MON FILS

Tu sais, dans mes colères, les prisons et l’Enfer,
L’échec et l’aveu.

Tu entends ramper le lierre d’argent et de poussière
Dans mes cheveux.

Tu vois dans mes attelles, des liens qui s’entremêlent
Et cachent tes yeux.

Tu sens pousser ma peur et les épines dans mon cœur,
Déjà si vieux.

Je sais dans mes regards, les tristesses et les gares,
La fin encore.

J’attends en silence les larmes de ton absence,
Seule dans le décor.

Je vois dans tes révoltes, les étincelles, les volts,
Tes météores.

Je renifle en cachette l’odeur de lait sur ta tête,
Noisette et or.

Faudrait que je déguise les démons qui t’épuisent
Souvent la nuit.

Faudrait qu’j’te répète les airs qui m’entêtent
Puis m’ennuient.

Mais chaque jour qui passe met toujours plus d’espace
Entre nous deux.

Et chaque jour qui reste t’éloigne sans conteste
M’efface un peu…

©Emilie BERD 13/02/2017

27 réflexions au sujet de « MON FILS »

  1. Quelle magnifique déclaration ! Hé oui, ils savent parfois de nous bien plus qu’ion ne croit et on sait qu’ils partiront un jour vivre leur vie : « le lierre d’argent et de poussière qui poussent dans nos cheveux », « les tristesses et les gares »… C’est sublime Emilie ! Gros bisous♥

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  2. Ha voilà, je me demandais pourquoi  » mon fils » … tu as quand même un peu le temps avant les gares et les départs…tu vas pas t’en tirer comme ça, va falloir d’abord passer par la case adolescence…
    Joli texte encore une fois, certaines strophes sont vraiment belles. Bisous !

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  3. Bonjour Emilie. Un très beau texte sur une sorte de hantise que nous avons presque tous connue à des degrés divers. C’est ça le verbe aimer. Très émouvant, bouleversant, et ça, quotidiennement.

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  4. « Mais chaque jour qui passe met toujours plus d’espace
    Entre nous deux. »

    Et j’ai été triste moi-aussi, un temps, lorsque je sentais bien qu’ils pouvaient vivre leur vie, loin de moi, loin de nous. Il aurait suffi de si peu de choses pour les perdre de vue, pour ne plus croiser leur route.
    Mais non ! Mais non ! Il arrive très vite le temps des retrouvailles. Pas physiques, celles-là ont toujours été là, mais celles de l’affection, de la compréhension, des pardons, des silences complices, des rires à nouveau partagés sans arrière-pensées.
    Oh que c’est beau et bon d’être maman !
    Peu importe leur âge, à nos gaillards. Ce lien, personne ne peut le rompre.
    Bon anniversaire à ton grand de 11 ans et profite bien de l’odeur de lait sur sa tête.
    PS : un conseil, évite d’y plonger le nez après les heures de récré ou de sport !
    Je redécouvre « cette bonne odeur » dans les cheveux de Clément ! 😀
    Bisous Émilie.

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  5. Rien n’efface jamais une maman, tu le sais bien !
    Bouh, tu m’as retourné le coeur !
    Tu es très forte, je ne dis jamais trop, parce que jamais trop !
    Gros bisous et bon anniversaire à ton petit grand qui a bien de la chance sans le savoir encore.

    Aimé par 1 personne

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