Aujourd’hui le monde est petit n°2/366

Aujourd’hui, ma box (oh divine box) m’a lâchée.
Après maintes manoeuvres, je me dis qu’on pouvait s’en passer…
La TV contre le lecteur DVD…
Le téléphone fixe contre le portable…
Le blog contre…argh !
Vite appel à l’assistance… « Il s’agit d’un problème de ligne extérieure qui sera réparé d’ici trois jours. »
Le glas résonne…
Une ligne froide descend le long de mon dos…
Dire que j’ai commencé mes « aujourd’hui » hier !
Comment faire : le tam-tam, les signaux de fumée, ou pire la 3G !! Mes mains en tremblent!

Aujourd’hui, le monde est petit…Je l’aime ainsi !

366 réels à prise rapide proposés par Raymond QUENEAU

1. écrire sur le vif : OK
2. pas plus de 100 mots : 94 mots
3. éléments réels de la journée : OK
4. suivre la consigne de la date : OK

Exercices de style consistant en l’écriture d’un texte, chaque jour, selon un thème imposé. Le texte, de moins de 100 mots doit être écrit sur le vif et en rapport avec des évènements réels de la journée.

Aujourd’hui je pourrais écrire sur ma tête n°1/366

Aujourd’hui, je pourrais écrire sur ma tête :
– « Bonne pâte » parce que je laisse passer les automobilistes même non prioritaires dans le chaos des travaux effectués devant l’école ;
– « Mauvaise graine » comme, pour dépanner une amie, j’ai mis 3 personnes supplémentaires dans mon véhicule en empruntant les petites routes par peur du gendarme ;
– « Fainéante » parce que j’ai interrompu sans culpabilité aucune mon repassage pour déguster un café avec ma gentille voisine ;
– « Efficace » parce que j’ai, malgré cette pause, terminé mon repassage avant le déjeuner.
« HUMAINE », en somme.

366 réels à prise rapide proposés par Raymond QUENEAU

1. écrire sur le vif : OK
2. pas plus de 100 mots : 83 mots
3. éléments réels de la journée : OK
4. suivre la consigne de la date : OK

Exercices de style consistant en l’écriture d’un texte, chaque jour, selon un thème imposé. Le texte, de moins de 100 mots doit être écrit sur le vif et en rapport avec des évènements réels de la journée.

QUI DORT…REVE

 

Il y a des rêves dont on parle
D’autres dont on ne parle pas.
Qu’au long du jour, on promène
Comme les boulets d’un forçat.

Il y a des rêves dont on parle
D’autres dont on ne parle pas.
Des bruits sourds qui nous réveillent
Au milieu d’un gourmand repas.

Il y a des rêves dont on parle
Et ceux qu’on garde pour soi
Sont des voyages solitaires
Des châteaux brûlés cent fois.

Il y a des rêves dont on parle
Qui nous enfoncent plus bas
Que la bête qui sommeille
Dans nos trop sombres combats.

Il y a des rêves dont on parle
Et ceux que l’on ne retient pas.
Des angoisses que l’on veut taire,
Les sursauts avant le trépas.

Il y a des rêves dont on parle
D’autres que l’on ne raconte pas
L’abîme nous attire et nous traîne.
Mais le réveil sonne déjà.

© Emilie BERD 24/03/2015

NOUVEAU NE

petites chaussures

Il est le seul qui provoque un printemps instantané.
Des quatre saisons il se moque puisqu’il est enfin né.
Les corps sont suspendus au fil de ses tourments,
Au lait sucré qu’il a bu, au choix de ses vêtements.

On exige le silence, dès que se ferment ses yeux.
La nuit, le jour, sa présence adoucit tous les Dieux.
Voici le soleil sur terre ! Un incroyable miracle !
Son regard est un scanner qui assimile le spectacle.

