PROFESSION DE FOI

Voici ma participation au jeudi poésie tout en vert chez Asphodèle.

PROFESSION DE FOI

« Je saurais tracer vos voies
Si vous m’accordiez les vôtres.
Non, n’ayez pas peur de moi !
Je suis un Homme comme un autre !

Vous n’aurez plus jamais froid
Ici même j’en fais serment !
En fer, je signe la croix.
Que l’on me brûle, si je mens !

Oui ! Je tairais vos blessures
Vos terreurs et la faillite.
Et la Terre qui sature,
Tout à coup bien trop petite !

Pourtant j’élèverais des murs
Sur les larmes et les cailloux.
Passez-moi vite mon armure!
Je me dresserai devant vous !

Vous deviendrez mes épées,
Puisqu’il faudra faire la guerre.
Je s’rai maître des armées.
Vous! Vous en serez la chair !

Mais si! C’est la vérité !
Les loups hurlent à la ronde !
Et j’arriverai à vous sauver
De la fin de votre monde !« 

©Emilie BERD 12 avril 2017

MOTS D’AMOUR pour le jeudi poésie en vert d’Asphodèle

MOTS D’AMOUR

A l’ancre dans leur bleu acier,
Aux silhouettes rondes chaloupées,
Illustrant par leur port altier,
L’entre-deux lignes menues imprimées,
Les mots lient en secret les aveux sacrés
et les serments.

A l’allure des sons enlacés,
Ils déferlent dans un élan infernal,
déchainent leur flot des agrès,
Enflent et roulent jusqu’au point final.
Les mots râlent encore de naître d’un corps
non du firmament.

Amoureux est l’esprit qui part
Court, sans souci des accords en nombre
En tout genre, oubliant règles et art,
Pour passer de la lumière à l’ombre.
Les mots se font fougueux à l’idée que fous d’eux,
s’aiment les amants.

A couvert, sous la plume nue,
Neutres et souvent trahis dans la bataille,
Ils aident les cœurs lâches ou déçus
Et prennent soin de ceux qui déraillent.
Les mots sont à l’âme ce que sont les larmes
au tourment.

©Emilie Berd 7 mars 2017

 

POESIE

Aujourd’hui, pour le jeudi-poésie chez Asphodèle, nous avions la possibilité d’écrire une poésie.

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POESIE

Essence infuse, science céleste,
Fille des flots, cache parfaite
M’amuse

Onde recluse au moindre geste
Abri éclos, sublime baguette
Ma muse.

Multiples excuses, imposture,
Sonores sanglots, caresses discrètes,
M’effleurent.

Détresse intruse, tracé si pur
Sang au galop, galaxie secrète
Mes fleurs.

Magie diffuse, lumière modeste
Nobles halos qui troublent la tête
Et muent.

Larmes confuses, éclaboussures
Rires à huis clos, cœur qui hoquète
Emu.

 

©Emilie BERD 04/02/2017

 

 

POUSSIERE

 

Voici ma participation au Jeudi-Poésie tout en vert (et tout en vers) d’Asphodèle!

 

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Bille, balle, petite bulle
Grisâtre et pâle, particule
Elémentaire, simple débris éphémère.

Vire, volte, vite circule
Dessous, dessus, tout macule :
Les tables en verres et les étagères.

Perle, paille, pellicule
L’air muet te véhicule
De sa course légère et involontaire.

Sale, seule, minuscule
En grand troupeau, tu t’accumules
Or du temps tapi dans les recoins austères.

Grain, goutte, lait de granule
Tu es le bruit de la pendule
Qui prend corps et ternit la blancheur des draps.

Pluies, pleurs, mortelles plumes
Aux odeurs âcres de la brume
Tu es née de la terre, tu y retourneras.

©Emilie BERD 9 janvier 2017

Les saisons assassines

Envolés les oiseaux virtuoses
Les voilà voraces au repas
Sur les cadavres, sales et froids,
Dont la terre n’a pas voulu.

Perdus les rayons mandarine
Poudrant les peaux nues alanguies.
Seule la fumée des feux et du fer
Vient s’affaler sur les grèves.

Car il est des printemps qui posent
Leurs empreintes à petits pas.
Et ouvrent grand de viles voies
Qu’à temps peu ont reconnues.

Les étés qui les suivent s’obstinent,
Saignent la mer, tuent sans merci.
L’hiver frileux reste à couvert
Appellerait de ses vœux une trêve

Si l’air maussade d’automne,
de ses accords monotones
n’avait figé la sève…

©Emilie BERD 21 décembre 2016

Écrit pour les jeudis poésie chez Asphodèle

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Insomnie

POESIE DU JEUDI CHEZ ASPHODELE

Voici ma petite participation au rendez-vous du jeudi poésie chez Asphodèle.

