MON FILS

Tu sais, dans mes colères, les prisons et l’Enfer,
L’échec et l’aveu.

Tu entends ramper le lierre d’argent et de poussière
Dans mes cheveux.

Tu vois dans mes attelles, des liens qui s’entremêlent
Et cachent tes yeux.

Tu sens pousser ma peur et les épines dans mon cœur,
Déjà si vieux.

Je sais dans mes regards, les tristesses et les gares,
La fin encore.

J’attends en silence les larmes de ton absence,
Seule dans le décor.

Je vois dans tes révoltes, les étincelles, les volts,
Tes météores.

Je renifle en cachette l’odeur de lait sur ta tête,
Noisette et or.

Faudrait que je déguise les démons qui t’épuisent
Souvent la nuit.

Faudrait qu’j’te répète les airs qui m’entêtent
Puis m’ennuient.

Mais chaque jour qui passe met toujours plus d’espace
Entre nous deux.

Et chaque jour qui reste t’éloigne sans conteste
M’efface un peu…

©Emilie BERD 13/02/2017

POESIE

Aujourd’hui, pour le jeudi-poésie chez Asphodèle, nous avions la possibilité d’écrire une poésie.

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POESIE

Essence infuse, science céleste,
Fille des flots, cache parfaite
M’amuse

Onde recluse au moindre geste
Abri éclos, sublime baguette
Ma muse.

Multiples excuses, imposture,
Sonores sanglots, caresses discrètes,
M’effleurent.

Détresse intruse, tracé si pur
Sang au galop, galaxie secrète
Mes fleurs.

Magie diffuse, lumière modeste
Nobles halos qui troublent la tête
Et muent.

Larmes confuses, éclaboussures
Rires à huis clos, cœur qui hoquète
Emu.

 

©Emilie BERD 04/02/2017

 

 

AGENDA IRONIQUE DE FEVRIER

En février, c’est Jobougon qui héberge l’Agenda Ironique. Comme thème, Jobougon nous propose d’écrire une critique littéraire.
Notre mission en février.
Choisir un livre et en faire une critique littéraire.
Qu’on l’ait lu ou pas.
Qu’il existe réellement ou pas.
Qu’un livre intrus se soit glissé distraitement dans le lot.
Que l’on rêve de l’écrire, ou pas.
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite.

Voici ma participation, un brin délirante, je l’avoue.

Entretien avec Ava B. le 4 juin 2054

Bonjour, Ava B, nous sommes ici, sur ce plateau, pour parler de votre livre La Révolte contre les Reloux, paru aux Editions Planète, la semaine dernière. Est-ce un livre politique ?

Il s’agit avant tout d’un récit historique sur la Révolte Internationale de 2020.

Ne peut-on pas parler de Révolution ?

Citez m’en une qui a changé le monde ? Avec la révolution, on ne fait que tourner en rond ! Je préfère parler de révolte, car il s’agit bien de la Révolte de nos Ancêtres. Et cette Révolte est l’avènement d’un jour nouveau, d’un régime novateur et stable inspiré par plus de deux mille ans d’Histoire et, bien évidemment par le Très-Haut. Car, il ne faut pas oublier que c’est grâce à cet épisode sombre que le Très-Haut, notre Guide à Tous, pourvoit désormais aux besoins matériels et immatériels de la Terre entière.

Cette révolte a été contée de nombreuses fois…Alors pourquoi ce livre ?

J’y ai étudié les raisons pour lesquelles la Révolte a explosé, à titre d’exemple et de mémoire… Malgré les travaux de nos chercheurs, ces raisons restent assez floues.

Quelles sont donc les raisons qui ont poussé nos Ancêtres à se révolter contre le désordre établi ?