On l’embrase de baisers, de douceurs et de caresses.
Ses soupirs sont des souhaits exaucés par la tendresse.
De son petit bout de mètre, il règne désormais sur le monde.
Il en est devenu le maître, à sa toute première seconde.

© Emilie BERD  20/03/2015

Avec le temps

Avec le temps,
Tu apprivoiseras les démons dans ton cœur.
Tu balaieras de ta tête les sourires moqueurs.
Tu calmeras ta colère, le nez dans mon cou.
Tu chasseras l’idée de rendre coup pour coup.

photo 5

Avec le temps,
Tu oublieras toutes les menaces et les insultes.
Tu chemineras, fier, dans le monde des adultes.
Tu nieras les violences que la planète porte.
Tu verras des raisons pour agir de la sorte.

Avec le temps,
Tu te rappelleras ma morale et ses fictions.
Tu en relèveras toutes les contradictions.
Tu ne perdras plus de temps à me contredire.
Tu penseras certainement que c’est ça vieillir.

octobre 2012

Mais mon enfant,
Quelle que soit ta route, quels qu’en soit le prix,
Les bleus, les doutes, les nombreuses insomnies.
Ne prête pas attention à ces prêches voraces
Qui veulent t’enfermer dans une carapace.

©Emilie BERD 17/03/2015

Les photographies et images sont personnelles et ne sont pas (comme le texte) libres d’utilisation.

Les plumes d’Asphodèle n°42

Logo Plumes aspho 4 ème tiré du tumblr vanishingintoclouds

Les mots imposés étaient Douceur, printemps, déserter, sommeil, chaleur, renaissance, air, bernard-l’hermite, édredon, paresse, plume, aile, volupté, insouciance, liberté, vaporeux, virevolter, cigogne, nuisette, ubac, univers, urgence.

 

 

 

VIE

Assaillie de toute part, le temps passe et j’essaie d’en rire.
J’imagine les départs, et regarde en face les souvenirs.
Mon insouciance s’est trompée de chemin.
Elle ne me suit plus. Elle m’a lâché la main.

Aurais-je perdu ma liberté quand la leur commence à virevolter?
« Non, la cigogne n’apporte pas les bébés. »

Pourrai-je rester planquer ? Sous l’édredon, je paresse.
ça y est, Maman a déserté… pété un plomb…une petite baisse.
Je pourrai peut-être me cacher dans ma coquille.
Le bernard-l’hermite a la vie facile.

Céder aux lois de l’univers. Eviter le risque et ses mystères.
«Non, dans le mot Ubac, il n’y a pas d’air. »

La douceur flotte dans le chant des oiseaux.
Les rayons vaporeux écartent les rideaux.
Les enfants prennent leurs ailes en vélo
Je m’agite pour faire peur aux corbeaux.

Finies les nuits sans sommeil, en nuisette, gelée, dans le salon
C’est un autre genre de réveil qui me fait tourner en rond.
Des Urgences, je connais par coeur le chemin.
« Roule un peu plus vite. Ce n’est sûrement rien. »

Aurais-je des plumes dans le cerveau ? Est-ce trop tard ou trop tôt ?
« Non, chéri, les humains ne changent pas de peau ».

Voilà que revient le printemps. Plutôt banale, cette renaissance !
Il fait le même coup tous les ans, et on avale sans résistance.
A la recherche d’une éphémère volupté,
Apéro, grass’mat., on s’y croirait…

Je suis décidée comme hier. C’est juste que je ne sais plus quoi faire.
« Non, ma puce, la vie n’est pas un enfer. »

La chaleur flotte dans le chant des oiseaux.
Les couleurs vives écartent les rideaux.
Les enfants prennent leurs ailes en solo
Je m’agite pour les faire voler plus haut.

