I WANT TO BELIEVE…

« C’est le cœur tourmenté que je vous écris cette lettre, même si je fais des efforts en surface pour ne rien laisser paraître…
Lorsque j’ai appris cette nouvelle qui, je vous avoue, me glace, j’ai d’abord laissé la place sur mes joues et sur mes lèvres au sillage de mes larmes, pour me laver de ce mauvais rêve.
Et, dans cette tempête, bouleversante et amère, j’en ai beaucoup voulu à ma mère dont les mensonges et l’hypocrisie m’ont écartée du doux chemin de mon enfance. Pourtant quand j’y pense, je m’en doutais un peu… La Terre est immense et vous étiez si vieux !

Il y a des questions à conserver sous clef pour croire aveuglément, mais c’était trop tard, j’avais demandé à Maman et mes illusions se sont évadées comme mes yeux ont fuit !
« Et le lapin de Pâques ? Et la petite souris ? »
Il paraît que l’on peut parfois retrouver la magie, lorsque plus grand, on laisse croire aux petits les mystères de votre existence… Si, désormais mes listes seront bien plus habiles à mettre sous le sapin des cadeaux d’importance, les choses se présentent de plus en plus fragiles…

Cher Père Noël, avec tant de nostalgie, je regarde en arrière et pour tous ces beaux moments que nous avons passés, je jure de garder le secret ! Croix de bois, croix de fer…

Toutes les belles histoires ont une fin, assurément… Tiens ! Je demanderai ce soir, pour le Prince Charmant ! »

©Emilie BERD 5 octobre 2018

POEME MINUTE !

LE FIL

Au fil de la vie,
comme du linge mouillé
qu’on étend,
Les larmes en suspens,
et les rires aussi
ici et là oubliés.
Au coeur de ces fibres,
le frisson s’écoule
en gouttes de sang
Secouées par le vent,
les billes libres
tombent et roulent.
Dans les nuages orange,
elles se mélangent
et pleuvent en rang
En orage puissant
qui meurt en rivière
dans une blessure de la terre.
Le long de la vie,
comme du linge battu
qui attend
Les larmes asséchées,
et la peau aussi,
au fil suspendu.

©Emilie BERD 28/02/2018

Poème minute!

 

De la pâte à modeler
De toutes les couleurs,
Des miettes éparpillées
Aux craquements vainqueurs…

Du papier déchiré,
Des tâches d’encre aussi.
Là, le silence enflé
Par la poussière et ses nids

Qui s’accrochent aux murs
Et narguent à la volée
Le vent battant sans mesure,
Menaçant pour entrer.

Dans un coin, un tas mort,
Tas de morceaux laissés.
Je m’approche alors
Pour tenter d’assembler

Mon cœur en puzzle,
Les pièces mélangées.
S’il en manquait une seule
Il faudra tout jeter…

© Emilie BERD 24 janvier 2018

 

 

 

Poème minute !

Des paillettes
Que le soleil et le vent chaud
Avait fait pleuvoir sur ma peau,
Il n’en reste que des miettes…

Et des souvenirs
Que le froid mordant et la pluie,
L’hiver et tout son train d’ennui,
Viendront bientôt assombrir…

Cette lumière
Qui pénétrait mes yeux mi-clos,
Jusqu’au plus profond de mes os,
N’est désormais plus que poussière…

Quelques clochettes
Qu’un éclat triste fera naître
Au hasard d’une simple fenêtre
En plusieurs milliers de paillettes…

© Emilie BERD 14 septembre 2017

BAIN DE SOLEIL (2)

Assoupie sur le sable,
Une caresse insaisissable,
Dépose son safran sur ma peau.

Brille sous la chaleur,
Brûle en douceur,
Mon corps immobile.

Derrière mes paupières,
Saturées de lumière
Des ombres orange oscillent

Dessinent des cieux sauvages
Secoués de forts orages.
Mon corps au repos.

Mais l’étau se resserre
Et la fièvre se libère
À la fois poison et merveille

Amorce sans ardeur
L’appel de la fraîcheur
Mon corps en dérive.

Des sensations étranges
S’éveillent et se mélangent
Les mauvais rêves s’esquivent…

Caresse inoubliable,
Etendu sur le sable
Mon corps au soleil.

©Emilie BERD 20/07/17

Poème minute!

J’ai essuyé les beaux verres
Et je les ai rangés
Tout au fond du placard
Avec la vaisselle colorée.

Reste le sapin à défaire
La galette à dévorer.
Elle ne sera pas j’espère avare
En fèves à dénicher.

Et par miracle, peut-être
Trouvera-t-on le nom enfin
Après Melchior et Balthazar,
De celui dont nul ne se souvient…

C’est comme si l’on pouvait tout recommencer
Comme si un mouvement perpétuel nous aspirait.
Comme si l’on ne voyait pas le bout du chemin…

Elle traîne encore la fête
Elle n’enfile pas son manteau
Pour sortir dans le blizzard
Car elle dit qu’il est bien trop tôt !

Les bouteilles vides se font entendre
Elles rouspètent fort et haut :
« Quel est donc ce bazar ?
Recycle-t-on les papiers cadeaux ? »

Et dans ce premier matin tendre,
Un rayon perce mine de rien
L’épaisseur du brouillard
Installé là depuis Toussaint.

C’est comme si le temps n’était plus à compter
Que les histoires sombres s’évanouissaient…
Comme s’il y avait un jour plus grand demain !

©Emilie Berd 3 janvier 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème minute!

Les feuilles mortes sont à peine tombées,
appelant le vent pour les faire valser
que la fraîcheur humide a commencé son manège.
Et je souris à voir danser la neige.

C’est évident qu’il n’y a plus de saison.
Ils paraissent pressés, ces flocons.
D’habitude, ils attendent mi-novembre
pour laver le sol de l’ambre.

Mais ils sont là, à pleuvoir dehors,
Et je pense à la beauté de leur sort
de mourir sur leur linceul blanc
en allumant le cœur des enfants.

©Emilie Berd 07/11/2017