LES PLUMES D’ASPHODELE Calendrier et rappel du règlement

CALENDRIER DES SEMAINES DES PLUMES

Totalement dépourvue de sens de la discipline (Vous allez voir, on va bien rire !), les dates ci-dessous ont avant tout pour but de me mettre la pression.

Je vous propose ces semaines de Plumes :

Collecte le lundi 14 janvier et dépôt de vos liens le vendredi 18 janvier
Collecte le lundi 28 janvier et dépôt de vos liens le vendredi 1erfévrier
Collecte le lundi 11 février et dépôt de vos liens le vendredi 15 février

Collecte le lundi 11 mars et dépôt de vos liens le vendredi 15 mars
Collecte le lundi 25 mars et dépôt de vos liens le vendredi 29 mars
Collecte le lundi 8 avril et dépôt de vos liens le vendredi 12 avril

Collecte le lundi 6 mai et dépôt de vos liens le vendredi 10 mai
Collecte le lundi 20 mai et dépôt de vos liens le vendredi 24 mai
Collecte le lundi 3 juin et dépôt de vos liens le vendredi 7 juin
Collecte le lundi 17 juin et dépôt de vos liens le vendredi 21 juin

Je précise ici, bien qu’il s’agisse d’une évidence, que ce calendrier serait nul et non avenu au moindre souhait d’Asphodèle.

RAPPEL DU REGLEMENT

Dans les grandes lignes…

Collecte des mots :
Vous déposerez un mot inspiré par le thème ou une phrase que je vous soumettrai dans un billet, le lundi de 6h00 à 20h00.
Le mot existe et, pour preuve, est référencé dans un dictionnaire connu, les sites internet ne faisant pas foi.
Le mot est commun, ce qui, de fait, exclut les noms propres.
Le mot peut être simple ou composé et peut, dans les textes, être accordé en genre et en nombre (donc, conjugué pour un verbe).

Lorsque vous laisserez le mot, merci de l’écrire en MAJUSCULES, afin de lever tout doute.

Je déposerai trois mots commençant par la même lettre.

Le thème soumis n’est utile qu’à la collecte des mots, et ne constitue pas une contrainte d’écriture.

Participation :
Selon les mots d’Asphodèle, « N’ont le droit de laisser un mot que ceux qui s’engagent à participer au moins une fois à l’atelier et ceux qui ont déjà participé ».

Rédaction des textes et dépôt des liens
Je vous remercie de déposer vos liens avant le vendredi 20h00.
Vous pourrez les laisser en commentaires de la publication récapitulative de la collecte du lundi.
Les personnes souhaitant participer et n’ayant pas de blog peuvent m’envoyer leur texte par email et je m’occuperai de leur publication.

Vous retrouverez le règlement complet chez Asphodèle.

À très vite

 

Je reprends LES PLUMES D’ASPHODELE… Vous me suivez ?

 

Parce que cet atelier m’a remis la plume dans l’encrier
(Ne cherchez pas, ce n’est pas une contrepèterie…)

et avec l’accord de La Grande Prêtresse,

 je vous propose de reprendre temporairement Les Plumes d’Asphodèle…

 

Même nom

Même règlement (dont je vous ferai très vite un rappel mais que vous pouvez retrouver ici )

Rythme à voir selon votre enthousiasme mais possiblement bimensuel. Hors vacances scolaires évidemment à moins que je trouve un moyen de perdre les Mambos…

Première collecte de mots lundi 14 janvier de 6h00 à 20h00 selon un thème ou une phrase que je vous aurai donné.

Ça vous dit ?

 

Emilie

Source GIF: giphy.com

Photo : pinterest.fr

OMBRE

Devenir une ombre
Qui s’effile dans un rêve
Quand les lames du sommeil
La pénètrent et l’enlèvent.

Quand l’air est si sombre
Mourir sous le poids
De ces heures sans soleil
De ces nuits sans toit.

Au gré d’une étincelle
Vivre comme m’achève
La Lune noire qui veille
Aux sévices de son glaive.

