle de la liberté
PatiVore et son petit conseil entre ami

Les mots à utiliser étaient les suivants :

 OCEAN DESERT ENJAMBEE PASSERELLE TRAVERSIN RUE VOYAGE                     PASSAGE FRANCHIR HORIZON VACANCE VOILURE VIEILLIR
Vous pouviez en laisser un de côté, si vous le souhaitiez.

Voici ma participation juste en dessous.

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 28 janvier.

TOUT CE QUI BRILLE N’EST PAS D’OR

Sur le balcon de l’hôtel, il admire l’horizon blanchie. Devant l’océan, on se dit souvent que l’on est tout petit.
Les yeux clos, il entend le bruit des vagues et d’une voilure qui tape au loin.

Il avait eu besoin de partir. Pas de lourd bagage ni grand voyage… Respirer, prendre quelques jours de vacances et en profiter pour la revoir au passage.

Cette nuit, il en avait trempé son traversin de sueur : l’idée de la rencontrer, de la toucher encore si elle le voulait…mais plus tôt ce matin, pas de doute, il avait vieilli. Et quand en lui passant un coup de fil, il était tombé sur le répondeur d’un inconnu, il a vite compris qu’elle ne voudrait plus.
C’est comme ça… Les deuxièmes chances sont rarement les premiers choix. Ça se paie…
Il se demande si sa vie ressemble plus à un désert qu’à une barque qui prend l’eau, puis ouvre les yeux.

Quelque chose attire tout de suite son regard sur la plage, quelque chose qui brille de façon permanente. Si on lui avait posé la question, il aurait juré que ce n’était pas là tout à l’heure.
Il se hisse sur la rambarde. D’ici, ce sera bien plus clair.
Il se penche un peu pour mieux la voir. Sous lui, un silence étouffant s’élève de la petite rue.
Cela brille de plus en plus comme une étoile née de la houle, échouée, solitaire sur un sol humide…
Il essaie de franchir le garde-corps, quand son astre s’allume par intermittence.
Sous l’hypnose de cet éclat à éclipse, persuadé qu’il s’agit d’un SOS, il se ravise et quitte l’hôtel par la porte.
Fou, il monte à grandes enjambées jusqu’à la passerelle qui mène à la plage, puis court dans le sable jusqu’à ce minuscule phare impromptu. Il ne sait pas ce que c’est mais c’est là pour lui !

Plus il s’approche, plus ça s’efface, mais peu importe, aujourd’hui, la chance lui sourit !
Arrivé à l’endroit de son trésor, il découvre une femme, étendue sur une serviette de bain… Belle, elle a le teint hâlé de celles qui portent la lumière sur leur peau comme un trophée.
Allongée en contre-bas, les mains au-dessus de sa tête, sa respiration est lourde, rythmée par le sommeil. Il remarque un large bracelet en or, à son poignet gauche.

Il retourne d’où il vient, déçu.
Il aurait voulu découvrir une grande boîte fermée par un lourd cadenas en fer, ou une sirène aux écailles d’argent qu’il aurait sauvée d’un quelconque danger et qui l’aurait épousé par gratitude… Une méduse fantastique qui lui aurait proposé d’exaucer trois vœux…
À la place, il a trouvé une écervelée assoupie, exposée aux UV à onze heures passées…
Pourtant, se dit-il, pour une fois, tout ce qui brillait dort.

© Emilie BERD 18 janvier 2019

TRAVERSEE

Bonsoir,

Aujourd’hui, je suis allée à la pêche aux mots pour cette semaine des Plumes.

Le thème était TRAVERSEE et vous étiez inspirés en grandes étendues et en liberté.

Mais, avant les résultats, laissez-moi, si vous le permettez, vous raconter un peu la partie.

Tout de suite, je le dis… J’étais « à ça » de sortir la règle pour… Asphodèle qui défie son propre règlement et a failli (en plus) ne pas laisser de mots! Vous imaginez un peu (au matin) ma tête…

Notre Jument Verte est montée, en première ligne, à l’assaut de l’océan.

Suivie de près par Ecri’turbulente qui prend tout de suite le contrepied en proposant le désert.

Lydia poursuit, à grandes enjambées, la collecte.

Carnets a fait le paresseux en changeant deux lettres au mot du thème, et  en proposant, en outre, un mot fort utile au Dodo (traversin). Mais, c’est sûr, un paresseux cache bien son jeu et qui sait une fois la nuit venue…

Pathcatch nous a sereinement tissé un beau voyage.

