Les saisons assassines

Envolés les oiseaux virtuoses
Les voilà voraces au repas
Sur les cadavres, sales et froids,
Dont la terre n’a pas voulu.

Perdus les rayons mandarine
Poudrant les peaux nues alanguies.
Seule la fumée des feux et du fer
Vient s’affaler sur les grèves.

Car il est des printemps qui posent
Leurs empreintes à petits pas.
Et ouvrent grand de viles voies
Qu’à temps peu ont reconnues.

Les étés qui les suivent s’obstinent,
Saignent la mer, tuent sans merci.
L’hiver frileux reste à couvert
Appellerait de ses vœux une trêve

Si l’air maussade d’automne,
de ses accords monotones
n’avait figé la sève…

©Emilie BERD 21 décembre 2016

Écrit pour les jeudis poésie chez Asphodèle

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Tout le monde déteste la poésie

Hier soir, j’ai regardé en partie (c’est que je suis vieille alors je m’endors sur le canapé comme une chaussette sale que mon fils, qui commence sa crise d’adolescence soit-dit-en-passant, aurait « oublier » de mettre dans le panier à linge) un film sur la crise financière de 2008, « The big short : le casse du siècle » ou comment personne n’a vu venir la bulle immobilière, son éclatement (la crise des subprimes) et comment les rares qui y ont cru se sont gavés…

Je n’ai pas vu la fin (et je la verrai bientôt même si je la connais), mais ce que j’en ai vu m’a plu. C’est bien tourné, et on n’est pas dans les explications soporifiques (oui, d’accord, je me suis endormie mais j’ai les Mambos qui me mènent la vie dure en ce moment, surtout Mambo Number One). Je ne vais pas faire un article concernant la morale sur les marchés financiers et les traders cupides, etc…Je range mon manichéisme sur les tapis volants que je prends pour voyager…

Simplement, il y avait cette phrase, écrite dans le film :

« La vérité c’est comme la poésie…tout le monde déteste la poésie. »

Alors, par un syllogisme, qui vaut ce qui vaut (les syllogismes, c’est comme les stats, on leur fait dire ce que l’on veut!), je me suis dit que peut-être on aimait la vérité… Et c’est là, je pense, que je suis partie rêver!