AZUR

Des volutes vrillent et volent dans un souffle glacé…
L’hiver s’avance, insolent. Le vent lui ouvre la voie.
Les fissures de ma terre, fragiles, sont déjà tracées,
Eventrées dans un lourd fracas. Là, tout devient froid.

Soudain, plus rien ne s’affole. Le silence s’esquisse.
Pour un court instant, l’air même semble en suspens,
Avant que le tonnerre mette le ciel au supplice,
Qu’il ne le passe à tabac de ses coups de feu ardents.

Les fumées du sous-sol fendent l’ombre effrayante.
Un parfum de fer et de sang progresse en surface.
Le désordre et l’enfer en dessous s’impatientent !
La lumière flotte en éclats de verre dans l’espace.

Quelques flammes, frivoles, valsent, rouges d’ivresse,
Et embrasent en dansant, par leurs baisers fébriles,
Les feuilles éphémères qui cèdent sous les caresses.
Elles dévorent, fervents soldats, ces prises si faciles.

Le monde dégringole, s’enfonce dans cet abîme.
S’assombrit en s’offrant à ces démons rebelles.
Quand du gouffre grand ouvert, une main s’anime.
Un ange me tend ses bras. C’est l’azur qui m’appelle.

©Emilie BERD 10/11/2017

14 réflexions au sujet de « AZUR »

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