Laurence Délis et Nadège ont franchi la ligne d’arrivée, alors que ma chère fée rêvait éveillée aux grands horizons.

Comme je disais à Astrid Sénechal ce matin, j’espère ne pas être trop à la rue, pour la récapitulation!

Ah oui, j’oubliais… La liste des mots…

OCEAN
DESERT
ENJAMBEE
PASSERELLE
TRAVERSIN
RUE
VOYAGE
PASSAGE
FRANCHIR
HORIZON
VACANCE
VOILURE
VIEILLIR

Ce qui fait treize mots en tout, avec les trois derniers que j’ai ajoutés…

Si vous le souhaitez, vous pouvez un éliminer un.

Vous avez jusqu’au vendredi soir, 20h00 pour déposer les liens de vos textes, ci-dessous!

Additif du 17 janvier : En déposant vos liens sous le billet, pourriez-vous indiquer le titre de vos oeuvres, pour celles qui en ont un bien entendu.

À très vite…

LUNDI, JOUR DE COLLECTE POUR LES PLUMES D’ASPHODELE

Les fêtes de fin d’année sont terminées

Les (plus ou moins) bonnes résolutions ont été prises

Commence alors la longue TRAVERSEE

De l’hiver et de ses journées grises…

Le thème pour la collecte des mots de cette semaine est donc TRAVERSEE, au large, en long, à l’endroit ou à l’envers, comme vous voudrez.

Si vous souhaitez participer, laissez vos mots en commentaires de ce billet (fermeture à 20h00) et en MAJUSCULES, s’il vous plait.

À très vite,

Emilie

Source image :pinterest.fr

Les Plumes d’Asphodèle n°52

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Les mots imposés sont les suivants :Bleu, cauchemar, vertige, avion, tremblement, sursauter, vulnérable, coller, ventre, eau, téméraire, inspirer, méchante,  bouleverser.

Et nous devions insérer les trois titres de livres ci-dessous :

L’adieu aux lisières (de Guy Goffette)
L’étoile d’argent (Jeannette Walls) (roman)
La femme en vert (d’Arnaldur Indridaso,) (policier).

Voici ma participation aux 52èmes Plumes d’Asphodèle.

PEUR

Elle sentait son souffle si court enflammer ses poumons. Lorsqu’elle inspirait, des milliers de lames lacéraient son ventre. Depuis combien de temps courait-elle ? Elle ne le savait pas vraiment…mais cela faisait un moment déjà qu’elle avait fait l’adieu aux lisières du bois. Ses jambes allaient lâcher ! Et sa tête était prise de vertiges. Elle était obligée de s’arrêter. Elle savait que cela la rendait vulnérable, mais elle n’en pouvait plus !

Si on lui avait demandé ce qu’elle faisait là, dans cette forêt dense, elle aurait répondu qu’elle l’ignorait. Elle ne se connaissait pas si téméraire ! Et si on lui avait tendu une couverture, elle l’aurait prise sans hésitation. Celle de neige, qui ne la réchaufferait jamais, se répandait tout autour d’elle…Pourtant, aucun flocon ne tombait…Mais cela n’attira pas son attention.

Elle avait soif. Elle tira la langue pour goûter l’eau qui fuyait en énormes gouttes de son front. Sa chemise bleue lui collait à la poitrine.
La paume de sa main était douloureuse. Elle l’ouvrit et vit le sang perler en cinq points. L’étoile d’argent qu’elle serrait tant depuis le début de sa course l’avait joliment blessée !  Pourquoi la tenait-elle avec autant de détermination ? Elle ne s’en souciait guère car il lui semblait que sa vie en dépendait. Elle n’eut pas plus de temps pour s’attarder sur ses blessures, des aboiements la firent sursauter. Probablement, une horde de chasse avec chevaux, cavaliers armés jusqu’aux dents et tout le tremblement, mais elle ne devait pas céder à la panique! Qu’ils soient méchants ou non, elle n’avait jamais aimé les chiens, et ne souhaitait pas les rencontrer ! Elle devait repartir. Dans un effort incroyable, elle se releva et reprit sa cavale…

« –  Chérie, ça va ?
-Ou…Oui…J’ai fait un cauchemar terrible !
-Merci, je suis bien placé pour savoir ! Tu t’es mise à hurler « Par les anciens Dieux et les nouveaux, la femme en vert» !
– Et je t’ai réveillé ?
– Il y a peu de choses qui peuvent me tirer du sommeil à 4 heures du mat !!!
-Il faut que j’arrête de regarder GAME OF THRONES…
-Surtout si le lendemain, on doit partir en avion! »

©Emilie BERD 06/05/2016

434 mots tout compris

Les Plumes d’Asphodèle n°51

 

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Voici ma participation (enthousiaste) au 51ème Plumes d’Asphodèle!