Il y a deux thèses :
-La Thèse de la Bêtise Ordinaire: Une drogue aurait été administrée par le réseau de distribution d’eau, afin de maintenir servilité et docilité.
Cela expliquerait pourquoi les enfants, absorbant alors des litres de boissons sucrées industrielles, ont été beaucoup moins touchés que les adultes, et ont donc été en mesure de se rebeller contre leurs parents. Ils ne les supportaient plus. A l’époque, nos Ancêtres disaient que leurs parents étaient « reloux ». Cette appellation est restée.
-Et la thèse dite « du pain et des jeux » : La Révolte aurait été la réponse à  une initiative des Reloux entendant supprimer les réseaux sociaux, très prisés par nos Ancêtres. Certains évoquent même un complot impliquant l’Intelligence Artificielle. La volonté de supprimer les réseaux sociaux aurait été ce qu’on appelait une « fake news », diffusée par l’I.A. via les réseaux sociaux afin que les Enfants s’élèvent contre les adultes. Cette théorie est toutefois invérifiable, compte tenu de la mise en veille de l’I.A. par le Très-Haut, dans sa bienveillance universelle.

Quelle thèse privilégiez-vous ?

Elles sont toutes valables, à cause du contexte…
Le monde n’était pas celui d’aujourd’hui. Avant la Montée des Eaux, les terres émergées étaient évidemment plus nombreuses et elles étaient partagées en états chacun dirigé par une ou plusieurs personnes.
Des écrits sur le réchauffement du climat témoignent de pays ratatinés en leur centre. En quelques mois, ils se seraient géologiquement recroquevillés, à l’intérieur de leurs frontières, formant des creux et des plis… De sorte que plus personne ne pouvait ni se voir ni s’entendre…Le risque de troisième guerre mondiale n’avait jamais été aussi grand…La tension était épaisse…Nos Ancêtres ont dit « Stop« !

Quelle période tragique !

Je pense que les Reloux ont été dépassés…Ils ne savaient pas gérer les problèmes qui s’imposaient à eux, trop occupés qu’ils étaient par leurs cultes… L’argent, la corruption…Et la religion qu’heureusement le Très-Haut, Très-Eveillé, Ultime Rempart, a banni de notre société mondiale.

Alors, les Enfants, nos bien-aimés Ancêtres, ont pris les armes…

Tant de pouvoir dans de si petites mains…N’est-ce pas terrifiant ?

En effet, il existait une expression « Jeux de mains, jeux de vilains », qui n’était plus entendue semble t-il, à ce moment… C’est pourquoi le Très-Haut a mis en place aujourd’hui un programme de « désensibilisation » dès l’âge de quatre ans…

Oui, les fameux vaccins contre la Rage…

Encore une fois, chaque mot a son importance. Il s’agit de désensibilisation pour que les enfants  puissent se consacrer entièrement aux apprentissages et à l’expression de leur gratitude envers le Très-Haut.

Vous comprenez que certaines voix s’élèvent contre ce dispositif ?

Je n’en ai pas entendu parler…Mais si tel est le cas, je veux dire à ces parents qu’il faut placer son entière confiance dans le Très-Haut, car lui seul sait ce qui est bon pour nous tous.

Revenons à votre livre…En quelques mots, quel est son message ?

Mon livre montre scientifiquement que la liberté amène le chaos. Le message sous-jacent serait que quoiqu’il nous arrive, il faut s’en remettre au Très-Haut, le Premier parmi les hommes.

Merci beaucoup Ava B. d’être venue aujourd’hui dans notre émission pour parler de ce livre très intéressant.

Merci à vous de m’avoir accueillie…Vous savez, j’ai simplement voulu écrire un manuel scolaire et je suis très honorée que le Très-Haut ait décidé de l’utiliser en classe.

©Emilie BERD 07/02/2017

MOTS

Les heures blafardes s’avancent.
Les vies sans fête commencent.
Les cœurs en feu vont faire sang
D’un coup de poing comme en cent.

Le glaive de l’ignorance
Fait vœu d’autodéfense.
Restent les vestiges puissants
Des derniers jours du monde d’avant.

