Une seule lettre vous manque

Les nuits sans toit
Sont celles où j’ai froid…
Où je compte en moi
Les traces des années…
Où, en coeur, âme et corps
Te répondent encore.

Je me remets à la foi
À l’absence de ta voix
À ce chemin de croix
Aux ombres plurielles
Qui, dans les coins sombres,
Guettent en surnombre.

Les larmes pour soie
Et le manque pour draps…
Je ferai n’importe quoi
Quand l’air à l’âme
Je prends tout au mot
…À lettre accroc

© Emilie BERD 17 mars 2019

L’EFFET REVERBERE

 – On ferme ! Dehors ! hurla la patron du bar.
Il avait bien son compte, car, en ni une ni deux, le voilà sur la chaussée trempée !
On ne l’y reprendra plus ! Il ira dépenser son liquide ailleurs ! Puisque c’est ainsi qu’on traite les clients ici, il se fait la belle, cahin caha !
La nuit est noire.
Il allume une Chesterfield, et tant bien que mal, avance sur le trottoir.

Guidé par les lampadaires stoïques, quoique, si l’on tend l’oreille plutôt méprisants :
Regarde celui qui arrive, dit l’un
Il n’a plus la lumière à tous les étages, répond l’autre
Il ne marche pas droit, celui-là
Il s’en est mis plein la lampe, tu veux dire !

La fumée de cigarette lui retourne l’estomac comme une barque (bien trop chargée) en plein Atlantique ! Ce mal de mer provoque un hoquet évocateur dont l’effet émétique surprend pourtant toujours son auteur.

Ben voyons !
Il n’est plus que l’ombre de lui-même !

À peine remis de son lavage gastrique, il s’approche, les deux mains en avant, d’un de compères statiques et se vide la vessie !

Voilà donc qu’il m’a pris pour une lanterne !, grommelle la victime arrosée.

Une fois soulagé, il enlève sa veste souillée avec l’idée nauséeuse de dormir sur le banc.
Il entend ses clefs sonner sur le bitume et tente péniblement de les retrouver lorsque la gravité le rappelle de tout son long sur le sol. Il rampe jusqu’au réverbère suivant et l’entreprend, dans un délire, une sorte de séduction pathétique, enlaçant son unique pied de ses bras et le suppliant de lui rendre son Sésame.

La proie, pétrifiée, et ses acolytes assistent à la scène, contraints et forcés, tout en  poursuivant leurs commentaires :
Que n’ai-je été veilleuse d’appartement pour éviter de subir ce genre de comportement?
– Faut quand même pas pousser ! Pourquoi pas dans la tête d’Archimède pendant qu’on y est !
– Ou au talon d’Achille
– Vous me prenez vraiment pour une ampoule, n’est-ce pas ? Mais je n’en peux plus de ces spectacles de rue ! Je suis un personnage important, moi !    L’éclairé public, c’est, moi ! »

Après de longues minutes, l’homme dont l’état général ne s’est guère amélioré, recouvre néanmoins assez d’esprit pour se hisser jusqu’au banc ! Assis enfin, il souffle un peu, lorsque l’apparition d’un génie tout droit sorti des Contes des Mille et Une Nuits, le fait sursauter !
Maître, lui dit la créature, je suis le génie du lampadaire que tu as frotté ! Maître, tu m’as libéré ! En signe de gratitude, je t’accorde trois vœux !
L’ivrogne n’en croit pas ses yeux !
D’un bond, dessaoulé, il se met debout, et prend ses jambes à son cou, en se jurant que dès le lendemain il arrêterait le djinn !

© Emilie BERD 18 mars 2019

Ecrit pour l’Agenda Ironique de mars 2019 hébergé par Les Dessous des mots.