Les mots imposés sont : Abeille, arabesque, ambre, arpenter, automobile, abricot, actif, azimuté, s’agenouiller, anamorphose, aimer, accroche-coeur, ajouter, affirmativement, approximatif, alléchant, ambiance, ahuri, agir, abreuver.

Et il fallait insérer dans le texte la petite phrase : « La soif ne la (le) (me)* quittait plus.  »

J’ai pris quelques libertés et je sens déjà le courroux de la Grand Prêtresse s’abattre sur moi! J’ai limité « Automobile » à « Auto » pour une raison de rythme et j’ai trafiqué « Affirmativement » car je ne savais vraiment pas où le mettre…Je sais que de grands fléaux vont s’abattre sur moi…

Ah, et pour la mise en page du dialogue (car il s’agit d’un dialogue), j’ai mis à mon insu des puces à la place des tirets (c’est WP qui l’a fait tout seul. Je suis blonde, ne l’oubliez pas!). Je présente immédiatement mes excuses aux puristes.

 

VERRE D’EAU (ou le Dialogue du Contenant et du Contenu)

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  •  » Parfois, on me prend du bout des doigts, puis l’on se signe et l’on s’agenouille,
  • Et le ciel t’annonce en faisant bondir une grenouille !
  • Parfois, je calme les brûlures, refroidit les réacteurs divers et les autos l’été.
  • Et tu affirmes, hâtive…mens sur tes propriétés, alors que tu es mienne ! A mes bords descendants, tu glisses. Sans défense, le défi est difficile, c’est clair ! Car tes gouttes éprises qui arpentent mes parois s’abîment dans mes reflets d’or, arabesques courtisanes de l’abricot et de l’ambre. Elles s’emmêlent, s’ajoutent et se dévorent en mon sein, s’abandonnent enfin en un seul chœur…
  • Que n’aurais-je préféré voyager plus haut, plus loin… et plus que tout muer en marée, en mer métallique, porter sur mon flan les navires combattants et les frêles esquifs, éteindre le soleil pour épouser l’horizon…A nous deux, nous aurions pu aimer la Terre, pour devenir l’espoir, fragile mais actif
  • Au mieux, tu ne seras qu’une flaque miniature au gré d’un geste approximatif…Est-ce tes larmes qui baignent mes côtes ? Je sens des saccades qui ressemblent au ressac…
  • Un simple hoquet…Je sais mon destin, et malgré les rumeurs alléchantes, ne me faisais point d’illusion…Sous l’emprise de mon cycle, mon périple s’est arrêté…Mais je sais qu’ensemble, nous changerons le monde!
  • Si les yeux nus se noient dans tes courbes sable et dans mes dunes limpides, loin des murs opaques, des aveugles entraves, le regard ahuri se voit offrir l’anamorphose
  • Tu es une miette d’océan que la Providence m’a apporté…
  • Alors, je ne comprends pas…Pourquoi agis-tu de la sorte ?
  • Au risque de casser l’ambiance, c’est bien moins par amour que par habitude…
  • Tu es donc sans pitié ?
  • Je me suis construit une carapace…parce que des accroche-cœurs, j’en ai rencontrés…qui ont fui aussi vite qu’ils n’étaient arrivés…qui m’ont laissé brisé… »

 

 

Le carré de coton nid d’abeille, socle blanc de son tribut, absorbait, dans son noir dessein, quelques précipitations agitées, azimutées par leur trop-plein d’imagination. Pourtant, tandis que la routine s’accomplissait, le verre se demandait… Pourquoi…Pourquoi malgré tout…après tant d’années à abreuver les hommes, à combler leur besoin viscéral de cet élixir vital, la soif ne le quittait plus…

 

©Emilie BERD 21/04/2016

 

Le texte fait 360 mots environ…

Les Plumes d’ASPHODELE n°50

Voici ma participation aux Plumes 50 d’Asphodèle.