Sur un bout de papier, résistants,
Aimés, brandis, les mots aimant…

Ils éveillent la lumière,
Frères d’armes ou de colère,
Font des étoiles incendiaires
Les milles larmes de l’univers.

Ils s’enflamment de dire,
Se nourrissent de pages pures,
Sont épris jusqu’à en mourir
Au prix de tâches et de ratures.

Encres ou cendres, répréhensibles,
Aimés, brandis, mots invincibles…

©Emilie BERD 27/01/2017

 

 

AGENDA IRONIQUE DU MOIS DE JANVIER-ESPECES D’ESPACE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Carnetsparesseux.

Il nous proposait le thème suivant :

Espèces d’espace

Petit clin d’oeil à Georges Perec ? Façon d’arrêter de se croire tout seul sur notre petite planète ? De faire un peu de place aux autres d’ici ? Ou encore de rêver à nos frères inconnus qui se promènent dans les galaxies lointaines ? Autre chose encore ? A vous de dire.

Mode d’emploi : comme d’habitude, forme libre, chanson, poème, conte, récit, tarentelle, haïku… disons quand même pas plus de 700 mots – comme d’habitude…

Il précisait apprécier que soient glissés dans le texte sept des huit mots suivants : hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.

Voici donc Espèces d’Espace à ma façon :

TE SOUVIENS-TU ?

Te souviens-tu ?

J’étais venu te voir, par une nuit glaciale. Une nuit si belle, la première nuit…

Dehors, l’eau ne coulait plus. J’entendais les pierres se moquer d’elle : « Tout le printemps, tu glisses. Sur nous, tu cours. Tu te presses et nous nargues ! Et voilà que c’est ton tour. »  Elle, d’ordinaire limpide était immobile, figée par le gel en de fines statues, des dents pointues qui tombaient de ton toit et protégeaient ta porte.

La terre étouffait en silence sous la neige, celle du jour d’avant, un jour blanc.

Tu n’étais pas sortie. Tu n’avais pas bu et peu mangé. Tu essayais de réchauffer tes pieds menus, en improvisant une danse sur la terre battue. Adresse du chat faite petit rat, ballerine pleine de grâce imaginée par la glace qui se faufilait sous ta peau, aérienne… Je sentais ton cœur battre dans mes tempes.

Ce soir-là, je suis rentré chez toi, je suis allé dans ta chambre. Tu dormais. Tu tremblais tant, comme si le vent de l’hiver t’enlaçait sous tes couvertures, comme si une fièvre tenace épuisait tes rêves. J’ai caressé ta joue, tu n’as plus bougé et je suis parti.

Les nuits suivantes, je suis revenu. Je m’asseyais à côté de ton lit pour écouter tes songes. Et une fois, dans ces images d’horreur et de joie, je m’y suis vu !

Te souviens-tu ?

Surpris, je suis sorti, m’arrêtant sur le pas de ta porte. Tu t’es levée et tu m’as cherché. Tu m’as saisi la main et je t’ai étreint.

La lumière a frappé autour de nous. J’ai entendu faner le mimosa, l’eau ruisseler en grande pompe et les pierres la maudire. J’ai vu l’herbe poussée d’un coup comme un monstre vert souterrain libérant toutes ses tentacules. Le toit a commencé à pleurer, dans nos cous, des gouttes froides et seules…Nous étions deux…

Te souviens-tu ?

Au fur et à mesure des nuits, notre amour a grossi…Tu étais si inquiète, car, aux yeux des autres, disais-tu, je n’existais pas. Peut-être… mais aux tiens ? Je voulais rester ton roi et j’aurai fait n’importe quoi… Si j’avais pu, je l’aurai porté moi-même cet enfant, je me serais fait femme ou …ou hippocampe ! Mais les anges ne savent pas faire ces choses-là…

Tu m’avais promis pourtant que tu serais toujours là pour moi et tu m’as oublié pour que cet enfant vive comme un homme, cet enfant qu’un autre m’a volé…
Pourtant, au fond, tu avais raison, car personne au monde n’aurait pu croire qu’un ange et une étoile aient pu s’aimer.

