Aujourd’hui, une chance

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Quelle chance existe t-il, aujourd’hui? Ne faudrait-il pas parler de risque, plutôt? Ou bien regarder haut dans le ciel et chercher les étoiles? Regarder vers le ciel pour y trouver une bonne étoile?

©Emilie BERD

366 réels à prise rapide proposés par Raymond QUENEAU

1- Ecrit sur le vif : Ok

2- Moins de 100 mots :35 mots

3- Elément réel : ok

Les Plumes d’Asphodèle n°46

imageLes mots imposés étaient les suivants :

belle, gardien, lapin, destin, envolée, fermer, souffle, partage, quitter, s’abstraire, voyage, cavale, réchapper, chose, respirer, poète, nid, rêve, vie, doux, fugue, oiseau, imaginer, balles, poudre,  bercé.

Un oiseau chante, ce matin. N’avaient-ils pas annoncé de belles gelées, pourtant ? Il n’y a plus de saison !
Le sommeil a été mouvementé.
Je ne sais pas pourquoi, j’ai fait des rêves curieux…Ce type en seconde à qui j’avais posé un lapin ! Il était plutôt marrant, doux…C’était plutôt platonique mais ma mère ne voulait pas que je sorte… alors, il a poireauté un moment !
Ma première fugue…De fugue, elle n’avait que le sens que celui que mon père lui donna. J’avais juste tardé à la fin des cours pour m’en griller une ou deux…
Et mon premier amour en Terminale A…Un vrai poète ! En plus, il avait une guitare, une gratte à deux balles ! Savait-il vraiment plaquer plus de quatre accords ? J’en doute encore ! Ses maigres talents lui attribuaient pas mal de succès, et la notion de partage qui est somme toute subjective, ne me convenait, dans ce cas, pas du tout !
La fac, je crois que ça a été le pire ! Mais le pire est toujours à venir…Les amphis aux bancs poussiéreux donnaient plus des envies de cavales que de destins académiques !
Puis mon bébé…Sait-on ce qu’est l’amour avant de prendre son enfant dans les bras ? Sait-on ce qu’est la souffrance avant d’acquérir la certitude que, quoiqu’il arrive, on nous séparera ? Le reste n’est que poudre aux yeux finalement. Bercé d’illusions, on en oublie l’essentiel, le cri primal, les bruits sourds de notre chair…
Cette nuit, un ange-gardien serait donc venu me prendre par la main pour m’emmener en voyage à travers mon passé…C’est quoi, cette odeur désagréable ?

Quelle plaie, cet oiseau ! Il m’empêche de respirer ! Ces envolées lyriques me collent une chape sur la poitrine ! Le nid doit être dans la grange. Difficile d’imaginer qu’il chante à tue-tête dehors, avec un froid pareil ! Chanter à tue-tête…Haut et grave parce que l’on a si froid que c’est la seule façon de se réchauffer…Fort et lourd lorsque l’on a si peur que c’est l’unique façon d’en réchapper…
J’ai l’impression qu’il s’approche.

Je suis si fatiguée…J’ai bien compris qu’il s’égosillait pour me réveiller. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux. J’aimerai tant dormir encore un peu…un tout petit peu…Il va bientôt manquer de souffle. Il va enfin s’arrêter, si je garde les yeux fermés, bien fermés… Faudrait que je trouve le courage de me lever. Aller boire un verre d’eau. J’ai envie de vomir. Ces relents d’after-shave m’ont filé une migraine ! J’ai du plomb dans la tête.
Pourquoi l’oiseau chante t-il plus fort ? Il faut que j’ouvre les yeux ! Pourquoi cet appareil bipe t-il si fort ? Il faut que j’ouvre les yeux ! A qui sont ces pas sur le sol, ces manches qui me frôlent, ces mains qui me touchent ? A qui sont ces lèvres agitées par cette logorrhée incompréhensible ? Tout ce sang serait le mien…Faudrait que j’arrive à bouger ! Et ce poids sur mes poumons…Peut-être juste un cauchemar, c’est la pleine Lune…Peut-être juste une méprise…Ai-je encore de l’espoir ? Suis-je là depuis longtemps ? Où sont les enfants ? Je n’ai même pas fait de testament ! Je suis si fatiguée…

