LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 13-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux treizièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

 

Lilousoleil C’est quoi ce silence
Ecri’Turbulente Le secret de la moniale
Ghislaine L’aveu
Laura Vanel-Coytte Son texte ici
Adrienne R comme Repos
Iotop Concevoir Le miracle à la sève d’une idée
Marlabis L’attente
Lydia Son texte ici
Soène Paix de nonne (ça promet)
Pathcatch Son texte ici
Laurence Délis Entre deux mouvements
Carnets Paresseux Le silence de l’arbre

Les mots à utiliser étaient les suivants :

SILENCE BRUIT DOIGT SYMPHONiE DISCRETION CALME MOUCHARDER MONACAL MIRACLE CULTE CRISE COMPROMETTRE
Les trois derniers étaient à utiliser selon votre bon

Je vous retrouve le lundi 30 septembre pour une nouvelle collecte.

 À très vite  ❤

 

Source gif : giphy.com

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 12-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux douzièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

 

Patchcath Plumes douces
Ghislaine Le contrat
Soène son texte ici
Célestine En catimini
Laurence Délis Un instant lisible
Laura Vanel Coytte Etre toujours en marge
Lydia Les écoliers

Les mots à utiliser étaient les suivants :

CAHIER JARDIN ARRACHER BLANCHE SORTIE ECUYER TOURNER STYLO MARGE COUPURE CORNER CONTRAT LIGNE LEGER LISIBLE
Les trois derniers étaient à utiliser selon votre bon vouloir

Vous trouverez ma participation ci-dessous. ( Je n’ai pas utilisé LISIBLE)

Ma muse coule en avalanche
Ecuyère maîtresse de mes cahiers
D’un post-it, d’un bout de papier.

Plume légère à l’encre blanche
Tourne sans frein, sans coupure ni marge
Et monte mes larmes en nuages…

Pages mortes tombées en vrille
Et dans mes enclos, ouvrières
De mon jardin imaginaire.

Feuilles volantes, en escadrille
Cornées aux coins des doigts des anges
Arrachent au jour son feu orange.

Sortie sauvage, presque naïve…
Sans contrat, le stylo fait mine
Mauvaise mais point à la ligne.

©Emilie BERD 06/09/2019

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte, le lundi 16 septembre.  À très vite et en pleine forme ❤

 

Source gif : giphy.com

LES PLUMES D’ASPHODELE Calendrier septembre- octobre- novembre- décembre 2019

Comme vous avez pu remarquer au cours de ce premier semestre 2019, l’ordre et la discipline ne sont pas ce qui me caractérise le plus.

Que cela ne tienne ! Je remets ça, et ce dès septembre. (Oui, parce que certains rêveurs n’auront probablement pas remarqué que dans une quinzaine… Août, ben couic quoi…On me dit que certains sont encore en vacances alors chuuuut…)

Donc, si vous n’êtes pas gavés par :

-mes billets qui partent tout seuls et en avance,
-les liens qui fonctionnent lorsqu’ils le veulent,
-ma datation retardée de deux ans,
– les commentaires de l’ancienne session qui s’incrustent dans la nouvelle,
je vous propose ces semaines de Plumes :

Collecte le lundi 2 septembre et dépôt de vos liens le vendredi 6 septembre
Collecte le lundi 16 septembre et dépôt de vos liens le vendredi 20 septembre
Collecte le lundi 30 septembre et dépôt de vos liens le vendredi 4 octobre
Collecte le lundi 14 octobre et dépôt de vos liens le vendredi 18 octobre 

Collecte le lundi 4 novembre et dépôt de vos liens le vendredi 8 novembre
Collecte le lundi 18 novembre et dépôt de vos liens le vendredi 22 novembre
Collecte le lundi 2 décembre et dépôt de vos liens le vendredi 6 décembre
Collecte le lundi 16 décembre et dépôt de vos liens le vendredi 20 décembre

À très vite

 

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 8-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux huitièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

u

 