©Emilie BERD 13 janvier 2017

 

POUSSIERE

 

Voici ma participation au Jeudi-Poésie tout en vert (et tout en vers) d’Asphodèle!

 

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Bille, balle, petite bulle
Grisâtre et pâle, particule
Elémentaire, simple débris éphémère.

Vire, volte, vite circule
Dessous, dessus, tout macule :
Les tables en verres et les étagères.

Perle, paille, pellicule
L’air muet te véhicule
De sa course légère et involontaire.

Sale, seule, minuscule
En grand troupeau, tu t’accumules
Or du temps tapi dans les recoins austères.

Grain, goutte, lait de granule
Tu es le bruit de la pendule
Qui prend corps et ternit la blancheur des draps.

Pluies, pleurs, mortelles plumes
Aux odeurs âcres de la brume
Tu es née de la terre, tu y retourneras.

©Emilie BERD 9 janvier 2017

Une petite berceuse pour les filles (mais aussi pour les garçons)

En 2016, j’avais promis une chanson tendre à Asphodèle. Alors voilà In A Little While, de U2 (issu de l’album All that you can’t leave behind) en version Live, tiré de Live From Boston, filmé pendant leur tournée ELEVATION qui date de 2001.

A l’époque où mon écran TV n’était pas monopolisé par des personnages de dessins animés, j’avais l’habitude de regarder le DVD de ce concert quotidiennement. J’aime énormément ce groupe, mais ce titre est mon titre préféré et il est là dans la version que je préfère aussi, même si la version album est belle aussi.

Je mets les paroles dessous pour les plus curieux!

 

IN A LITTLE WHILE PAROLES

In a little while
Dans un petit moment
Surely you’ll be mine
Tu seras sûrement à moi..
In a little while… I’ll be there
Dans un petit moment… je serai là
In a little while
Dans un petit moment
This hurt will hurt no more
Cette blessure ne fera plus mal.
I’ll be home, love
Je serai à la maison, amour.
When the night takes a deep breath
Quand la nuit prendra une respiration profonde
And the daylight has no air
Et que la lumière du jour n’aura plus d’air
If I crawl, if I come crawling home
Si je rampe, si je rentre en me trainant à la maison
Will you be there?
Seras-tu là?
In a little while
Dans un petit moment
I won’t be blown by every breeze
Je ne serai plus soufflé par le moindre brise
Friday night running to Sunday on my knees
Du samedi soir au dimanche sur les genoux
That girl, that girl she’s mine
Cette fille, cette fille, elle est à moi
Well I’ve known her since,
Et je l’ai connue lorsque
Since she was
Lorsqu’elle était
A little girl with Spanish eyes
Une petite fille avec des yeux espagnoles
When I saw her first in a pram they pushed her by
La première fois que je l’ai vue, ils la promenaient dans un berceau.
Oh my, my how you’ve grown
Oh, comme tu as grandi
Well it’s been, it’s been… a little while
C’était, c’était il y a peu de temps.
ooh ooh ooh ooh ooh ooh
Slow down my beating heart
Doucement mon coeur palpitant
A man dreams one day to fly
Un homme rêve un jour de voler
A man takes a rocket ship into the skies
Un homme monte dans une fusée à travers les cieux
He lives on a star that’s dying in the night
Il vit sur une étoile qui meurt dans la nuit
And follows in the trail, the scatter of light
Et suit sur la queue ( de l’étoile), la dispersion de la lumière
Turn it on, turn it on, you turn me on
Allume-là, allume-là, tu m’allumes.