© Emilie BERD 12/03/2015

Détresse maternelle (épisode 5 ou La paresse de la main droite)

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Ma main droite est paresseuse, ces derniers temps.
Manque d’inspiration ? Manque d’énergie ? Voici quelques jours que ma main droite est paresseuse. Et comme je suis droitière, cela me pose des petits problèmes. Evidemment, si j’étais gauchère, je ne remarquerais même pas les sautes d’humeur de ma main droite. Elle n’arrête pas de me prendre la tête. Sa tête est la mienne, me direz-vous…Et bien, je commence à me poser de sérieuses questions à ce sujet.
Je voulais écrire… Malgré ses réticences, j’ai mis la main à la pâte.
J’ai voulu écrire sur les violences ordinaires éducatives, un débat battant son plein (ou tombant à plat) sur l’interdiction de la fessée. Interdiction que ma fille de bientôt 3 ans, soit dit en passant, accueillerait en frappant des deux mains. Ce n’est pas que j’ai la main lourde mais les caprices de ma tendre enfant, chair de ma chair, sang de mon sang , gagnent du terrain haut la main. J’ai lu un peu ici et là des articles sur l’interdiction de la fessée.
Et j’ai lu quelque part que, selon une pédopsychiatre, l’interdiction de la fessée enlèverait les racines de la violence sociale…
J’ai ri d’abord.
J’ai regardé ma fille jouant et hennissant avec ses poneys miniatures…
J’ai ri encore.
J’ai pensé au pillage irakien…

J’ai pensé aux suicides des enfants victimes d’ harcèlement scolaire…

J’ai pensé aux camps de la mort de la seconde guerre mondiale…

J’ai interrompu ma fille dans son jeu.
Note pour les puristes, je n’ai pas retranscrit la diction de ma fille pour rendre la lecture plus facile.
« -Chéri, ca te dit si l’on faisait un marché toutes les deux ?
-Oui, on va faire des courses.
-Pas « supermarché » mais un « marché ». Bon, je te promets d’arrêter quelque chose et toi, tu me promets aussi d’arrêter quelque chose… »
-Oui, c’est quoi ?
-Je te promets de ne plus te donner de tape sur les fesses si tu promets de m’obéir.
– D’accord. »
Dans ce dialogue, ma fille est très coopérative, mais je pense qu’elle était effectivement persuadée que je lui proposais de faire quelques courses… Tellement persuadée que je me suis retrouvée devant le rayon « Bonbons, sucreries, et autres chocolats » de mon supermarché préféré environ 15 minutes plus tard…

Avant, il était courant de donner une fessée à un enfant pour son bien. Aujourd’hui, il est tendance de ne pas donner de fessée pour le bien de l’humanité.

Cette idée me laisse une sensation étrange…

Mais, de toute façon, ma main droite est paresseuse ces derniers temps…Et mes enfants ne m’obéissent pas pour autant…

©Emilie BERD 07/03/2015

A l’aube, j’ai entendu un petit oiseau
Chantant à voix perdue, perchée si haut.
Il a planté, par ses airs de douceur
La saison nouvelle dans mon cœur.

Ce matin, j’ai deviné, dans un champ, éparses
De jeunes pousses secouées par le mois de mars.
Des odeurs d’osier et de pain de mie
Se sont mélangées dans mon esprit.

Alors que nous mangions, ensemble, ce midi
Des milliers de rayons sont tombées en pluie.
Des étoiles de poussières ont alors volé
Chatouillant violemment le bout de mon nez.

Tout à l’heure, j’ai rêvé que, sur un gros rocher,
Deux marmottes jouaient à s’attraper.
Pendant tout l’hiver, Mesdames sommeillent,
Pour pouvoir, aux beaux jours, siffler à nos oreilles.

Et là, ce soir, je vois, devant la cheminée
Encore un peu de bois qu’il faudra brûler
Pour se protéger des caprices du temps,
Giboulées et frimas, annonçant le printemps.

©Emilie BERD 02/03/2015

Les photographies sont des photographies personnelles et ne sont pas (comme le texte) libres d’utilisation.