Les Plumes d’Asphodèle n°43

image

Les mots imposés étaient : Allergie, velléité, brise, espérance, étincelle, écrire, déplaisir, censure, enfant, gourmandise, première, tramway, rides, éphémère, envie, amour, voyage, peluche, chocolat, tapir (l’animal ou le verbe au choix), envol, baiser (dans le sens que vous voulez), attendre, vibrer, volutes, valser.

Je n’ai pas utilisé Allergie et Tramway. Et j’avoue avoir pris mes aises avec la brise…

 MYTHO

Je dors dans des palaces, des galeries de mille glaces. Sur aucun lit, hélas, je ne peux m’étendre.
Les volutes que je brasse, les poussières blanches qui valsent, les enfants qui m’agacent. Je ne peux pas dormir.

Je sais dans leur regard, les baisers, les poignards. Je suis toujours en retard mais ne peux pas attendre.
La convoitise est mon rempart,la gourmandise m’égare, le nez dans le mini-bar. Je ne veux pas dormir.

Cette dévotion parfois provoque au fond de moi un petit je-ne-sais-quoi qui ressemble au déplaisir.
Parce que je ne suis pas un bout de chocolat, une peluche qu’on jète là, j’ai construit un empire.

De la divinité, je n’ai gardé que les velleités.
Leur amour glisse sur moi sans me toucher.
Leur envie est la seule chose qui me fait vibrer.
Les étincelles de ma vie ne font que de la fumée.

Je ne voyage pas en première. Pour m’envoyer en l’air, j’explore d’autres manières, et j’ai des heures d’envol.
Tapie dans la lumière, je brise l’éphémère. Je ne regarde pas en arrière. Je ne veux pas devenir folle.

Ce qu’ils écrivent sur moi ne risque pas la censure.
Leurs espérances me noient dans un or trop pur.
Une ou deux couches d’anti-rides, c’est plus sûr.

©Emilie BERD 24 avril 2015

271 mots TTC

34 réflexions au sujet de « Les Plumes d’Asphodèle n°43 »

  1. Une force certaine dans ce poème inhabituel. Tu as bien fait de ne pas emprunter les rails tous faits du tramway, et entre parenthèse je crois que je suis passée à côté du thème ! Chapeau bas !

    J'aime

    • Monesille
      Merci beaucoup!
      C’est une sorte de p’tite chanson…
      Je ne sais pas s’il faut suivre un thème pour le texte…On posera la question à Asphodele, mais il me semblait que le thème c’est juste pour la collecte…Après, il est certain que les mots induisent quelque chose, mais de plus vaste!
      J’ai trouvé ton poeme magnifique et j’ai adoré l’analyse du proverbe du mois d’avril! J’ai trouvé l’idée de censure Tres drole et bien vu!
      Je t’embrasse

      J'aime

  2. Comme l’a écrit Marlaguette une belle originalité. Très personnel et tu as su t’affranchir des contraintes du vocabulaire. J’aime entre autres l’enchaînement les baisers, les poignards et le mini-bar. C’est très beau, vraiment. A bientôt.

    J'aime

  3. je crois que j’ai senti sa caresse bien fraîche il y a peu, dans mon jardin. Je ne l’ai pas invitée à entrer chez moi, j’ai vite refermé la fenêtre et n’ai permis qu’aux rayons du soleil de traverser mes carreaux pas récemment nettoyés ! 😀
    Bravo pour ce joli texte.

    J'aime

  4. Aller de l’avant, mettre quelques bonnes couches d’anti-rides -peut-être mélangées à quelques gouttes d’anti-rouille- et surtout rêver encore et toujours voilà une belle recette pour nous faire voyager grâce à toi dans notre imaginaire

    Très joli texte qui sort des sentiers battus

    J'aime

  5. J’aime quand tu sors de tes sentiers battus (moi j’appelle ça la zone de confort 😆 ), on découvre une Emilie pleine de ressources, de fantaisie aussi, et toujours aussi douée pour la poésie, j’aime beaucoup ! Oui, je confirme, le thème c’est juste pour la collecte, ensuite on fait ce que l’on veut des mots, on suit le thème ou pas ! 🙂 Bises et bonne fin de week-end ! 😀

    J'aime

  6. Il tient la route ce poème fait de bric et de broc, cela donne au final un joli portrait, il y a des passages très forts je trouve. J’aime beaucoup les 2 derniers paragraphes Pour la brise, tu as de la chance de pas avoir pris de coup de règle de la grande prêtresse…à l’époque où je prenais des libertés en faisant les textes, j’avais mal aux mains.

    J'aime

  7. Ping : LES PLUMES 43 – Les textes du désir d’avril 2015 ! | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

  8. Ton texte est très prenant ! De suite on s’immerge dans cette sorte de noirceur dont je cherche un autre nom pour la décrire… (C’est drôle, ça me donne le même sentiment la même sensation que cette chanson « life goes on »… Superbe !!!

    J'aime

  9. C’est vrai qu’on ne reconnait pas la gentille maman qu’on lit habituellement mais le style un peu « m’en foutiste » te va bien aussi 😉
    Bises amicales.
    Domi.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s