Les jeudis poésie chez Asphodèle

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ORAGE

Sans cesse, souffle le vent. Il appelle dans la nuit.
Il se sent si seul tant il a peur du noir.
Ses tristes hurlements sont fauchés par la pluie.
Il esquisse, errant, les contours d’un grand soir.

Intelligence et paradis ne sont qu’artifices,
Prières peu hardies pour apaiser le ciel.
Là, la colère infinie, en orage, hérisse
L’antique esprit par une peur irréelle.

Claquent les volets ! Grondent les fenêtres !
Le chaos éclate jusqu’au fond de l’être !
Craque le toit ! Tremble tes petites mains !
Mais ne crains rien ! Il fera si beau demain.

©Emilie BERD 24 mai 2015

AGENDA IRONIQUE DU MOIS DE MAI : LES RESULTATS

– Un deux, un deux, essai micro, un deux. Chers amis lecteurs, blogueurs, visiteurs, procrastineurs, nous voici rendus au 23 mai, jour tant attendu du résultat des votes de l’Agenda Ironique. Emilie ? Ah, vous voilà. OK, tout le monde est en place ? L’huissier est arrivé ? Bien… Alors ouvrons si vous le voulez bien l’enveloppe mystérieuse dans laquelle est niché le précieux secret.
-…
– Et bien, Emilie ? Je vous trouve bien distraite, ma chère…
– Euh…On ne procède pas au dépouillement ?
– C’est automatique, Emilie ! Les merveilles de la technologie, en somme.
– Donc, on a déjà les résultats, non ?
– Disons que certains, plus curieux que les autres, auront suivi au fur et à mesure la montée des pourcentages, et savent déjà qui est l’heureux gagnant du mois de mai, toutefois… peut-être que d’autres ont été kidnappés par un minitel… ça arrive, de nos jours… Bien, quoiqu’il en soit, pas la peine de se chercher des poux, il est temps. Emilie, je vous prie, procédez à l’ouverture.
– Camille ?
– Oui, Emilie, qu’y a-t-il ?
– Je crois que j’ai perdu l’enveloppe…
– …
– Mais oui, elle était là, et… ah, tiens, en fait elle est là. Oups, je… Bon, ben…
– Vous paraissez bien émue. Je me demande pourquoi… Procédons à l’ouverture car le public attend ! Rappelez-nous, chère Emilie, les détails de cet agenda ironique extraordinairement prolixe.
– Et bien, Camille, ce mois-ci, il y avait donc 20 textes en lice avec 16 auteurs participants. En outre, nous avons eu la chance de lire trois textes hors-jeu…
– Oui, Emilie… Je ne veux pas vous presser, mais je crois que nos blogueurs vont finir par s’ennuyer. Vous l’ouvrez, cette enveloppe ?
– Mais oui, vous avez raison ! J’en ai même vu deux sortir par l’issue de secours…
– Et bien hâtez-vous, nom de nom ! Vous rêvez encore !
– Désolée…Je me demandais si l’on bronzait sous ces projecteurs…
– Mais enfin, Emilie, qu’est-ce qui vous prend ? Nous perdons des lecteurs avec ces sempiternelles digressions… 
– Camille ! Il y a un souci…Il faut qu’on inverse ! Je ne peux pas… Allez-y, vous…
– Donnez-moi ça ! Bien, alors : le grand gagnant de l’agenda ironique du mois de mai est… Emilie ! Ah ben d’accord… Suivie de Michelle la Belette et Grumots ! Un trio féminin, donc, et de haut vol ! Bravo à toutes les trois. 
– Et la question qui nous brûle les lèvres, à présent : qui va organiser l’agenda ironique du mois de juin ?
– Ce sera Anne, si elle le veut bien ! 
– Et pour nous, Camille, l’aventure se termine… Tout est allé si vite…
– Oui, un grand moment de partage, on s’en est bien sorties, mais il est temps de passer le relais…
– Bah oui, c’est que l’eau a coulé sous les ponts… Et maintenant, que fait-on… On va boire un café ?
– Un café ? Voyons Emilie, c’est votre victoire, chose promise chose due : champagne et paillettes ! 

A scene from Warner Bros. Pictures’ and Village Roadshow Pictures’ drama “THE GREAT GATSBY,” a Warner Bros. Pictures release.

AGENDA IRONIQUE DU MOIS DE MAI : LE VOTE

Camille ayant eu la bonté de m’arracher à mes archaïques ravisseurs, me voici enfin, ravie aussi, mais, aujourd’hui, par l’enthousiasme de vous proposer le vote pour le texte que vous avez préféré ainsi que celui pour le participant que vous aimeriez voir héberger l’Agenda Ironique du Mois de Juin.