Courtisane éternelle
Sans relief, sans voie,
Jusqu’au dernier réveil,
Je naitrai chaque fois…

©Emilie BERD 3 janvier 2019

Source image :pinterest.fr

Délice, dans ma bouche,
Quand ma langue te touche.
Artisan d’artifice
-Pain d’épice-

Dingues, mes papilles
Sur ces plis, oscillent
Si le papier tu ôtes.
– Papillote –

Douce à mon oreille,
Or et soie, pareils,
C’est ta peau qui m’appelle.
-Cannelle-

Délire d’initiée,
Par sa poudre nacrée,
À lier mais gourmande.
-Amande-

©Emilie BERD 13 décembre 2018

TEMPS

 

 

 

 

Tant que je ne suis pas mort,
Alors qu’on veut me tuer
Tant que je cours encore…

Si je peux toujours compter…
Puisque je me montre utile,
Même si ce n’est qu’à moitié…

Tant qu’avec moi, au moins,
D’un pas sûr mais de travers
Tout s’en va, l’air de rien.

On me prendra comme je viens…

Tant que je ferai la pluie
Que demain reste la proie
Dont je me repais la nuit.

Tant que j’ emporte le vent,
L’ennui et la rage aussi
Que je suis l’oubli et l’argent.

Au mépris du dilemme
Car ce n’est que suspendu
Que vraiment l’on m’aime,

Jamais je ne serai perdu…

© Emilie BERD 15 novembre 2018

JE VIS DANS L’OEIL D’UN GEANT AVEUGLE…

 

Je vis dans l’œil d’un géant aveugle.
Les ombres s’annoncent en colère
Et les orages dessinent sans bruit
Les toiles orange brunes et claires
Jusqu’au fond de ces pupilles noires.

Mon coeur chevauche, à l’allure de ses rêves,
Le voile pourpre de ses paupières
Aux sillons creusés et bleuis.
Les yeux ouverts aux notes de lumière
Du silence souriant de la lune

Je vis dans l’œil du géant aveugle
Mes sombres forêts imaginaires
Où les ténèbres jouent sous la pluie,
Aux dés pipés, et trichent au poker
Avec des monstres à l’effroi vieilli.

Mon âme s’arrête, aux portes de la sienne
Frêles miroirs, fragiles barrières,
Aux paumelles usées par ses larmes de suie
D’épines blanches et de bras de lierres,
Conquérantes domestiques…

© Emilie BERD 13 novembre 2018

 

OCTOBRE INFIDELE

Dehors, assise contre le mur irradiant, le soir m’avait déjà prise, noir et épais, dans ses bras hâtés mais tendres. Les paupières grises et closes, l’âme à fleur de rêve, assoupie malgré moi, dans ce sommeil d’enfant presque méchant tant il est insouciant.
Je n’avais pas froid.

Quand un soupçon glacé se glissa dans mon cou, caresse exquise et imposée, attention requise par l’apparition terrifiante que je languissais.
C’est à mon effroi que je l’ai d’abord reconnue, car Octobre avait changé… et à ses bras aussi, de ramures, décorés, désormais bien moins bleues que cendres, comme si son sang s’était défilé… Incroyable déesse aux pieds gelés, vision d’horreur adorée…
Elle était là…

L’orage battait le ciel. Les éclairs sauvages lui découvraient parfois la couleur triste des corps que l’on ne convoite plus… Blancs comme la mort…
Elle leva les yeux vers la pluie qui ne tombait pas et je vis des grains de sel sur son visage, des larmes en cailloux qui roulaient jusqu’à ses lèvres humides.
Sa voix rousse entrait en moi.

« Mes nuits se sont allongées sous les draps chauds de la lumière… Enveloppées aux confins des astres, par le soleil, trompées… Blotti, à l’abri, j’avais l’illusion morbide de me donner, entière. Fondue, effacée sans laisser de trace, enfermée à double tour dans ce jeu de passe-passe… Lui, ardent et moi, absente…
De cette alliance funeste est né l’automne noir et miel, tandis qu’un désert rouge se dressait dans ma gorge…
J’ai vu des feuilles aux arbres qui toujours s’accrochent, pour éviter leurs sœurs gisantes en bas, en tas, et aux destins incendiaires. J’ai vu les aubes blêmes, dont les brumes et les boues balbutiantes se sauvaient sous les assauts de leur adversaire. »

Sa main était sur ma joue, ses ongles appuyés un peu…
L’odeur de ses doigts était devenue sucrée. De son poignet, couraient des chutes d’eau dont le débit puissant éblouissait par seconde. Chaîne immatérielle ou déferlante des veines ? Mon souffle était rythmé par ce compte à rebours hypnotique, horloge ou tambour, que mon cœur jusqu’à s’arrêter, entendait bien accompagner.