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INSOMNIE

L’Etoile filant la laine du bout de ses cinq crochets,
Dévoile sa dentelle qui s’épand dans une tache de lait.
La Lune rit à dents pleines. Elle joue à chat-perché
Sous les regards ardents qui voudraient la décrocher.

L’arbre aux branches fatiguées refuse les avances du vent
En marmonnant des noms d’oiseaux dans sa barbe carotte.
La chouette que rien n’effraie, répète à qui l’entend
Que si elle avait dit son mot, elle serait née marmotte !

Et la Belle dort…Le silence dehors révèle ses merveilles.
Elle s’évapore. Elle fabrique de l’or pendant son sommeil.
Elle perd son nord. Sans bruit, sans effort, elle gagne le soleil.
La Belle explore, en multicolore. Ses larmes sont mises en veille.

Tandis que le chien d’à côté entame un chant badin
A faire perdre la boule aux voisins indulgents
Un nuage gris a déposé son cœur gros de chagrin
En une pluie de semoule sur les toits méprisants.

L’Etoile range son ouvrage. La Lune se penche un peu
Pour chercher les yeux fous qui l’aimaient tout à l’heure.
Mais la tempête fait rage. Et ses hoquets cahoteux
Dégagent des égouts une ancienne puanteur.

Et la Belle dort…Le vacarme dehors n’atteint pas ses oreilles.
Quel réconfort ! Loin des conquistadors et des vies qu’on monnaye.
Elle vire de bord. Au calme, elle dévore des rêves sans pareil.
La Belle explore, en multicolore. Ses larmes sont mises en veille.

©Emilie BERD 15/11/2016

Les jeudis poésie chez Asphodèle

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ORAGE

Sans cesse, souffle le vent. Il appelle dans la nuit.
Il se sent si seul tant il a peur du noir.
Ses tristes hurlements sont fauchés par la pluie.
Il esquisse, errant, les contours d’un grand soir.

Intelligence et paradis ne sont qu’artifices,
Prières peu hardies pour apaiser le ciel.
Là, la colère infinie, en orage, hérisse
L’antique esprit par une peur irréelle.

Claquent les volets ! Grondent les fenêtres !
Le chaos éclate jusqu’au fond de l’être !
Craque le toit ! Tremble tes petites mains !
Mais ne crains rien ! Il fera si beau demain.

©Emilie BERD 24 mai 2015

AU CIEL

Voici ma participation  au jeudi poésie d’Asphodèle. Nous pouvions proposer une composition personnelle.

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AU CIEL

Un doudou de plus ou de moins.

Prends-le ! Je n’en ai pas besoin !

Et tu pourras penser à moi

Lorsque tu seras loin.

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J’en ai plein d’autres, tu le sais.

J’aime bien tous les cacher.

Tu soupirais à chaque fois

Que tu les trouvais.

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Quand j’ai vu la caisse de bois

Ils m’ont dit d’une drôle de voix

Que t’allais au ciel.

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Ils pensent que la boite vole.

Moi, je demand’rai à l’école

Car elle n’a pas d’aile.

©Emilie BERD 29 mars 2016

Jeudi poésie chez Asphodèle

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Une forêt profonde où se noie le regard
Sur la rive du désespoir et de l’oubli
Un vieux manoir surgi au fond de nulle part
Dans un écrin lugubre où règne la magie.

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Mes larmes ont usé les pierres du chemin,
Mes cris ont lézardé les puissantes murailles
La colère nourrit chacun de ces matins
Où l’âme emplie d’amour livre et perd la bataille.

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Sombres couloirs bordés de vivants candélabres
Visages de granit aux inhumains regards,
Tout évoque l’enfer dans ce château macabre
Qui emmure mon cœur de ses épais remparts.

Bernard Sellier, inspiré par le film La Belle et La Bête de Jean Cocteau (1946)

Les illustrations sont des images tirées du film de Jean Cocteau.

BAIN DE SOLEIL pour le jeudi poésie chez Asphodèle

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Pour ce jeudi poésie chez Asphodele, nous pouvions proposer une poésie de notre plume.

Voici donc ma participation intime à ce rendez-vous magique.

 

BAIN DE SOLEIL

La chaleur frôle enfin ma joue,
Entre caresses et murmures,
Comme une claque un jour d’hiver,
Un baume doux sur mes gerçures.

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La chaleur calme enfin mon pouls,
Refrain essentiel et discret
Confident d’intimes mystères
Au piège d’un destin sacré.

L’indolence permise, le regard inerte,
Dans les vapes certes, mais sans heurt…

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La chaleur qu’appellent mes os,
Sous les lourdes couvertures,
Drague le fond de mes veines,
Puise Satan et ses sulfures.

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Le feu entre alors dans ma peau,
Ouvre les entrailles de la Terre,
Envoie les flammes souveraines
Fondre sur ma vive colère.

Le sang-froid agonise, la paix découverte.
Aux autres, les alertes ! Et les heures…

©Emilie BERD 1er mars 2016