Effectivement, la fin du mois de Mai approche et en attendant le prochain thème, celui du mois de Juin, qui j’en suis sûre (à défaut d’être fumeux) sera fameux, voyons ce qui s’est passé En attendant le prochain pont!

Les textes ont coulé à flots, avec des plumes fines et maîtrisées:
Le Slam de Valentyne, arrivée au galop, et sa récidive par un deuxième slam;
La Licorne avec son Pont Couvert;
Grumots et son Histoire de définition;
Patchcath et son hommage à la Libération
Carnets Paresseux avec la Sentinelle Perdue
Camille et son mâle de l’air
Asphodèle et « D’une berge à l’autre, le dernier pont »
Martine qui réconcilie dans un tour de force les Ponts et Chaussées
1patte dans l’encrier, sûr que tout vient à pont à qui sait attendre dans un premier texte, tend un pont vers notre coeur, dans un second.
Jobougon qui fait sa révolution puis réitère avec le pointilleur des émois
Laurence Délis avec « En attendant le prochain pont »
Jacou et son dialogue rythmé
Rx Bodo et Blaise au coin du pont
Monesille qui voulait vraiment nous raconter quelque chose
Anne de Louvain-la-Neuvre et L’arrivée fracassante de Sibélius
Michelle La Belette et son pèlerin habile
Et votre serviteur, qui vous proposait un rendez-vous.

Vous retrouverez également tous les liens chez Camille.

J’espère n’avoir oublié personne! Si tel était le cas, je sollicite votre indulgence. N’oubliez pas, que j’ai voyagé dans le temps ces derniers jours et ma mémoire n’est plus ce qu’elle était! Et n’hésitez pas à me le faire savoir ci-dessous!

Comme le mois de mai, on fait ce qu’il nous plait, certains esprits frondeurs et ironiques participent hors-concours, comme Martine avec un dialogue tout acidulé, Carnetsparesseux avec En attendant le prochain pont, et Jobougon avec Ponts dans l’eau.

Bien! Après ces belles lectures, passons au vote si vous le voulez bien.

D’abord, celui du texte. chaque votant peut voter pour trois textes (toute ressemblance avec les modalités mises en œuvre par Carnets n’est pas du tout fortuite!). Les résultats seront publiés le 23 mai.

Puis, celui pour désigner celui ou celle que vous aimeriez voir héberger l’Agenda Ironique du Mois de Juin:

 

 

Très bonnes lectures…

AGENDA IRONIQUE DU MOIS DE MAI

Ce mois-ci, le thème de l’Agenda Ironique est « En attendant le prochain pont« .

Voici ma participation.

RENDEZ-VOUS

Le long des chemins, l’ange avançait. Il avança ainsi durant des mois, des années peut-être…Revenant sans hésitation à son point de départ, lorsqu’il s’était égaré…Sans relâche et jusqu’au bout, jusqu’à ce jour où la terre attendue lui tendit les bras.

Les repères que sa mémoire comptait étaient là : le vieil arbre du pendu qui dégageait une odeur de pluie en secouant ses branches, la rivière sombre qui défilait sans bruit le long de blocs de pierre mousseux et le ciel pourpre, dont il pouvait admirer le pouls tressauter en éclats électriques.
C’était la première fois, depuis le début de son voyage, qu’au-delà des monts s’étalait un ciel d’une telle couleur. Ce n’était pas un mirage causé par son épuisement, ce n’était pas un rêve puisqu’il ne dormait pas, c’était le sang des empereurs versé dans la plaine qui remontait pour inonder le firmament.
Cette lumière pauvre laissait échapper du sol des ombres tristes qui ressemblaient à la mort. L’herbe désolée se couchait dans leurs larmes…Il était au bon endroit.

Il s’assit sur le bord de la route, relevant ses grandes ailes pour ne pas les salir. Il ouvrit son sac en bandoulière, prit sa gourde en cuir et bu quelques gorgées. Son expédition n’était pas terminée. A présent, il lui fallait attendre. La patience était l’une de ses plus grandes qualités…Il avait été choisi pour cela. Il savait se battre évidemment, mais du monde où il venait ce n’était pas une exception… « Un signe apparaîtra devant toi », lui avait-on appris…Il fixait l’horizon pour ne pas rater la brèche. Il était prévu que s’ouvre une porte, un passage en quelque sorte. Il ne savait pas vraiment où. Il ne savait surtout pas quand. Il savait que le pont qui lui donnerait accès à la Terre se révèlerait ici. Il avait une mission importante à y effectuer…Cette ouverture n’apparaissait que tous les deux mille ans, à peu près…Il ne fallait pas la laisser passer !