« Les ombres de juin me rappelaient par endroit le parfum des premiers frimas, et pourtant, elles n’étaient que le miroir sans éclat de mes propres pas… Ivre d’espace, j’ai cru que c’était son corps, alors que ce n’était que le mien qui desséchait sur place.
Mais je sais que l’hiver me suivra encore et de toute façon… Car, par nature, la passion se fout des saisons. »

Le tonnerre s’est calmé, apaisé et avec elle, sa colère disparut…
Un courant d’air vint se prendre dans mes jambes revigorant ma peau grâce à quelques gouttes égarées. Il avait plu.
Je fis un détour pour chercher quelques bûches de bois !
Demain, l’hiver sera là !

©Emilie BERD 17 octobre 2018

Photo personnelle

NUITS D’OCTOBRE

De la fenêtre de ma chambre, j’ai vu, un soir,  Octobre traîner sa longue robe, brume et pluie, le long de ma campagne.
Sa marche est lente, épuisée par le poids de l’ombre qu’elle élève et par le goût de l’eau sale qu’elle crache. Elle avance, sûre, sa mission ad vitam æternam affichée sur ses bras marbrés, découverts et tatoués par l’Hiver, son seul amour… Ici pour l’aider à accomplir sa destinée glaciale, que l’on sait perpétuelle et banale. Mais elle, si elle échouait, elle en mourrait !
Alors, avec soin, elle fait son chemin, enferme la lumière dans des boules de verres, chasse les rires pour les mettre sous pierres.

Je l’observe quelques minutes, brunissant tout sous ses pas. Je la vois dérouler son hémorragie, comme un tapis d’honneur, bientôt piétiné par son amant. D’où vient donc tout ce sang ?
« –Me vois-tu ? »
Elle se tourne vers moi et s’approche lentement ! Je crie « Reste loin de moi ! », mais le son de ma bouche ne sort pas ! Pétrifiée par cette beauté humide qui se révèle au gré des réverbères, sa chevelure rousse dégoulinant à ses pieds.

Ses doigts froids sont déjà sur mes yeux, brandissant le passé bien plus haut que l’avenir… Elle les pose sur ma bouche, désertée par la salive sous l’effet de la frayeur…L’odeur de ses promenades nocturnes glisse de ses ongles à mes narines et je l’entends :
« Dès le premier temps des nuits, du moment où elles virent le jour, me dit-elle, on m’appela, moi la huitième, pour les aider à grandir. Et lorsque je l’ai rencontré, je suis tombée amoureuse de l’hiver et de sa splendeur. Je courais dans l’espoir de nous unir, mais je n’avais pas compris que cette passion dévorante était une impasse. Ne me suit-il pas chaque année ? Il est perdu si je l’attends… 
Ne me lâche t-il pas chaque année ? La solitude est son seul présent ! »

Son discours était secoué de sanglots qui semaient leur lot de sang sur le sol.

« Alors, je prépare sa voie, faisant mon possible pour faciliter son issue…, continua-t-elle, Après toutla feuille de l’arbre meurt plus souvent sur un pare-brise que sur la terre qui lui est promise
Je l’aime ainsi à faire son lit pour que seul il se couche ! Je l’aime encore, sans lui, sans qu’il ne me touche. Pourtant si l’on me donnait aujourd’hui le choix, cela n’aurait rien changé…Car c’est le mois de juin que j’aurais préféré…Voir enfin s’épanouir le jour, voir les nuits blanches de Saint-Pétersbourg, imaginer le bruit de mes larmes sans l’assaut obscure, et donner un sens à mes insomnies grises et stupides qui flétrissent mes voiles comme le temps creuse tes rides…
Profiter du ciel pâle, pour me pâmer, impériale, dans les rues animées ou bien faire l’ermite pour ruminer sur ce monde à la fois petit et sans limite… Laisser à la nuit l’ennui, tendre une corde vers l’horizon et ne jamais m’en tirer. Effacer les saisons et les mois, et moi…m’oublier…»

Silence. Les flots de la mer rouge sont calmés, les pleurs de l’automne arrêtés. Quand j’ai osé regarder autour, il n’y avait plus rien. De la fenêtre de ma chambre, j’ai vu la Terre chercher avec peine un début de clarté, dans un brouillard déjà grisonnant.