Patchcath Il fait encore froid ce soir
Ghislaine Son texte ici
Marie Jo La petite fadette
Lydia qui poursuit les aventures de La Baronne ici
Lilousoleil Frissons sous la couette
Ecri’Turbulente De toute façon
Laurence Délis Danseur de corde
Adrienne I comme Isère, Misère
Nadège L’accident
Carnetsparesseux Les heures pas perdues
Iotop Le froid pince comme un crabe

Les mots à utiliser étaient les suivants :

DUVET HORREUR AIMER TEMPS FEU FROUFROUTER VERTIGE SIROP FROID FRÒLER FILM ROULETTE RISQUE REFLEXE

Les trois derniers étaient à utiliser selon votre bon vouloir

Vous trouverez ma participation ci-dessous.

METAMORPHOSE

J’ai constaté hier avec horreur qu’aucun de vous ne connaissait cette formule. Il est plus que temps de vous l’apprendre !

Tout d’abord, quelques remarques de haute importance :
C’est un sujet à dominer du début jusqu’à la fin pour éviter tout risque de dérapage ! Si on ne le maitrise de bout en bout, on peut frôler le désastre !
Gardez à l’esprit qu’une fois utilisé, vous ne pouvez pas revenir en arrière ! Ce sortilège est à la magie ce que la vie est à la roulette russe ! C’est à usage unique !
Alors, oui, je sais… Certains me rétorqueront qu’ils ont entendu une histoire, selon laquelle une sirène prénommée Arièle aurait, parce qu’elle aimait un prince, un jour, inversé le sort ! Et ça s’est plutôt mal terminé !
Certes, elle a eu son heure de gloire. On en a fait des livres. Elle a tourné dans quelques films… À présent, c’est en tournant dans les machines à laver qu’elle continue à faire des vagues, la petite ! Sincèrement, se faire autant mousser pour tremper à nouveau…
Bref !
Au lieu de donner du crédit à cette légende sans queue ni tête, vous feriez mieux d’être attentifs !
Ah ! Une dernière chose avant de vous livrer le secret : pour préparer la potion, installez-vous près d’un cours d’eau ! Un fleuve, c’est le mieux, il y aura moins de risque de vous perdre en chemin. Mon intérêt n’est pas de noyer le poisson : n’est pas saumon qui veut ! Mais vous y arriverez, j’en suis sûre !

Pour ce sort, il vous faut donc :

1) Un bon souvenir ! Que dis-je un souvenir merveilleux ! Un de ceux qui aident à vous envoler !
2) Un mauvais souvenir ! Triste à en pleurer ! Celui que vous utilisez lorsque vous êtes obligés de vous poser en urgence !
3) Une poignée de terre

Dans un saladier, vous mélangerez les souvenirs ! D’abord le bon, ensuite le mauvais… Ces hauts et bas vous donneront un peu le vertige, mais l’ordre est à respecter !
Incorporez la terre, et faites chauffer le tout, dans une casserole, à feu doux, jusqu’à ce que ça froufroute…
Vous obtiendrez alors une sorte de sirop couleur crème que vous boirez, bien froid, mais sans glaçons. J’insiste sur l’absence de glaçons, car cela abimerait vos cordes vocales et menacerait ainsi la qualité future de votre chant.

Vous n’aurez plus qu’à vous laisser porter par vos rêves ! Au bord de l’eau, encore une fois ! Notez-le bien !  Ne venez pas me dire : « Oui, mais vous ne nous l’aviez pas dit…». Vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous ! Vous n’êtes plus des cailles, sorties de l’œuf, frêles et fragiles ! Vous avez depuis belle lurette perdu votre duvet de naissance !

À votre réveil, vous aurez une envie impérieuse et douloureuse de vous baigner. C’est normal ! Votre nouvelle nature s’impose à vous !
Aux premiers mouvements, vous éprouverez de la difficulté car vous aurez perdu vos réflexes mais vous vous familiariserez avec les nouveaux ! Pas d’inquiétude ! L’avantage, au cas d’espèce, c’est que vous ne pourrez plus boire la tasse !
Détail d’envergure : attention à la chevelure ! Prenez bien soin d’elle, qu’elle ne s’emmêle à vos nageoires ! Évidemment, plus de brushing, mais elle mérite un coiffage quotidien.

