Horible Année

La lumière fuit le prédateur des heures funèbres.
La lueur qui sombre cela n’a que peu d’importance.
Car si elle semble, dans l’horreur, se livrer aux ténèbres,
Ceci n’est qu’un jeu d’ombres, une simple alternance.

Et l’apparition solaire devient un rare trésor.
D’abord la joie puis la crainte de la prochaine éclipse…
Les terriens, bipolaires, ont fait de ce triste sort
Une grande fête sainte, par une curieuse ellipse.

a1

Les rues, froides et désertes, terrain des têtes brûlées !
Leurs rires volés par le vent…un murmure à la rigueur.
Les mains gelées couvertes, le pas de plus en plus pressé.
Le peintre, par ce temps, change sa palette de couleur.

L’horizon bleu-or s’échoue sur les écumes rousses.
Chaque année c’est ainsi, il a du mal à l’admettre
Reste un rayon de mots doux, qui, l’hiver aux trousses,
Cherche alors un abri et frappe à quelques fenêtres.

a2

Mais qui entend les larmes sucrées, les souvenirs d’été
Qu’octobre emporte à la promesse de son sacre ?
Mais qui attend le bruit léger et les sanglots résignés
De l’horizon devant la porte quand vient le massacre ?

Esseulé, en plein exil, il prépare sa vengeance.
S’il faisait un prodige de cette triste anesthésie ?
A l’avènement d’Avril, il provoquera l’engeance.
Les condamner au vertige ? Seront-ils assez punis ?

a4

De l’imaginaire déçu naît un supplice infâme.
Dès l’offrande de la myrrhe, il s’en tient à sa ligne.
Tel la marée des nues, l’horizon se donne et se pâme
Et quand le bras s’étire, s’échappe sans autre signe.

a3

©Emilie BERD 01/10/15

13 réflexions au sujet de « Horible Année »

  1. Waouh, il est magnifique ton poème ! Tu sais que je vais faire un jeudi-poésie avec nos poèmes, tu es bien partie pour relever le défi haut la main ! Ces images de l’été agonisant dans un automne impitoyable feraient presque froid dans le dos si je n’aimais autant l’automne !!! 😉

    J'aime

  2. Je confirme et te redis que tu écris magnifiquement la poésie Emilie. Je suis hermétique à la poésie, je n’aime pas , je ne ressens pas grand chose, je ne comprends pas…mais j’aime ce que toi tu écris ! C’est dur pour l’automne d’autant que personnellement je n’aime pas l’été (seulement pour les vacances). J’avoue que la dernière strophe est un peu mystérieuse pour moi, j’ai dû aller voir le dico pour la myrrhe !
    Tu écris aussi des textes hors poésie, pour les plumes ??

    J'aime

    • Merci beaucoup Mind The Gap!
      Je voulais surtout que tu le lises parce que sans tes comm sur le réel « pour ligne d’horizon », je ne l’aurais pas écrit 😉 Sinon, je fais rarement du racolage 😀 😀 😀
      En fait la myrrhe, c’est un des cadeaux des rois mages à Jésus au moment de l’Epiphanie. A partir de l’Epiphanie (ou qq jours avant) les jours s’agrandissent, et qu’on se remet (dans le poème) à chérir l’horizon. Et alors le supplice commence…Et ca faisait un jeu de mot (comme l’horizon s’en tient à sa ligne (de myrrhe/ de mire)…Je reste à dispo pour toute autre explication 😀
      J’essaie d’écrire des textes sans poésie, sans rime, mais j’écris souvent de la poésie pour les plumes (plus facile, peut-être). On verra pour les prochaines 😀
      Bises

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s