Les heures passaient comme l’eau qui coulait à ses pieds, lente, en silence… Il remarqua des mouvements réguliers qui ondulaient à la surface. Il n’était pas rare, dans ces contrées de rencontrer des créatures étranges. Elles n’étaient jamais hostiles. Il observait ce manège, curieux et amusé. Parfois, il entendait de petits clapotis, et des bulles d’air qui éclataient, en rire groupé, dans des notes de musique. Parfois, il sentait sur sa peau le frisson délicat d’une douce berceuse, celui qui glisse amoureusement quand l’éveil se rend au sommeil mais que l’œil implore quelques secondes encore… Une fois, il s’approcha de la rive.

Il vit son propre reflet, et juste après, il vit le visage d’une jeune fille qui lui souriait…Ses yeux d’un bleu-argent contrastaient avec l’eau noire. De ses hanches, tombaient deux courbes en écailles émeraude qui s’achevaient en nageoire. Il voyait dans son regard le tout et le rien, le commencement et la fin. Les dents blanches de la sirène mordaient dans l’esprit de l’ange, une morsure que seule sa bouche humide aurait su goûter. Elle était belle.

Dans une éclaircie magique, le jour se fit. La beauté découverte façonnait tout à l’entour. De l’apocalypse, l’environnement devint merveille. Le soleil en paillettes flottait autour d’eux. La vie se réveillait, l’oiseau au ciel, l’agneau sur la terre et, sur l’eau, dansaient un cygne et quelques canards. Il était heureux.

Quand le ciel s’ouvrit hurlant par orages la douleur de sa plaie béante, l’ange ne bougea pas. Quand le pont s’offrit comme la récompense de ses efforts, comme l’espérance à tire d’ailes, l’ange le désavoua. Il ne pouvait quitter cette vision d’amour qui s’étendait, cette promesse de passion qui l’attendait. Et alors que le ciel pansait sa blessure, alors que le pont s’effaçait, la sirène lui prit la main et lui murmura : « Allez, viens…en attendant le prochain… »

©Emilie BERD 13 mai 2016

643 mots

 

Les Plumes d’Asphodèle n°52

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Les mots imposés sont les suivants :Bleu, cauchemar, vertige, avion, tremblement, sursauter, vulnérable, coller, ventre, eau, téméraire, inspirer, méchante,  bouleverser.

Et nous devions insérer les trois titres de livres ci-dessous :

L’adieu aux lisières (de Guy Goffette)
L’étoile d’argent (Jeannette Walls) (roman)
La femme en vert (d’Arnaldur Indridaso,) (policier).

Voici ma participation aux 52èmes Plumes d’Asphodèle.

PEUR

Elle sentait son souffle si court enflammer ses poumons. Lorsqu’elle inspirait, des milliers de lames lacéraient son ventre. Depuis combien de temps courait-elle ? Elle ne le savait pas vraiment…mais cela faisait un moment déjà qu’elle avait fait l’adieu aux lisières du bois. Ses jambes allaient lâcher ! Et sa tête était prise de vertiges. Elle était obligée de s’arrêter. Elle savait que cela la rendait vulnérable, mais elle n’en pouvait plus !

Si on lui avait demandé ce qu’elle faisait là, dans cette forêt dense, elle aurait répondu qu’elle l’ignorait. Elle ne se connaissait pas si téméraire ! Et si on lui avait tendu une couverture, elle l’aurait prise sans hésitation. Celle de neige, qui ne la réchaufferait jamais, se répandait tout autour d’elle…Pourtant, aucun flocon ne tombait…Mais cela n’attira pas son attention.

Elle avait soif. Elle tira la langue pour goûter l’eau qui fuyait en énormes gouttes de son front. Sa chemise bleue lui collait à la poitrine.
La paume de sa main était douloureuse. Elle l’ouvrit et vit le sang perler en cinq points. L’étoile d’argent qu’elle serrait tant depuis le début de sa course l’avait joliment blessée !  Pourquoi la tenait-elle avec autant de détermination ? Elle ne s’en souciait guère car il lui semblait que sa vie en dépendait. Elle n’eut pas plus de temps pour s’attarder sur ses blessures, des aboiements la firent sursauter. Probablement, une horde de chasse avec chevaux, cavaliers armés jusqu’aux dents et tout le tremblement, mais elle ne devait pas céder à la panique! Qu’ils soient méchants ou non, elle n’avait jamais aimé les chiens, et ne souhaitait pas les rencontrer ! Elle devait repartir. Dans un effort incroyable, elle se releva et reprit sa cavale…

« –  Chérie, ça va ?
-Ou…Oui…J’ai fait un cauchemar terrible !
-Merci, je suis bien placé pour savoir ! Tu t’es mise à hurler « Par les anciens Dieux et les nouveaux, la femme en vert» !
– Et je t’ai réveillé ?
– Il y a peu de choses qui peuvent me tirer du sommeil à 4 heures du mat !!!
-Il faut que j’arrête de regarder GAME OF THRONES…
-Surtout si le lendemain, on doit partir en avion! »

©Emilie BERD 06/05/2016

434 mots tout compris

Agenda Ironique : la mouture conjointe du mois de mai est arrivée !