Ce mois-ci, il était proposé d’écrire un texte sur le thème « Lampadaire » en utilisant quatre mots imposés :
– Chesterfield
– Émétique
– Atlantique
– Évocateur

L’Autre Andrée CHEDID

Gustav Klimt The Family

Mon autre
Mon semblable
En cette chair
Qui nous compose
En ce coeur
Qui se démène
En ce sang
Qui cavalcade
En ce complot
Du temps

En cette mort
Qui nous guette
En cette fraternité
De nos fugaces vies
Mon semblable
Mon autre
Là où tu es
Je suis

Andrée CHEDID « La poursuite » in Rythmes Poésie Gallimard

 

Source Photos  : Pinterest.fr

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 5-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux cinquièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Ghislaine Je suis
PatchCath Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants
Carnetsparesseux Tout un hiver, seule, en Cocagne
Lydia Une nouvelle vie
Adrienne Ne te raconte pas d’histoires
Laurence Délis Et demain
L’Ornitho Sauver les meubles
Iotop Piège à une seule entrée
Célestine Cariatide’s blues
Lilousoleil Une histoire simple
Eva et son texte

Les mots à utiliser étaient les suivants :

MERVEILLEUX CONSOMMER MARIAGE SOUCI FLEUR MEGERE FRATRIE UTOPIE

HARASSE HISTOIRE FERTILE ILLUSION CELEBRER CONTE CENSURE

Vous trouverez ma participation ci-dessous. J’ai laissé CENSURE à moitié de côté en le modifiant un peu.

LA VIEILLE

– On joue à cache-cache, Maman ?
– Si tu veux, oui…
– C’est toi qui comptes ! Tu comptes jusqu’à vingt !
– Ok ! Un, deux, trois….
– Vingt ! Cacher ou pas, j’arrive ! Mais enfin, tu n’es pas caché là, je te vois !
– C’est pas possible !
– Enfin ! À ton âge ! Tu t’es tout de même déjà rendu compte que ce n’est pas parce que TU ne vois pas que ça n’existe pas ! C’est juste une illusion !
Ça me rappelle l’histoire d’une vieille dame qui habitait dans un petit village !
On la voyait souvent… Lorsqu’elle passait devant quelques personnes assises sur un banc, devant des enfants qui criaient en jouant, les voix baissaient de volume…
Le silence s’établissait comme par un charme. On ne chuchotait même pas, on priait pour qu’elle s’en aille vite …
Même les nourrissons arrêtaient tout net de pleurer et les yeux fuyaient sur le côté, évitaient l’apparition… Comme toi : On ne la regardait pas espérant la faire disparaître ! Le souci, c’est qu’à force de ne pas la regarder, personne n’avait remarqué cette chose merveilleuse…
– Encore un de tes contes !!!
– Non, non ! J’ai parfois l’imagination un peu trop fertile, farfelue je te l’accorde mais ce n’est pas une de mes histoires, je t’assure !
– Continue, alors…
– Les gens du village prenaient donc bien soin de ne pas la regarder… Oh ! ça ne les empêchait pas de consommer entre eux leur animosité à son égard, lorsqu’elle était loin… Que c’était bien normal ! Cette mégère ! Aucun homme ne l’avait demandée en mariage. À l’époque, c’était important…
– C’était, à quelle époque ?
– Jadis…
– Jadis ?
– Lorsque l’on pensait que se marier suffisait à rendre une femme et un homme heureux…
– Des bêtises…
– Aujourd’hui, tu peux dire que ce sont des bêtises. Autrefois, ça correspondait plus à un idéal, une utopie…
La Vieille, alors… Les gens la méprisaient parce qu’elle n’avait pas trouvé de mari ! L’Un qui connaissait l’Un qui disait que l’Autre avait un jour osé lui offrir un bouquet de fleurs…Mais cela faisait tellement longtemps, qu’aucun ne se souvenait très bien de qui c’était… et puis que ce soit l’Un ou l’Autre, on s’en fichait, pourvu qu’on puisse encore dire du mal d’elle. Le matin, à la boulangerie, en fin de journée dans les jeux des fratries, la médisance occupait la population ! On s’ennuyait beaucoup dans ce village…
Elle le savait bien, la Vieille ! Et ça ne la faisait pas rire… Pourtant elle devait sortir de chez elle… Pour célébrer un rituel magique, ou pour jeter un sort…
Un après-midi d’été, un des garçons du hameau voisin harassé de sa journée, tomba de sommeil dans un champ… Lorsqu’il se réveilla, la nuit commençait à peine à tomber et il entendit un bruit étrange.
Il s’approcha du bruit et vit une jeune femme magnifique aux cheveux noirs et longs. Il ne vit la couleur de ses yeux, mais il déclara y avoir vu une étincelle…
Elle se baignait dans l’étang en chantant des phrases bizarres, les mots d’une formule magique…
Comme elle se dressait, il vit son corps recouvert de traces noires… Elle ôta les sangsues repues de sang, une par une en les rejetant à l’eau.
Elle ramassa ses habits, les secoua un peu et s’habilla…
– C’était la Vieille ?
– C’était la Vieille ! À force de la fuir du regard, personne n’avait jamais remarqué qu’elle avait toujours été âgée…

