SEPTEMBRE

L’été qui se termine, ça fait penser à une fin d’histoire d’amour… Tu t’y attends et pourtant ça fait bizarre, toujours…

Avec le mois de septembre en prime, humide, ravageur budgétaire, et torpilleur du moral…
Tu aimerais bien traîner un peu la patte, mais même pour une procrastinatrice confirmée, c’est de la haute-voltige, du saut en chute libre… Ce n’est pas possible.

D’abord, il fait gris, un gris si sale que même la pluie hésite à tomber… Chez les températures, en tout cas, aucun flottement. Tu te retrouves à retourner les armoires, pour mettre la main sur un pauvre jean et un gilet dans lesquels, de toute façon, tu ne rentres plus… Car, oui, aujourd’hui, dans le miroir, tu vois les Aperol Spritz des soirées de juin que tu dégustais en te disant que, « après tout, c’est les vacances »… Tu vois les frites que tu dévorais quand tu étais en voyage, parce que là où tu étais, ils ne connaissent pas la baguette, et l’amour (et le manque) rendant aveugle, tu t’es dit que, « après tout, les frites remplaceront bien le pain ».
Tu essaies de reprendre le dessus… Ces bourrelets là…C’est un peu comme une carte postale que tu te serais envoyée à toi-même, ça reste des souvenirs…

Mais une fois sortie de ta bulle, c’est encore une autre affaire : ça se bouscule dans l’essaim, ça bourdonne, ça bouchonne et contre cette effervescence, tu ne peux rien… Tu contemples, effarée… Tu ne peux même pas participer parce qu’en vraie flemmarde, tu avais tout prévu, avant mi-juillet. (Je fais partie de ces personnes qui, à défaut d’adaptation, passent leur temps à anticiper… Alors quid du temps présent, me direz-vous ? Mais c’est un autre sujet.)
J’entends déjà les « oui, mais toi tu as le temps… Tu ne travailles pas… ». Pourtant, cela n’a rien à voir avec l’idée terrorisante d’aller dans un supermarché le week-end précédant la rentrée ! Rien à voir avec une sorte de méfiance viscérale à l’encontre de cet instinct grégaire qui nous pousse à faire tous la même chose, en même temps, dans une Communion célébrant la beauté de l’espèce humaine. Pour preuve, je vais souvent faire les courses de Noël, le 24 décembre ! C’est surtout que si je ne frappe pas le fer tant qu’il est chaud, je me connais : mes enfants iraient en classe avec un sac Leclerc ou au mieux Super U, en guise de cartable. Je ne peux pas leur faire ça. En plus, l’ainé est plus grand que moi, à présent. Faut que je fasse gaffe…

Du jour au lendemain, tu changes de planète. Il est vrai que le mois d’août n’est pas le plus bouleversant. Pour le coup, avec trente et un jours de suite qui ressemblent tous, de près ou de loin à des dimanches, c’est clair que septembre, tu le prends en pleine face, direct et sans sommation… Une boule te monte à la gorge et tu n’as plus qu’une envie, c’est de regarder encore une fois et le plus vite possible « Seul sur mars ».
Tout se presse ! Tout va plus vite ! Sauf sur la route, évidemment…Ce n’est pas tant le fait de conduire au pas qui dérange :  depuis le 1erjuillet, tout le monde roule à 60km/h. C’est juste étonnant… À croire qu’on a organisé un programme d’accélération du changement climatique dans la nuit du 31 août au 1erseptembre, et que tu n’étais pas au courant…
En réfléchissant un peu, tu aurais pu te douter que quelque chose se tramait. Depuis une petite semaine, l’ambiance est électrique à la maison. Y a un parfum qui traine entre le trac et l’excitation… Les enfants se précipitent et palpitent. La petite fait et défait son sac, pendant que les deux grands se demandent comment s’habiller le jour J.

L’émotion palpable dans l’air alors que l’aventure se meut et s’avance jusque dans leurs rêves pour leur donner envie.
Envie de revoir les copains, de s’en faire de nouveaux, de voir à quoi ressemblent les professeurs.
L’été qui se termine, c’est une nouvelle année qui commence. En plus, l’hiver est encore loin. Et puis, va savoir… Peut-être que l’été, il se cache juste en attendant de jouer avec l’automne aux cows-boys et aux indiens.

©Emilie BERD 1erseptembre 2018

5 réflexions au sujet de « SEPTEMBRE »

  1. J’aime cette émotion de fin d’été qui fait ressentir le début d’automne sans pour autant que l’un ou l’autre ne joue les gros bras. Je crois qu’ils se confortent mutuellement, pour se préparer aux grands froids qui gèleront toute velléité d’exposer en extérieur autre chose que la raclette à dégivrer les pare-brises.
    Laissons-les enfiler leurs petites laines, celles qui mettent en valeur, encore, quelque peau bronzée, même si ton auto-carte-postale te dit que sous le bronzage-les-frites.
    Et si la pluie hésite à se mouiller dans un ciel grisonnant, c’est qu’elle sait que sous-les-nuages, il reste encore un peu de bleu qu’elle a peur de salir.
    J’aime beaucoup ce texte, Émilie ❤

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  2. Je copie sur ma copine de cahier de vacances (Martine pour la nommer) pour dire que j’aime beaucoup ton texte nostalgique et plein d’autodérision…)
    Pour moi cette rentrée est aussi un peu la dernière avec ma grande fille que tu connais et qui rentre en terminale (l’an prochain ce sera études universitaires et forcément loin de la maison ….😿😿)
    Bisessss

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  3. J’aime beaucoup ta dernière phrase… (tout le texte, aussi, bien sûr, mais beaucoup la dernière phrase, pleine de ta poésie inimitable)
    L’été n’est pas fini, pour moi, cette année il a la couleur de l’amour, et puis je ne vais plus au supermarché, résolument.
    Bref, j’ai décidé de prendre le contrepied du courant général…mais tu me connais, est-ce que ça t’étonne ? 😉
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. Je ne suis pas du tout dans la même réalité que toi, mais quand tu écris que le mois d’août ressemble à 31 dimanches, alors je comprends pourquoi je hais l’été…enfin sauf les vacances hein, l’été ne devrait servir qu’à être en vacances , voir du pays, casser le quotidien , sortir de sa maison et de sa bulle.Et du coup, Septembre j’aime bien et même l’hiver…bon cette année si ça trouve je vais le trouver rude…certainement, je m’attends au pire pour tout de toute manière !
    Ceci dit, le sac en guise cartable, ça peu être hyper fun et classe, mais fait pas un sac Leclerc… 😀
    Bisous, joli texte, tu racontes bien ton intérieur intime…tu devrais écrire !

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