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-Bonjour Emilie !
-Bonjour Camille !
-Nous sommes très fières d’avoir été choisies pour assurer l’organisation du susnommé « Agenda Ironique » du mois de mai, concours d’écriture itinérant
et bon-enfant,
-Euh oui, Emilie…que les blogueurs avisés et inspirés se refilent de mois en mois pour le plus grand plaisir…
 -d’eux-mêmes.
-Emilie, si vous continuez à m’interrompre…
-Oui, pardon, ils n’y comprendront plus rien…Mais…on ne se tutoyait pas jusque là?
-Euh, si, en privé, mais là, Emilie, on est face caméra, en direct, on doit se tenir un minimum, on a une responsabilité, quand même…Bon, enfin, c’est pas la question, nous devons être claires si nous voulons que nos aimables participants aient le temps nécessaire pour nous éblouir de leurs plumes.
-Nous chatouiller, vous voulez dire !
-…
-Oups, pardon, Camille…Donc? vous disiez?
-Ahem…Bon. Donc, le principe de l’Agenda Ironique a fait ses preuves et rassemblé depuis plus d’un an une petite troupe fidèle d’amoureux des mots, créateurs d’univers,
Poètes débonnaires, conteurs survoltés,
Ciseleurs de réalité, inventeurs d’atmosphères,
-Jongleurs de métaphores et couturiers de l’imaginaire
-Chacun, ici, trouvera chaussure à son pied. 
-Eh, franchement, Camille, on assure trop grave en présentation, tu trouves pas?
Euh, oui,oui, Emilie, mais ce n’est pas fini car voici les règles du jeu :
Le thème est donné en début de mois par l’organisateur (ce mois ci, on est deux, comme quoi rien n’est impossible).
-Le thème pour mai est : En attendant le prochain pont.
La forme des textes est totalement libre, avec ou sans illustration, en rime, en prose, en vers, en verlan, en acrostiche, tout est possible. La longueur aussi est libre, mais comme le nombre de textes à lire ne cesse de croître de mois en mois, le mieux est d’être raisonnable et de se limiter à… disons… 700 mots max. Si vous dépassez, on vous coupe la tête. 
Je connais une blogueuse qui sort son martinet, dans ces cas-là…
-Oui, je vois qui…Elle se reconnaîtra! Les textes sont à écrire pour la date butoir du 15 mai, ce qui vous laisse deux semaines pleines pour affûter vos plumes et connecter vos synapses créatrices.
-Ce qui est plus que raisonnable, je trouve !
-Il me semble aussi.Pour plus de clarté, nous avons décidé que tous les textes seront déposés chez moi, Camille, vous pouvez donc placer les liens vers vos blogs dans les commentaires de ce présent billet, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 15 mai minuit (cachet de la poste faisant foi).
Je me charge de lister les textes proposés dans un billet mis à jour au fur et à mesure des dépôts. Les personnes sans blog peuvent envoyer leur texte par mail à l’une ou l’autre des organisatrices (camillelysiere@yahoo.fr ou emilieberd@orange.fr) et on s’en dépatouillera, c’est promis. 
-A partir de ce moment-là, vous avez une semaine pour tout lire, tranquillou, et voter pour votre préféré jusqu’au dimanche 22 mai minuit. Vous aurez aussi à choisir qui hébergera l’agenda ironique du mois de juin (la partie vote sera hébergée chez moi Emilie).
Le résultat des votes sera donc révélé (et le champagne sabré) le lundi 23 mai.
-Vous suivez ?
Donc pour résumer : 
            1er mai : diffusion du thème
            15 mai : fin du dépôt des textes
            du 16 mai au 22 mai : lecture et votes
            23 mai : diffusion des résultats
         23 mai au 31 mai : félicitations au gagnant, congratulations à l’élu organisateur de l’agenda ironique suivant, flash de paparazzi, clap-clap, champagne, gogo dancers, paillettes, sourires ultrabright, etc. 
-Allez, c’est pas tout ça, mais vous avez un texte à écrire, alors au taf, les copains. On vous guette. 

Emilie et Camille