 

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 25 mars.

MOI, VICTIME DE LA PANNE GEANTE (Témoignage)

Tout a commencé hier, mercredi 13 mars 2019 vers 17h00, alors que je voulais répondre à un partage de lien sur la musique Trance… J’appuie sur le petit pouce bleu, mais je ne remarque pas tout de suite… J’écris mon petit commentaire, je l’envoie et là, Horreur !!!

Mon comm est entouré de rouge avec un point d’exclamation, accompagné d’un message terrible : mon commentaire ne peut pas être publié…
C’est ma toute première fois, mais je ne panique pas. J’essaie de commenter la photo d’un autre profil dans mon fil d’actualité…Un petit cœur… La même chose, nada, niente, keutch !
Je réessaie un petit pouce bleu sur le post d’un autre ami (J’en ai quinze, j’aurais pu tous les faire !) Et là, je me rends compte que mes pouces bleus, personne n’en veut… (En même temps, les pouces verts, c’est mieux!)

Petite question sur mon moteur de recherche : « F******k en panne ? »
Rien de récent…La goutte de sueur commence à perler sur mon front…
Je vérifie la messagerie privée, ça a l’air de fonctionner… Pour I*******M, je ne vérifie pas ! J’ai deux comptes que je n’utilise que très rarement…
Je fais un petit tour sur WP quand même, au bord de la crise de nerf…

En me retournant vers mon fils, je me souviens qu’il n’a pas de compte, parce qu’on lui a interdit et que « de toute façon, c’est pas grave, parce c’est pour les vieux ! ».

Je réfléchis un peu (Oui, ça m’arrive !) J’ai sûrement été hackée… Petit compte confidentiel (quinze amis, je vous dis!), peu d’intérêt selon moi…Pour autant, et pour peu qu’on n’y comprenne pas grand chose, les voies de Dieu ne sont pas les seules impénétrables… Je me bénis (De temps en temps, il faut le faire, ça fait du bien!) de le nettoyer très régulièrement…
Et je pense douloureusement aux messages horribles que mes amis doivent recevoir à l’instant même… Mais que puis-je faire?

Deuxième tentative sur mon moteur de recherche :
Oh ! Je tombe sur le site Downdetector (Lui, je le mets en toutes lettres, parce que pour l’avoir utilisé plusieurs fois, je le trouve très pratique dans notre monde connecté!). Ce site, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un site sur lequel on peut signaler les pannes des App, des opérateurs téléphoniques (À ce titre, je conseillerai, tout bas, aux personnes qui, pour couper court à une discussion téléphonique prétextent un problème réseau de se méfier et d’utiliser plutôt le fameux « passage dans un tunnel », parce que grâce à ce site, ça se sait en temps réel, et géographiquement parlant c’est très précis), et chater pour te sentir un peu moins seul…
– Je ne peux plus commenter, ni publier !
– Moi, je n’arrive plus à me connecter sur le smartphone, mais sur le PC, c’est ok…
– Ici, Je peux tout faire, sauf les jeux (Tu veux pas jouer ailleurs, y en a qui ont des vrais problèmes, là !)
– J’ai eu ce souci. J’ai désinstallé et réinstallé l’app et maintenant tout fonctionne !