Je n’avais jamais remarqué comme parfois l’idée de notre propre mort dérange moins…Un flottement qui ressemble à la résignation, un air de sérénité, un murmure d’éternité…Rien à confesser, rien à absoudre, juste le besoin de s’abstraire, de quitter les horreurs. L’impuissance acceptée, la paresse enfin admise…De toute ma vie, au moins, aurai-je terminé quelque chose…

©Emilie BERD 20/11/15

563 mots

Aujourd’hui une lumière

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Prise dans un tourbillon ténébreux, je suis la spectatrice de mes gestes, de mes faits. Je vois ma vie d’en haut, et cela ne me donne même pas le vertige. Aligner trois mots est un effort insurmontable, mais j’essaie de résister. J’espère que bientôt je réintègrerai mon corps, pour faire selon mes habitudes, ni plus ni moins…J’espère que bientôt mon esprit se réveillera et que cette phrase d’espoir lui reviendra « Et la lumière fut… »

©Emilie BERD

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1- Ecrit sur le vif : Ok

2- Moins de 100 mots :76 mots

3- Elément réel : ok

Aujourd’hui c’est parfois si simple de

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Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes aiment tant parler pour ne rien dire! Et que je te parle de la pluie, et du beau temps! Non, mais quand même! Est-ce que ce sont des sujets politiquement corrects? Le soleil brille comme il s’étale en plein printemps, les marguerites pointent leur nez (sans écharpe, elles vont bientôt prendre un coup de froid!) Oh, tiens! Je crois que j’ai trouvé une idée pour les Plumes chez Asphodèle! C’est parfois si simple!

©Emilie BERD

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1- Ecrit sur le vif : Ok

2- Moins de 100 mots :82 mots

3- Elément réel : oui et non

Aujourd’hui des bas des hauts

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Aujourd’hui, ça ne vole pas très haut…Quatre jours après ces terribles attentats…Alors que des blessés sont encore à se battre, entre la vie et la mort…Que font les parlementaires? Les guignols dans l’hémicycle! Un peu de retenue aurait été la bienvenue, alors que les marques de solidarité arrivent des quatre coins du Monde, que les anglais apprennent la Marseillaise, avant le match ce soir!!! Au risque de paraître vieux jeu ou bien ridicule…au risque de passer pour la blonde qui n’a (encore) rien compris, j’ai trouvé leur comportement peu convenable…petit…bas…Décidément, la représentation nationale, là-haut, a encore beaucoup de chose à apprendre de ce qui se passe en bas!

©Emilie BERD

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1- Ecrit sur le vif : Ok

2- Moins de 100 mots : 115 mots, mais je suis en colère!

3- Elément réel : oui et non

Aujourd’hui comme un fil d’Ariane

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J’ai un peu perdu le fil de mes pensées. Serré, tout serré en pelote, je ne trouve pas le petit bout qui dépasse…ce petit rien qui me permettrait de dérouler, défaire, de tout mettre à plat comme une sorte de couverture dans laquelle ils pourront s’enrouler, se refaire…Relier ce qui a été délié…Révoquer ce qui a été convoqué…

J’essaie de garder à l’esprit, en attendant de retrouver ce fil, Marianne.

©Emilie BERD

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1- Ecrit sur le vif : Ok

2- Moins de 100 mots :72 mots

3- Elément réel : oui et non

Aujourd’hui dans le reste principal il y a

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Je crois avoir fait un rêve étrange alors que je ne dormais pas…Il y avait un aigle…Plutôt un oiseau qui se prenait pour un aigle. Je l’appellerai « aigle » malgré tout…Je ne m’en souviens plus trop! Était-il noir, rouge ou vert?  Ce dont je me rappelle en tout cas, c’est que cet aigle est devenu la proie d’une colombe…Cette image (qui ne saurait être un présage en l’absence de corbeau) m’a donné une sorte d’énergie. Pourquoi? Peu importe…Le principal, dans un rêve, c’est ce qu’il en reste.

©Emilie BERD

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1- Ecrit sur le vif : Ok

2- Moins de 100 mots :95 mots

3- Elément réel : oui et non

Aujourd’hui pas de place pour n° 238/366

imagePas de place pour le mauvais temps aujourd’hui! Pas de place pour les nuages! Le ciel est bleu d’un horizon à l’autre! Les oiseaux chantent comme au premier jour du printemps! Et le soleil est dans la place!

©Emilie BERD

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1- Ecrit sur le vif : ok

2- Moins de 100 mots : 38 mots

3- Elément réel : ok