Vous avez bien tout pris en note, n’est-ce pas ?
Vous avez des questions ? Non ?
Si des interrogations vous viennent par la suite, n’hésitez pas à me contacter. Je vous conseille également cet ouvrage, très bien construit et sobrement intitulé : « De l’ange à la sirène ou du ciel à l’océan ». Vous y trouverez des informations simples sur des points que je n’ai pas évoqués ici, comme ce que mange une sirène, ce que vont devenir vos ailes une fois la métamorphose opérée…

Un peu de silence, s’il vous plait, le cours n’est pas tout à fait fini. Tout est ok ?
Bien, tout est ok. Vous savez tout ! Pour moi, vous êtes prêts à vous jeter à l’eau !

©Emilie BERD 10/05/2019
La recette pour se transformer en sirène (un bon souvenir, un mauvais souvenir, de la terre et du feu) vient directement de l’imagination de Mambo 3.

 

 

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte, dans trois semaines le lundi 20 mai.  À très vite et en pleine forme ❤

 

Source gif : giphy.com

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 7-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux septièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

u

Dans l’ordre d’arrivée :

Ghislaine Son texte ici
Ecri’Turbulente Je ne vous promets pas
Patchcath Elle avait le sommeil léger
Carnetsparesseux La course dans le ciel
Iotop Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie
Lilousoleil Réveil
MarieJo Pourquoi faire compliqué alors que tout est si simple
Nadège Lily s’éveille
Lydia qui poursuit les aventures de La Baronne ici
Laurence Délis Ce qui nous lie
Adrienne avec K comme KAYP

Les mots à utiliser étaient les suivants :

OISEAU FANFARE SOLEIL RIDEAU COMBINAISON VERDURE CAFE INSOMNIE RENOUVEAU VELOURS SOMMEIL SURSAUTER SORTIR SAVOURER

Vous trouverez ma participation ci-dessous.

DEMAIN JE FERAI UNE BLAGUE AU TEMPS

Au temps qui goutte à goutte, qui, de fil en aiguille, fonce les rideaux et les draps de poussière, qui fait taire les oiseaux mais jamais le soleil…
Sans fanfare, ni alarme, crée le renouveau et dessine des voiles sous mes paupières devenues bateaux. Et mes cernes qu’il creuse à la pointe d’une truelle.
Combinaison cruelle : cadeaux, douleurs, amour fort, parfois la haine…Il transforme même les choses simples en poison : dans sa nasse, l’amertume du café devient puissante et  tenace dans les veines. Partout sur la peau, ses chemins sont tracés et ce n’est plus que lui qui grise la tête.

Alors…
Tout près du sommeil, savourer l’insomnie : ouvrir la cage et libérer le rêve… Qu’il saute et sursaute dans mon crâne à le briser, qu’il efface les frontières, s’étire au-dessus de l’océan et revienne en roulant dans la verdure haute jusqu’aux genoux !
Comme un enfant…
Orage, tremblements ou pas de velours! Peu importe ! C’est le jour! Qu’il sorte
Qu’il casse le fil et remonte les aiguilles !
Là, il est triste, enfermé dans son coin sombre.
Alors…
Demain…
Autant qu’il goute à la lumière…

©Emilie BERD 12 avril 2017

 

 

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte, dans trois semaines le lundi 6 mai.  À très vite et en pleine forme ❤

 

Source gif : giphy.com

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 6-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux sixièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Ghislaine Son texte ici
PatchCath S’asseoir sur une margelle et profiter du soleil
Lady Ardenne sans blog fixe dont vous trouverez Coup de Blues après ma participation
Adrienne Z comme zen
Lilousoleil Carpe Diem
Soène Etat d’esprit printanier
Célestine Le coeur slow
Lydia Un moment de détente
MarieJo L’audace cache de grandes craintes
Iotop Chaque mois dans mon abyssal découvert
Nadège Notes pour plus tard
Carnetsparesseux La carpe et le lapin
Ecri’Turbulente Encore un coup du réchauffement climatique
Laurence Délis Quartier Latin, quatre heures du matin

Les mots à utiliser étaient les suivants :

PLAISIR HASARD PROFITER CUEILLIR AUJOURD’HUI LENDEMAIN ROSE SEREIN POISSON PROLIFERATION LATIN IMMEDIATETE MARGELLE DESIR DECADENT DEVORE

Vous trouverez ma participation ci-dessous.