Bref…
L’effet est fait ! Je me sens moins seule…
Mes fantasmes de piratage (sans Jack Sparow) dépassées, je désinstalle et réinstalle l’App… Erreur fatale !

Sauf que là, ce n’en ai pas une, d’erreur fatale (Spéciale dédicace aux anciens de l’informatique…enfin du traitement de texte, comme moi !), c’est une « erreur 2″…
Problème de connexion… Réessayez ultérieurement : Erreur 2.

Dans ma petite tête, « ultérieurement » signifie « tout de suite « ou le genre de tentatives de connexions compulsives qui pourrait aboutir (mais là non puisque ça ne veut pas rentrer !!!) à une attaque de déni de service !
Ça ne marche pas, on te dit que ça marche pas, mais tu y vas, hein ?!? Parce qu’à toi, et ben, on ne te la fait pas…
Ce serait un peu comme être devant une porte d’entrée à laquelle tu frappes, sans arrêt… Tu frappes, tu frappes…Et le Monsieur de l’autre côté de la porte te dit : « Je n’ouvrirai pas ! Je n’ouvrirai pas ! »
Toi, tu continues!

La théorie de l’évolution fait peur parfois…

Au bout de plusieurs tentatives donc (et tout en me demandant combien d’erreurs réseau peuvent bien exister pour que , moi, j’ai tiré le 2), je me dirige vers mon bureau, vire Mambo 3 (C’était mercredi…) et essaie une connexion sur mon ordinateur…
Rejetée encore, mais qu’une seule fois… Le message que j’ai à peine le temps de lire sinon à risquer un incident familial d’envergure évoque que le site est en maintenance…

Troisième interrogation de mon moteur de recherche qui m’apprend que je suis au cœur d’une panne géante, probablement la plus importante de l’histoire (courte, certes…) et que toutes les App de la famille F******K sont aussi concernées…Tout ça n’arrange rien à mon affaire, mais à mon égo, si !

Mon fils ayant I*******M, je lui demande :
– I********M fonctionne ?
– Ben oui pourquoi ? (Je raccourcis pour faciliter la lecture mais je précise ici, et ce à toutes fins utiles, que ce n’est qu’au prix d’un long et pénible écho que j’ai obtenu cette réponse)
– Il y a une panne géante et mon compte F******K est out (En vrai, on dit « Down », pour le coup, c’est moi qui était « out » !
– De toute façon, F******K c’est pour les vieux !

Une fois que l’on sait ça…

J’étais tout de même rassurée, je l’admets… Et, ce matin, j’ai pu me reconnecter…
Lorsque l’on parlera de cette panne comme de la plus grosse (même si ce n’est que l’erreur numéro 2) et la plus longue (14 heures, en ce qui me concerne…Enfin 7 heures éveillées), je pourrai dire « J’y étais » !

Mais lorsqu’on me demandera pourquoi… Je ne pourrai pas répondre…
Une énorme attaque informatique (mais pas Ddos, ils ont dit…) ???
Un complot global fomenté par un réseau qui veut prendre le contrôle de la planète et dont seul James Bond a pu nous sauver ???
Un monstre sous-marin sorti tout droit d’un bouquin de Jules VERNE qui a bouffé un câble ???

Prenons un peu de « hauteur » :
Combien ça a couté en manque à gagner ?
Quels moyens ont été mis en œuvre ? Combien ça a couté en flux réel?
Est-ce que des données ont été pompées ?
Est-ce le début d’une longue série ?
Faut-il fermer son compte ?
Et le reste ? Et les autres ? C’est pareil ?
Mais ça craint, non ?
C’est le changement climatique ? La fonte des glaces polaires ?

Bienvenus dans notre petit village planétaire…

À très vite,

PS : En parlant de village, les * sont surtout là pour éviter le référencement. Je ne sais pas de quoi il en retourne, mais je remercie les équipes de F******K pour avoir réparé cette panne si rapidement.

Sources Gif : giphy.com

 

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Entre ciel et terre, récolte féérique ce lundi!

