D’un extrême à l’autre


 

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Il est allumé comme un cigare quand il délire avec ses potes. Et dès qu’il s’aperçoit qu’il joue avec le feu : « Non, ce n’est pas moi ».Pour lui, ce n’était qu’un jeu.
Il cherche les limites et brave les interdits pour se faire remarquer de ceux qu’il croit être ses amis.


Il est chou comme une fleur quand calmé et raisonnable, il décide d’être conciliant. Alors il en fait des tonnes : « Et oui, je suis avec toi ».Les flatteries bourgeonnent.
Il admet que la vie est souvent ainsi et que l’on n’en fait pas un plat sinon on n’en aurait pas fini.


Il est fort comme ça lorsqu’à l’école, il reste, docile, sur sa chaise. Pour lui, c’est le bagne mais « Enfin, je suis moi ». Et des bons points, il gagne.
Le soir, c’est sympa, à la maison ! On y récite les tables à l’unisson.


Il est doux comme sa sœur lorsque fatigué par sa journée, il vient se lover contre moi. A la recherche du réconfort : « J’ai besoin d’un câlin ».Il se sent surement plus fort.
Les semaines sont longues. Difficile de se reposer avec toutes ces activités.


Il me rend saoule comme un buvard , quand il me pose des questions sans fin. A l’heure du coucher, il devient bavard : « Tu pourrais rester avec moi. » Pour faire traîner, c’est tout un art.
Et même les réponses les plus développées engendrent des questions encore plus compliquées !


 

Il est libre comme le vent, ou du moins il en a l’air, quand il s’éloigne de moi. Son regard provocateur « tu vois, je n’ai pas besoin de toi » se plante dans mon cœur.


Et quand il n’est pas là…


Il est beau comme il respire et je l’aime tant, mais cherche t-il à me nuire ? Je sais bien que ce n’est qu’un enfant, mais cette question revient tout le temps « pourquoi Maman? »
Et oui pourquoi ai-je ce sentiment, surtout le vendredi soir qu’il me pousse à l’épuisement ?
« Où sont donc tes lunettes ? Comment tes copains t’ont laissé tomber ?!…Enfin tu vas les manger ces courgettes !!Sors les doigts de ce nez ! Après le gouter tu apprends tes leçons ! Il ne faut jamais frapper !Range tes baskets, elles sont au milieu du salon ! Ta sœur n’est pas là, elle n’a pas pu te pincer! »


Et quand il n’est pas là…


Il grandit comme je vieillis et part un peu plus chaque jour. Une seconde loin de lui est une seconde sans amour. Je reste seule et désoeuvrée, « J’ai tant de choses à faire, alors je vais enfin en profiter » . Quel repos amer…
« Tu as pris ton gilet… Pourquoi fais-tu ta valise ?Tes copains partent en virée. Tu invites ta chéri à Venise ?Non, ce n’est pas si grave que ça , je comprends tu ne peux pas venir, ce sera pour une prochaine fois, je ne vais pas en mourir. »

©Emilie BERD 30 octobre 2014

Petit texte que j’avais écrit, un peu avant mes petits pas dans la blogosphère.

Je crois que ce texte, écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture en ligne, a été le premier dont j’ai accouché lorsque le démon des mots m’a repris.

Une discussion avec la muse (mon fils) et le blues du dimanche (veille de rentrée qui plus est) m’ont donné envie de le publier, ici.

 

La photographie est une photographie personnelle. Son utilisation (comme celle du texte) n’est pas libre d’autorisation.

6 réflexions au sujet de « D’un extrême à l’autre »

    • Monesille
      Je vais faire attention…Parfois, c’est juste épuisant moralement.(bon ma force mentale a toujours été aleatoire, hein?!) mais je vais essayer de garder ton comm dans un coin de ma tete pour ces moments!
      Je t’embrasse

      J'aime

  1. Il a peut-être un atavisme à poser des questions comme ça ! 😀
    On ne fait pas les enfants pour soi et la logique est qu’il se détache peu à peu pour voler de ses propres ailes et c’est mieux pour tout le monde. 😉
    Bises

    J'aime

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