Les quatre saisons

Lutin habillé de suie et de soie qui s’assoit la nuit sur les margelles des saisons
Guette sans ennui le soir, le matin; veille aujourd’hui pour faire le lendemain.
Bonhomme, couturier des robes de Peau d’Âne, qui suture l’âme de notre Maison
Et nos ombres fascinées par le chant de flûtes, dont ont profitées les charlatans.

Sans désir ni hasard, de ses bras courts, il maçonne le brouillard et la lumière du jour.
Il avance serein dans les tempêtes hostiles, fait les vents violents de ses gestes agiles,
Cueille les roses dépourvues d’épines, et peint sans plaisir les couleurs du ciel
De bleu électrique et de gris-plomb, de cendre de pluie, et parfois, de charbon.

Témoin de disputes qu’il raconte (souvent en riant) aux bourgeons naissants :
« Cette année où l’hiver, dévoré par l’été, a, sous ses airs débonnaires, ralenti l’automne
D’une énorme queue de poisson ! Et l’autre, vexé comme un pou, qui en fit des tonnes !
Le printemps puéril, la prolifération en péril, grondant au siècle décadent !!! »

Bonhomme, saisonnier à temps complet, à l’urgence éclose, à l’immédiateté vidée.
Le sens des choses, c’est du latin. Il le prend de haut ! Ailleurs les déclarations !
Il n’a pas le temps ! Il le fait…Et c’est son curieux destin. Les caprices, son métier…
Lutin, de soie et de suie habillé, répare la nuit toutes les erreurs des saisons.

Pas de clef à molette dans sa trousse à outils, juste un peu de magie et de merveilles
Et, dans les oreilles…
Vivaldi
À fond !

© Emilie BERD 29 mars 2019

Et ci-dessous le texte de Lady Ardenne

Coup de Blues

Aujourd’hui, je remets tout au lendemain. C’est fou, cette prolifération de procrastinations.
Je procrastine même des dents ! Je dévore, j’avale comme un camion mais pour passer à la salle de bain donner un petit coup de karcher, j’ai une flemme monstre. J’aimerais tant être dans l’instant ! Profiter du moindre moment. Cependant, je procrastine. Pourtant, il va bien falloir y aller se brosser les dents, s’habiller, charger le fusil et … tuer !
Tiens, se pourrait-il qu’un fugace instant de désir meurtrier repasse en moi ? Que je retrouve du plaisir ? Non, toujours rien. ET voilà, je re-procrastine !
C’est malheureux quand même. Ferais-je une dépression ? Si, c’est le cas, je suis mal barré.
Je ne peux pas aller m’allonger sur le divan d’un psy comme on se promène le long de la margelle. Pourtant, j’en aurais besoin mais quand on est tueur à gage, on évite de raconter son curriculum vitae au premier venu. Encore plus un psychiatre, c’est un coup à se faire cueillir par les flics ça !
Burn-out, peut-être ? Trop de contrat et pas assez de soleil sans doute. Une journée de pêche avec un gros poisson au bout de la ligne, c’est ça qu’il me faudrait.
En attendant, il va falloir exécuter cet homme bien en apparence. Je fais un métier décadent pensez-vous ? Pensez un peu à la tête de la veuve qui reçoit la couronne de rose, c’est elle qui paie pour enterrer son mari. On y perd son latin, hein ?
Difficile de rester serein dans ces cas-là. Je vois tellement de choses.
Cependant, je ne dois pas trop penser au passé ni aux conséquences. Je vais me plonger dans l’immédiateté. Puis visualiser ce moment où l’on ressent le plaisir après avoir accompli sa tâche.
Je vais laisser tomber le fusil pour aujourd’hui et réfléchir à un autre plan.
Je me sens revigoré d’un coup. Je sens que je vais cesser la procrastination et mettre ma journée à profit. Carpe Diem, comme disent les anciens !
Tiens j’ai retrouvé mon latin finalement, heureux hasard. Peut-être pas.