Alors que PatchCath commence avec un mot MERVEILLEUX, Ecri’turburlente et Lydia rappellent la collecte à l’ordre avec CONSOMMER et MARIAGE… Oui, oui puisqu’il faut consommer le mariage pour avoir beaucoup d’enfants…

 

Ghislaine et Adrienne se sont entendues pour nous offrir un beau bouquet de FLEUR de SOUCI.

 

L’Ornitho a proposé MEGERE et, sans attendre, je signale immédiatement que le pendant masculin existe. Voyez plutôt :

 

Peut-être samedi saurons-nous ce qu’est devenue la FRATRIE de Lilou…

 

Mind The Gap et Biancat nous ramènent à la raison avec UTOPIE et HARASSE.

 

Mais pour Nadège, il est toujours temps de se raconter une HISTOIRE.

 

Laurence Délis, les pieds sur terre (cette fois), nous propose FERTILE.

 

Et Célestine, à revers, nous berce d’ILLUSION.

Voici donc les mots :

MERVEILLEUX
CONSOMMER
MARIAGE
SOUCI
FLEUR
MEGERE
FRATRIE
UTOPIE
HARASSE
HISTOIRE
FERTILE
ILLUSION
CELEBRER
CONTE
CENSURE

Ce qui fait quinze mots en tout, avec les trois que je dépose.

Vous pouvez en laisser un de côté si vous le souhaitez!

Vous avez jusqu’au vendredi soir, 20h00 pour déposer les liens de vos textes, ci-dessous!

Additif du 17 janvier : En déposant vos liens sous le billet, pourriez-vous indiquer le titre de vos oeuvres, pour celles qui en ont un bien entendu.

Et souvenez-vous que le thème soumis pour la récolte n’est pas une contrainte pour l’écriture, à moins que vous le décidiez !

À très vite…

Source Gifs : giphy.com
Source photo : pinterest.fr

Les Plumes d’Asphodèle 5-2019 La collecte du lundi

Aujourd’hui, ce n’est pas un mot que je vous propose pour thème, mais une phrase.

Je vous rassure, rien à voir avec un éventuel burn-out maternel mais directement inspirée par la Journée Internationale des Droits de la Femme :

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… »

Si vous souhaitez participer, laissez vos mots en commentaires de ce billet (fermeture à 20h00) et en MAJUSCULES, s’il vous plait.

À très vite,

Emilie

Source gif : giphy.com

LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 4-2019

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux troisièmes PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Ghislaine avec La Faucheuse
Lydia avec La Baronne
PatchCath avec Pauvr’Fille
MTG avec De vie à très bas.
CarnetsParesseux avec L’histoire de Ramasse-Miette le petit coq
Ecri’Turbulente avec Reine Gertrude en son miroir
Laurence Délis avec Peindre le vent
Adrienne avec A comme Asphodèle
Celestine avec Les gens qui font du bien

Les mots à utiliser étaient les suivants :

SAC MOULIN BEAUTE POULE FOLIE VEILLER MALICE ESSUYER SEL SABLE BLE PEAU PAPIER PARSEMER
Vous pouviez en laisser un de côté, si vous le souhaitiez.

Voici ma participation juste en dessous. J’avoue que j’ai laissé POULE de côté!

Folie jumelle qui éteint celles nées de la nuit.
Sur ton corps, veillent soie du soleil, sable et sel.
Duo cruel, beautés duelles, débat sans arme.
Ta peau papier…Mots parsemés…Or du commun.
Malice qui deale, la drogue idylle, que l’aube essuie.
Jardin d’Eden, d’amour et haine, originel…
Sous les paupières, la fièvre derrière un sac de larmes
Moulin à rêves, regain sans trêve d’un blé sans grain.

©Emilie Berd le 28 février 2019

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 11 mars.

LE SERPENT QUI DANSE

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon coeur !

Charles BAUDELAIRE

 

Peintures de Gustave Klimt
Image 1 : Danae
Image 2 : Freya’s Tear
Image 3 : Hygeia La partie Basse de la Medecine