Les mots à utiliser étaient les suivants :

Vedette-Fragiliser-Fortune-Film-Projecteur-Fumé-Paparazzi-Fanfreluche-Réputation-Prétention-Chanteur-Oublier-Local-Gros-Météorite-Etoile-Talent-Chaleur-Lumineux-Barricader-Moi-Diva

Je n’ai pas utiliser Météorite et Barricader.

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UN MIROIR SANS PRETENTION

Il était là, dans ce local sombre. Il n’y avait pour lumière que les fines raies du soleil qui coulaient entre les planches de bois de la cloison. De fines raies faufilant la liberté en lambeaux dans cet endroit sinistre. De fines raies dessinant effrontément, sur les cartons entassés, les barreaux d’une prison…
Il ne valait plus grand-chose, à présent…

Quelques semaines auparavant, il avait été acheté par un homme extravagant portant une cape noire et d’épais verres fumés.
Dès le premier regard, son propriétaire imagina qu’il valait une fortune. C’était pourtant un miroir sans prétention. Son cadre était simple et joli, même s’il avait été fragilisé pendant le transport par cette grosse brute ! A son nouveau domicile, le miroir sans prétention était suspendu au plafond d’une grande pièce lumineuse. Il avait pour compagnon des tables bancales, des boites de toutes les formes ! Dans le coin, un couple de lapin ! Près de la fenêtre, une volière très bruyante de colombes !
Des heures durant, des jours durant, le bonhomme restait avec eux ! Il avait des attitudes étranges…Il faisait de grands gestes, exerçait sa voix en articulant des onomatopées incompréhensibles, plongeait souvent ses longs bras dans une grande caisse d’où il sortait des rubans multicolores et d’autres fanfreluches…

Un soir, l’homme le décrocha, l’entoura plusieurs fois d’un film plastique, le couvrit avec une couverture fripée, et le chargea dans un petit fourgon. Le trajet fut long, mais le but était spectaculaire.
Une fois la couverture retirée, le miroir sans prétention se découvrit dans un théâtre ! Comme il était placé, il ne pouvait voir le sol. Il distinguait à peine les rideaux rouges sur les côtés…Au fond, les projecteurs crachaient leur chaleur blanche. Et en face, juste en face, comme les strapontins sur lesquels se hissait sa gloire à venir, comme les pavés de la route pour sa piste aux étoiles, les fauteuils, placides, accueillaient les spectateurs.

Ce premier soir, il comprit que son propriétaire était magicien. Il ne lui avait pas échappé que cet être fantasque était un artiste mais du fait des paroles énigmatiques qu’il psalmodiait, il l’avait pris pour un chanteur. Magicien, il était bien meilleur.
Le miroir sans prétention n’était pas fait pour jouer la vedette. Il était plutôt poli et discret. Et le talent de ce magicien n’était pas de ceux qui attiraient les paparazzi. Malgré cela, il avait toutefois pris la grosse tête et il se surprenait à faire sa diva.
Chaque soir, à la fin du spectacle, le magicien invitait les enfants à monter sur l’estrade…Les enfants étaient curieux de tout, la grosse boite, la petite table, les lapins, la colombe…Mais le miroir, lui, les intéressait peu et il s’en vexait beaucoup.

Le terrible accident survint lorsqu’un enfant jouant avec les accessoires renversa le miroir.
Pendant quelques secondes, le miroir refléta la moquette rouge et sale du sol. Et en quelques secondes, le destin brisé par une balle perdue, il fut balayé de la scène.

C’est pour cela que le magicien mit son cadre et ce qui tenait encore de la glace dans sa remise, à même la terre battue. Le miroir sans prétention ne valait plus grand-chose, et pourtant… Il ne pouvait oublier la phrase qu’il avait entendue alors qu’il tombait… « C’est pas moi ! »…

 
Ce n’était qu’un enfant. Ne pouvait-on déroger à la tradition ? Etait-ce une affaire de réputation ? De toute façon, ce n’était plus de son ressort.

 
Et alors qu’il acceptait son pauvre sort, enfermé dans sa prison de lumière, à réfléchir pour aider à passer les heures, les parents du briseur de rêve cherchaient désespérément un moyen de conjurer les sept ans de malheur.

 
©Emilie BERD 11 mars 2015

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