AILES

Tu me prends pour un drôle d’oiseau, prêt à te mener en bateau, à te bercer de ritournelles tendres et incroyables… À t’offrir comme un cadeau, une ribambelle pitoyable de mensonges et de maux.
Suis-je donc un si traître sir, qui ne chercherait qu’à vouloir te tromper avec des histoires, des délires de toute sorte puis les laisser lettre morte ?

Tends-moi un L et je serais ces voyelles qui sauront t’envoler.

Tu es ce miracle ma belle, les ténèbres et l’éclat, qu’une pâle aquarelle aux pastels délicats ne suffirait à croquer. Ton corps est cet autel, adorable adorée, où l’encens enfin se mèle à tes frissons agités…Et à ton goût un peu sucré, de chaleur et de cannelle, de prières exaucées…

Pas de corde ni de chaine qui nous lie… Juste la grâce de ces bretelles alanguies qui glissent sur ton épaule et que mon doigt frôle jusqu’à ton sein généreux et maternel. Tes baisers ne sont que tes mots, rubans de dentelles qui t’échappent infidèles et réveillent ma peau.

Si un jour tu voulais te retourner, m’abandonner, t’enfuir, plutôt que te retenir, je te ferais statue de sel, à mes yeux, rivée, et à mon désir, immortelle.
A tes pieds, vestale aux courbes figées, je pourrais t’admirer à genoux, éternelle, à en devenir fou. La passion me dévorant, mon délice et mon châtiment, balancelle désaxée où vacille ma raison…
Et tu deviendras cette stèle, passerelle sacrée entre tes jours infinis et mon amour sans condition.

©Emilie BERD 13 juin 2018

Pour les Plumes d’Asphodèle reprise par Mind The Gap (ici)

Il fallait placer les mots suivants : Aquarelle Voyelle Mirabelle Maternelle Stèle Eternel Bretelles Ribambelle Infidèle Dentelle Cannelle Passerelle Balancelle Ritournelle

J’ai pris une petite liberté avec Mirabelle.