POEME MINUTE !

LE FIL

Au fil de la vie,
comme du linge mouillé
qu’on étend,
Les larmes en suspens,
et les rires aussi
ici et là oubliés.
Au coeur de ces fibres,
le frisson s’écoule
en gouttes de sang
Secouées par le vent,
les billes libres
tombent et roulent.
Dans les nuages orange,
elles se mélangent
et pleuvent en rang
En orage puissant
qui meurt en rivière
dans une blessure de la terre.
Le long de la vie,
comme du linge battu
qui attend
Les larmes asséchées,
et la peau aussi,
au fil suspendu.

©Emilie BERD 28/02/2018

WUTHERING HEIGHTS- KATE BUSH

Out on the wiley, windy moors
Dehors, sous le vent de la lande mystérieuse,
We’d roll and fall in green.
Nous tombions et nous roulions dans l’herbe,
You had a temper like my jealousy :
Tu avais le caractère tout comme ma jalousie :
Too hot, too greedy.
Trop vif, trop avide.
How could you leave me,
Comment as-tu pu me quitter,
When I needed to possess you ?
Quand j’avais besoin de te posséder,
I hated you. I loved you, too.
Je te détestais. Je t’aimais, aussi.

Bad dreams in the night.
Des mauvais rêves dans la nuit,
They told me I was going to lose the fight,
Me disaient que j’allais perdre le combat,
Leave behind my wuthering, wuthering
Abandonnant mes
Wuthering Heights.
Hauts de Hurlevent,

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Ooh, it gets dark ! It gets lonely,
Oh, tout devient sombre ! Tout devient solitaire,
On the other side from you.
Loin de toi,
I pine a lot. I find the lot
Je me languis tellement. Je trouve que le destin
Falls through without you.
Tombe à l’eau sans toi.
I’m coming back, love.
Je reviens, mon amour,
Cruel Heathcliff, my one dream,
Cruel Heathcliff, mon seul rêve,
My only master.
Mon seul maître,

Too long I roam in the night.
Depuis trop longtemps j’erre dans la nuit,
I’m coming back to his side, to put it right.
Je reviens à ses côtés, pour tout arranger,
I’m coming home to wuthering, wuthering,
Je rentre chez moi aux
Wuthering Heights,
Hauts de Hurlevent,

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Ooh ! Let me have it.
Ooh ! Laisse-moi l’avoir.
Let me grab your soul away.
Laisse-moi saisir ton âme au loin.
Ooh ! Let me have it.
Ooh ! Laisse-moi l’avoir.
Let me grab your soul away.
Laisse-moi saisir ton âme au loin.
You know it’s me–Cathy !
Tu sais que c’est moi–Cathy !

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold !
Je rentre à la maison. J’ai si froid !
Let me in-a-your window.
Laisse-moi entrer par ta fenêtre.

Heathcliff, it’s me– Cathy.
Heathcliff, c’est moi– Cathy
Come home. I’m so cold ! (x2)
Je rentre à la maison. J’ai si froid ! (x2)

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Ce matin

Les enfants qui restent bloqués sous la couette,
Le car de transport scolaire qui ne passe pas,
C’est un matin de rentrée comme les autres …
Les cris stridents au moment de s’habiller,
La polaire qui trempe dans le café brûlant,
Il fait froid.

Dedans, ça va… On a chaud au corps et au cœur.
Et puis, on jette un coup d’oeil dehors… « Regarde ! Il neige !!! » mais c’est seulement le gel qui s’éparpille en suivant les rafales de la bise, pour nous prévenir qu’il est bien là.
Il nous met en garde derrière les vitres de la fenêtre de ne pas nous fier aux innocents airs de ce ciel d’un bleu si clair…

Les enfants qui multiplient les couches comme des oignons,
La voiture qui démarre mais on sent qu’elle en a marre,
Il fait froid…
Maman qui repart tranquillement avec le cartable,
Et la petite fille au portail qui l’appelle en riant aux éclats,
C’est un matin de rentrée comme les autres…

Sous les doudounes, ça va… Un peu tendus peut-être
Et puis, on jette un coup d’oeil aux autres… On a tous le nez rouge et le sourire aux lèvres… Et ce regard complice et solidaire qui n’exige aucun mot. Le partage muet d’une sensation qui pique mais qui fait du bien : « Putain ! Ce matin, ça caille vraiment ! Mais qu’est-ce qu’on se sent vivant !!! »

L’amour rend aveugle

Les lèvres sont serrées, un peu crispées parfois.
Même un sourire léger s’esquisse du côté droit.
À bien des endroits et dans combien de bouches
Démange cette loi, cette épée qui fait mouche.

Au creux de l’estomac, gonfle le mensonge
Et remonte d’en bas, ce goût amer qui ronge.
Une sale habitude, un vide plein de bon sens
Peut-être la solitude en légitime défense…

Ou des cœurs si las…Aux larmes artificielles…
Aux Eden sans éclat autre qu’industriel
Des âmes si usées que l’amour y ruisselle
Dans de tristes travées au tracé rationnel…

Pourtant si c’était vrai… et s’ils avaient raison !
Si cette cécité était la seule rançon…
Qu’on m’arrache les paupières, et qu’on les piétine
Pour laisser cette lumière me cramer la rétine !

Séduite et ardente, je reconnaitrai ta voix.
Et cette vie perçante sera ma vue à moi.
Eblouie mais à toi, je ne lirai rien de plus beau
Que, du bout des doigts, la douceur de ta peau.

Ma nuit et tes rêves seront ma seule maison.
Oui ! Qu’on me les crève ! J’irai bien à tâtons !
A moins que sur cette voie, tu assures mes pas,
Les aveugles sont rois, dans ce royaume-là.

©Emilie BERD 22 février 2018