© Lady Ardenne 26 mars 2019

 

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 8 avril.

 

Source gif : giphy.com

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 5-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux cinquièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Ghislaine Je suis
PatchCath Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants
Carnetsparesseux Tout un hiver, seule, en Cocagne
Lydia Une nouvelle vie
Adrienne Ne te raconte pas d’histoires
Laurence Délis Et demain
L’Ornitho Sauver les meubles
Iotop Piège à une seule entrée
Célestine Cariatide’s blues
Lilousoleil Une histoire simple
Eva et son texte

Les mots à utiliser étaient les suivants :

MERVEILLEUX CONSOMMER MARIAGE SOUCI FLEUR MEGERE FRATRIE UTOPIE

HARASSE HISTOIRE FERTILE ILLUSION CELEBRER CONTE CENSURE

Vous trouverez ma participation ci-dessous. J’ai laissé CENSURE à moitié de côté en le modifiant un peu.

LA VIEILLE

– On joue à cache-cache, Maman ?
– Si tu veux, oui…
– C’est toi qui comptes ! Tu comptes jusqu’à vingt !
– Ok ! Un, deux, trois….
– Vingt ! Cacher ou pas, j’arrive ! Mais enfin, tu n’es pas caché là, je te vois !
– C’est pas possible !
– Enfin ! À ton âge ! Tu t’es tout de même déjà rendu compte que ce n’est pas parce que TU ne vois pas que ça n’existe pas ! C’est juste une illusion !
Ça me rappelle l’histoire d’une vieille dame qui habitait dans un petit village !
On la voyait souvent… Lorsqu’elle passait devant quelques personnes assises sur un banc, devant des enfants qui criaient en jouant, les voix baissaient de volume…
Le silence s’établissait comme par un charme. On ne chuchotait même pas, on priait pour qu’elle s’en aille vite …
Même les nourrissons arrêtaient tout net de pleurer et les yeux fuyaient sur le côté, évitaient l’apparition… Comme toi : On ne la regardait pas espérant la faire disparaître ! Le souci, c’est qu’à force de ne pas la regarder, personne n’avait remarqué cette chose merveilleuse…
– Encore un de tes contes !!!
– Non, non ! J’ai parfois l’imagination un peu trop fertile, farfelue je te l’accorde mais ce n’est pas une de mes histoires, je t’assure !
– Continue, alors…
– Les gens du village prenaient donc bien soin de ne pas la regarder… Oh ! ça ne les empêchait pas de consommer entre eux leur animosité à son égard, lorsqu’elle était loin… Que c’était bien normal ! Cette mégère ! Aucun homme ne l’avait demandée en mariage. À l’époque, c’était important…
– C’était, à quelle époque ?
– Jadis…
– Jadis ?
– Lorsque l’on pensait que se marier suffisait à rendre une femme et un homme heureux…
– Des bêtises…
– Aujourd’hui, tu peux dire que ce sont des bêtises. Autrefois, ça correspondait plus à un idéal, une utopie…
La Vieille, alors… Les gens la méprisaient parce qu’elle n’avait pas trouvé de mari ! L’Un qui connaissait l’Un qui disait que l’Autre avait un jour osé lui offrir un bouquet de fleurs…Mais cela faisait tellement longtemps, qu’aucun ne se souvenait très bien de qui c’était… et puis que ce soit l’Un ou l’Autre, on s’en fichait, pourvu qu’on puisse encore dire du mal d’elle. Le matin, à la boulangerie, en fin de journée dans les jeux des fratries, la médisance occupait la population ! On s’ennuyait beaucoup dans ce village…
Elle le savait bien, la Vieille ! Et ça ne la faisait pas rire… Pourtant elle devait sortir de chez elle… Pour célébrer un rituel magique, ou pour jeter un sort…
Un après-midi d’été, un des garçons du hameau voisin harassé de sa journée, tomba de sommeil dans un champ… Lorsqu’il se réveilla, la nuit commençait à peine à tomber et il entendit un bruit étrange.
Il s’approcha du bruit et vit une jeune femme magnifique aux cheveux noirs et longs. Il ne vit la couleur de ses yeux, mais il déclara y avoir vu une étincelle…
Elle se baignait dans l’étang en chantant des phrases bizarres, les mots d’une formule magique…
Comme elle se dressait, il vit son corps recouvert de traces noires… Elle ôta les sangsues repues de sang, une par une en les rejetant à l’eau.
Elle ramassa ses habits, les secoua un peu et s’habilla…
– C’était la Vieille ?
– C’était la Vieille ! À force de la fuir du regard, personne n’avait jamais remarqué qu’elle avait toujours été âgée…

