BAIN DE SOLEIL (2)

Assoupie sur le sable,
Une caresse insaisissable,
Dépose son safran sur ma peau.

Brille sous la chaleur,
Brûle en douceur,
Mon corps immobile.

Derrière mes paupières,
Saturées de lumière
Des ombres orange oscillent

Dessinent des cieux sauvages
Secoués de forts orages.
Mon corps au repos.

Mais l’étau se resserre
Et la fièvre se libère
À la fois poison et merveille

Amorce sans ardeur
L’appel de la fraîcheur
Mon corps en dérive.

Des sensations étranges
S’éveillent et se mélangent
Les mauvais rêves s’esquivent…

Caresse inoubliable,
Etendu sur le sable
Mon corps au soleil.

©Emilie BERD 20/07/17

Poème minute!

J’ai essuyé les beaux verres
Et je les ai rangés
Tout au fond du placard
Avec la vaisselle colorée.

Reste le sapin à défaire
La galette à dévorer.
Elle ne sera pas j’espère avare
En fèves à dénicher.

Et par miracle, peut-être
Trouvera-t-on le nom enfin
Après Melchior et Balthazar,
De celui dont nul ne se souvient…

C’est comme si l’on pouvait tout recommencer
Comme si un mouvement perpétuel nous aspirait.
Comme si l’on ne voyait pas le bout du chemin…

Elle traîne encore la fête
Elle n’enfile pas son manteau
Pour sortir dans le blizzard
Car elle dit qu’il est bien trop tôt !

Les bouteilles vides se font entendre
Elles rouspètent fort et haut :
« Quel est donc ce bazar ?
Recycle-t-on les papiers cadeaux ? »

Et dans ce premier matin tendre,
Un rayon perce mine de rien
L’épaisseur du brouillard
Installé là depuis Toussaint.

C’est comme si le temps n’était plus à compter
Que les histoires sombres s’évanouissaient…
Comme s’il y avait un jour plus grand demain !

©Emilie Berd 3 janvier 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème minute!

Les feuilles mortes sont à peine tombées,
appelant le vent pour les faire valser
que la fraîcheur humide a commencé son manège.
Et je souris à voir danser la neige.

C’est évident qu’il n’y a plus de saison.
Ils paraissent pressés, ces flocons.
D’habitude, ils attendent mi-novembre
pour laver le sol de l’ambre.

Mais ils sont là, à pleuvoir dehors,
Et je pense à la beauté de leur sort
de mourir sur leur linceul blanc
en allumant le cœur des enfants.

©Emilie Berd 07/11/2017