Slow down my beating heart
Ralentit mon coeur palpitant
Slowly, slowly love
Slow down my beating heart
Slowly, slowly love
Slow down my beating heart
Slowly, slowly love

Source : U2.com
Traduction :moi-même

ADIEUX A MON SECHE-LINGE

Cela faisait presque quatre ans qu’il m’accompagnait…Aujourd’hui, il me faut lui dire adieu…

Je me sens redevable…

Il était mon épée invincible contre la pluie, mon assistant contre la propagation des épidémies. Fidèle et loyal, même la nuit, lorsqu’une gastro avait donné l’assaut ou qu’une couche avait fuit… Me voilà donc, l’air hagard et les bras ballants devant cette pile de linge humide qu’il n’a pas pu séchée…Et je me demande comment je faisais avant ? Il y aura bien un avant et un après…

Je vais vous le dire pour éviter toute méprise : Oui, je me sens abandonnée…Lâchée d’un coup, d’un seul…Je suis surprise, je ne m’étais pas préparée… Dois-je pour autant me blâmer ? Comment se préparer à son silence alors que c’était sa principale qualité ? Je sais bien que sa présence ne tenait qu’à un fil, mais j’avais foi en son programme, pauvre imbécile…

Je me crois responsable.

Les questions tournent dans ma tête comme son tambour, ce midi. Lui en ai-je trop demandé ? L’ai-je trop chargé ? Que s’est-il donc passé pour que son ronronnement impassible expire peu de temps après sa garantie ?

Bien sûr, j’ai essayé de le réanimer, espérant une manipulation malheureuse, un grain de sable dans le rouage… Bien sûr, j’appellerai le S.A.V., qui devinant l’intervention juteuse, répondra vite à mon message…

Mais, j’en suis convaincue. C’est le chant du cygne. Alors, parce que j’essaie de rester digne, je me dis qu’au fond, c’était son dernier don, car au bruit de son dernier souffle, et au fumet qu’il dégageait, il aurait pu cramer toute la maison !

©Emilie BERD 10/01/2017

Poème minute!

J’ai essuyé les beaux verres
Et je les ai rangés
Tout au fond du placard
Avec la vaisselle colorée.

Reste le sapin à défaire
La galette à dévorer.
Elle ne sera pas j’espère avare
En fèves à dénicher.

Et par miracle, peut-être
Trouvera-t-on le nom enfin
Après Melchior et Balthazar,
De celui dont nul ne se souvient…

C’est comme si l’on pouvait tout recommencer
Comme si un mouvement perpétuel nous aspirait.
Comme si l’on ne voyait pas le bout du chemin…

Elle traîne encore la fête
Elle n’enfile pas son manteau
Pour sortir dans le blizzard
Car elle dit qu’il est bien trop tôt !

Les bouteilles vides se font entendre
Elles rouspètent fort et haut :
« Quel est donc ce bazar ?
Recycle-t-on les papiers cadeaux ? »

Et dans ce premier matin tendre,
Un rayon perce mine de rien
L’épaisseur du brouillard
Installé là depuis Toussaint.

C’est comme si le temps n’était plus à compter
Que les histoires sombres s’évanouissaient…
Comme s’il y avait un jour plus grand demain !

©Emilie Berd 3 janvier 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les saisons assassines

Envolés les oiseaux virtuoses
Les voilà voraces au repas
Sur les cadavres, sales et froids,
Dont la terre n’a pas voulu.

Perdus les rayons mandarine
Poudrant les peaux nues alanguies.
Seule la fumée des feux et du fer
Vient s’affaler sur les grèves.

Car il est des printemps qui posent
Leurs empreintes à petits pas.
Et ouvrent grand de viles voies
Qu’à temps peu ont reconnues.

Les étés qui les suivent s’obstinent,
Saignent la mer, tuent sans merci.
L’hiver frileux reste à couvert
Appellerait de ses vœux une trêve

Si l’air maussade d’automne,
de ses accords monotones
n’avait figé la sève…

©Emilie BERD 21 décembre 2016

Écrit pour les jeudis poésie chez Asphodèle

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