 

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 25 mars.

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 3-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux troisièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Ghislaine qui chante Le printemps
Soène qui joue avec BILL & BOQUET (publié lundi)
Lydia qui prône un Carpe Diem moderne
Célestine à qui tarde les stations d’hiver avec Vive le ski !
Laurence Délis qui brosse Une petite plume dans ta chevelure
Adrienne avec N comme non (Allez si, dis nous oui!)
Ecri’Turbulente qui s’amuse avec Crétin des Alpes
PatchCath avec Vivre et ne plus être l’ivre
Nadège qui raconte De ma fenêtre

Les mots à utiliser étaient les suivants :

 LEZARDER DUR LIVRE S’IMPREGNER CORPS ELASTICITE ENSOLEILLE APAISER PLUME GUITARE BILBOQUET MANQUE MOINS MALLE
Vous pouviez en laisser un de côté, si vous le souhaitiez.

Voici ma participation juste en dessous.

MAUX

Plus je passe au milieu des gens et plus je me demande… Je les vois lézarder dans l’enceinte du supermarché et moi qui fais comme si de rien n’était, je me dis : « Sentent-ils ce que j’ai en moi ? ».
Parce que ce qui a de plus drôle dans le désespoir, c’est qu’il ne se voit pas… Pas comme la misère… La misère, elle est voyante, criarde… Tu la sais, tu la renifles… Le désespoir, le vrai, le point de non-retour, il est silencieux, muet.
Les jours commencent à se suivre sans jamais se ressembler… Les idées sombres s’enroulent autour de l’aiguille du rouet et jouent au bilboquet avec ta tête. Tu perds la boule et rien, non rien, n’est capable de t’apaiser…Ton esprit dépose son élasticité dans des rayons de moins en moins clairs.
La douleur s’imprègne au plus profond de tes os, jusqu’à devenir une partie intégrante de ton corps, la lumière ne te touche plus… Elle glisse sur les pores de ta peau, comme une huile ensoleillée mais ne pénètre pas.
L’odeur âcre des cendres n’existe plus.
Ton cœur est sec… Voler dans les plumes de quelqu’un ? Pourquoi faire…
Quand tu t’imagines t’enfermer dans une malle pour ne plus jamais en sortir ou te pendre avec une corde de guitare, ça ne t’arrache même plus un sourire…
Plus de rêve, plus d’envie, plus de manque… On ne mange plus, on ne dort plus…

Plus rien n’est dur, plus rien n’est doux… Et ce rien de plus en plus contamine tout !

Seulement ces mots sont là, Plus et Rien…Et de ces deux mots, il faut choisir le moindre.

©Emilie Berd le 15 février 2019

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 11 mars.

