POESIE DU JEUDI CHEZ ASPHODELE

imageCHANT D’AUTOMNE

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

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EMILIE BERD

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte, un cercueil quelque part.
Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

Charles Baudelaire Les Fleurs du Mal

Monesille a choisi un poème de Pierre Reverdy.

3 réflexions au sujet de « POESIE DU JEUDI CHEZ ASPHODELE »

  1. « …C’était hier l’été ; voici l’automne ! Ce bruit mystérieux sonne comme un départ. »

    Baudelaire, voilà un très beau choix pour entamer l’automne avec un peu d’avance (on a encore droit à trois grandes semaines d’été – sinon de vacances- , non ?) 🙂

    Aimé par 1 personne

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