Depuis, il me tarde de vivre la première heure noire, de guetter l’apparition, le cœur palpitant devant la probabilité d’un simple mirage…Et l’âme encore pleine d’été consolée à l’idée qu’Octobre aurait pu aimer le soleil.

©Emilie Berd 22/10/2016

 

I WANT TO BELIEVE…

« C’est le cœur tourmenté que je vous écris cette lettre, même si je fais des efforts en surface pour ne rien laisser paraître…
Lorsque j’ai appris cette nouvelle qui, je vous avoue, me glace, j’ai d’abord laissé la place sur mes joues et sur mes lèvres au sillage de mes larmes, pour me laver de ce mauvais rêve.
Et, dans cette tempête, bouleversante et amère, j’en ai beaucoup voulu à ma mère dont les mensonges et l’hypocrisie m’ont écartée du doux chemin de mon enfance. Pourtant quand j’y pense, je m’en doutais un peu… La Terre est immense et vous étiez si vieux !

Il y a des questions à conserver sous clef pour croire aveuglément, mais c’était trop tard, j’avais demandé à Maman et mes illusions se sont évadées comme mes yeux ont fuit !
« Et le lapin de Pâques ? Et la petite souris ? »
Il paraît que l’on peut parfois retrouver la magie, lorsque plus grand, on laisse croire aux petits les mystères de votre existence… Si, désormais mes listes seront bien plus habiles à mettre sous le sapin des cadeaux d’importance, les choses se présentent de plus en plus fragiles…

Cher Père Noël, avec tant de nostalgie, je regarde en arrière et pour tous ces beaux moments que nous avons passés, je jure de garder le secret ! Croix de bois, croix de fer…

Toutes les belles histoires ont une fin, assurément… Tiens ! Je demanderai ce soir, pour le Prince Charmant ! »

©Emilie BERD 5 octobre 2018

AILES

Tu me prends pour un drôle d’oiseau, prêt à te mener en bateau, à te bercer de ritournelles tendres et incroyables… À t’offrir comme un cadeau, une ribambelle pitoyable de mensonges et de maux.
Suis-je donc un si traître sir, qui ne chercherait qu’à vouloir te tromper avec des histoires, des délires de toute sorte puis les laisser lettre morte ?

Tends-moi un L et je serais ces voyelles qui sauront t’envoler.

Tu es ce miracle ma belle, les ténèbres et l’éclat, qu’une pâle aquarelle aux pastels délicats ne suffirait à croquer. Ton corps est cet autel, adorable adorée, où l’encens enfin se mèle à tes frissons agités…Et à ton goût un peu sucré, de chaleur et de cannelle, de prières exaucées…

Pas de corde ni de chaine qui nous lie… Juste la grâce de ces bretelles alanguies qui glissent sur ton épaule et que mon doigt frôle jusqu’à ton sein généreux et maternel. Tes baisers ne sont que tes mots, rubans de dentelles qui t’échappent infidèles et réveillent ma peau.

Si un jour tu voulais te retourner, m’abandonner, t’enfuir, plutôt que te retenir, je te ferais statue de sel, à mes yeux, rivée, et à mon désir, immortelle.
A tes pieds, vestale aux courbes figées, je pourrais t’admirer à genoux, éternelle, à en devenir fou. La passion me dévorant, mon délice et mon châtiment, balancelle désaxée où vacille ma raison…
Et tu deviendras cette stèle, passerelle sacrée entre tes jours infinis et mon amour sans condition.

©Emilie BERD 13 juin 2018

Pour les Plumes d’Asphodèle reprise par Mind The Gap (ici)

Il fallait placer les mots suivants : Aquarelle Voyelle Mirabelle Maternelle Stèle Eternel Bretelles Ribambelle Infidèle Dentelle Cannelle Passerelle Balancelle Ritournelle

J’ai pris une petite liberté avec Mirabelle.