NOM D’UN TARABISCOT, VOICI LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 2-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux deuxièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

PatchCath  respecter les traditions
Adrienne  A comme Asphodèle
Ecri’Turbulente Le dessous des mots et des plumes
Ghislaine La criminologue
Soène  L’Etoile
Lydia La galette des rois
Carnetsparesseux Après, longtemps après la fin
Laurence Délis Le rouge de ses bottes de pluie
Nadége Entrer dans la lumière
Célestine Poulet rôti

Les mots à utiliser étaient les suivants :

 NUISETTE TRADITION TRENTE-SIXIEME FEVE NOIR TREFONDS ENVERS TARABISCOT BRETELLE MUSARDER ABONNEMENT ARCANE AFFOLER ARNAQUER
Vous pouviez en laisser un de côté, si vous le souhaitiez.

Voici ma participation juste en dessous.

Quand on aime…

Si ça continue, sa femme va croire qu’il le fait exprès ! « Profite donc de ton abonnement aux Urgences pour passer un scanner du crâne, tiens !». La blague !

Ça ne l’embête pas d’attendre. Y en a toujours un pour la ramener mais c’est par pure tradition, pour affoler les petites qui bossent, histoire de passer avant les autres ! Parce que s’il la pousse encore, la voix, c’est bien la preuve qu’il peut patienter. Comme les gamins qui ont la couronne sur la tête alors qu’ils n’ont pas la fève ! Y a un truc qui cloche, ça sent l’arnaque ! Pas besoin de connaître les arcanes du service, pour voir qu’ici les gens ne musardent pas ! Après, c’est sûr que pour lui, c’est plus facile. Il sait pour qui il est là !

Trente minutes que l’infirmière l’a mis dans le box.  À la trente-sixième, il ira jeter un coup d’œil dans le couloir. Rien à faire en plus ! Impossible de lire les infos collées au mur. On dirait qu’elles ont été mises à l’envers !

La revoir et lui dire :  Lucie, c’est moi, tu te rappelles ?.

Il l’a simplement croisé, quand il était venu la dernière fois. Tellement belle, après tant de temps…De ce qu’il croyait, elle avait quitté la région après…

Si j’avais pu te dire pourquoi, Lucie… J’étais trop jeune… Je ne savais pas ! Je t’ai aimée, tu sais ! Mais à dix-sept ans, quand on aime…

Des pas hésitent devant la porte coulissante. Il pense qu’elle réajuste sa blouse ou sa coiffure. Il se souvient de ses cheveux plein de pailles.

  • Qu’est-ce qui vous amène ?
  • Je me suis blessé avec mon tarabiscot.
  • Un tarabiscot ?
  • Une sorte de rabot…

Elle l’interroge et pianote sur le clavier de l’ordinateur, impassible. Il a beaucoup changé physiquement, c’est vrai. Mais son nom sur la liste aurait dû la faire tiquer.

  • Date du dernier rappel DTPolio
  • Il y a trois mois, j’ai dû tout refaire à ma dernière visite
  • Une attaque du tarabiscot ?
  • Une attaque du tarabiscot…

Elle sourit. Elle fait rouler le tabouret et s’assied juste en face de lui. Elle le regarde droit dans les yeux. Elle lui sourit encore. Elle a le cou long et fin des rats de l’opéra, et lorsqu’elle penche la tête sur le côté pour observer sa blessure, il aperçoit un bout de la bretelle noire de son soutien-gorge et il l’imagine dans ses bras. Il l’embrasse, la serre fort tout contre lui, la main glissant sous sa nuisette. Il lui murmure à l’oreille des mots d’excuses.
Pardonne-moi… Je n’ai jamais voulu te faire de mal…
Mais quand on aime à dix-huit ans…
Il sursaute. Il a l’impression d’avoir parlé. Elle, n’a pas bronché.

Il va falloir plusieurs points de suture. Je vais m’en occuper.

Il voudrait avaler sa salive, mais il se retient… Il est sûr que le bruit qui en ressortira trahira le tréfonds de ses pensées.

Combien ? dit-il la voix séche.

Elle ne répond pas. Elle sort un bref instant, revient avec le kit de suture. Elle le regarde en souriant et lui dit : « Quand on aime, on ne compte pas. »

Elle s’approcha l’aiguille à la main : « On se passera d’anesthésie, bien sûr... »

©Emilie Berd le 1erfévrier 2019

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 11 février.