SEPTEMBRE

L’été qui se termine, ça fait penser à une fin d’histoire d’amour… Tu t’y attends et pourtant ça fait bizarre, toujours…

Avec le mois de septembre en prime, humide, ravageur budgétaire, et torpilleur du moral…
Tu aimerais bien traîner un peu la patte, mais même pour une procrastinatrice confirmée, c’est de la haute-voltige, du saut en chute libre… Ce n’est pas possible.

D’abord, il fait gris, un gris si sale que même la pluie hésite à tomber… Chez les températures, en tout cas, aucun flottement. Tu te retrouves à retourner les armoires, pour mettre la main sur un pauvre jean et un gilet dans lesquels, de toute façon, tu ne rentres plus… Car, oui, aujourd’hui, dans le miroir, tu vois les Aperol Spritz des soirées de juin que tu dégustais en te disant que, « après tout, c’est les vacances »… Tu vois les frites que tu dévorais quand tu étais en voyage, parce que là où tu étais, ils ne connaissent pas la baguette, et l’amour (et le manque) rendant aveugle, tu t’es dit que, « après tout, les frites remplaceront bien le pain ».
Tu essaies de reprendre le dessus… Ces bourrelets là…C’est un peu comme une carte postale que tu te serais envoyée à toi-même, ça reste des souvenirs…

Mais une fois sortie de ta bulle, c’est encore une autre affaire : ça se bouscule dans l’essaim, ça bourdonne, ça bouchonne et contre cette effervescence, tu ne peux rien… Tu contemples, effarée… Tu ne peux même pas participer parce qu’en vraie flemmarde, tu avais tout prévu, avant mi-juillet. (Je fais partie de ces personnes qui, à défaut d’adaptation, passent leur temps à anticiper… Alors quid du temps présent, me direz-vous ? Mais c’est un autre sujet.)
J’entends déjà les « oui, mais toi tu as le temps… Tu ne travailles pas… ». Pourtant, cela n’a rien à voir avec l’idée terrorisante d’aller dans un supermarché le week-end précédant la rentrée ! Rien à voir avec une sorte de méfiance viscérale à l’encontre de cet instinct grégaire qui nous pousse à faire tous la même chose, en même temps, dans une Communion célébrant la beauté de l’espèce humaine. Pour preuve, je vais souvent faire les courses de Noël, le 24 décembre ! C’est surtout que si je ne frappe pas le fer tant qu’il est chaud, je me connais : mes enfants iraient en classe avec un sac Leclerc ou au mieux Super U, en guise de cartable. Je ne peux pas leur faire ça. En plus, l’ainé est plus grand que moi, à présent. Faut que je fasse gaffe…

Du jour au lendemain, tu changes de planète. Il est vrai que le mois d’août n’est pas le plus bouleversant. Pour le coup, avec trente et un jours de suite qui ressemblent tous, de près ou de loin à des dimanches, c’est clair que septembre, tu le prends en pleine face, direct et sans sommation… Une boule te monte à la gorge et tu n’as plus qu’une envie, c’est de regarder encore une fois et le plus vite possible « Seul sur mars ».
Tout se presse ! Tout va plus vite ! Sauf sur la route, évidemment…Ce n’est pas tant le fait de conduire au pas qui dérange :  depuis le 1erjuillet, tout le monde roule à 60km/h. C’est juste étonnant… À croire qu’on a organisé un programme d’accélération du changement climatique dans la nuit du 31 août au 1erseptembre, et que tu n’étais pas au courant…
En réfléchissant un peu, tu aurais pu te douter que quelque chose se tramait. Depuis une petite semaine, l’ambiance est électrique à la maison. Y a un parfum qui traine entre le trac et l’excitation… Les enfants se précipitent et palpitent. La petite fait et défait son sac, pendant que les deux grands se demandent comment s’habiller le jour J.

L’émotion palpable dans l’air alors que l’aventure se meut et s’avance jusque dans leurs rêves pour leur donner envie.
Envie de revoir les copains, de s’en faire de nouveaux, de voir à quoi ressemblent les professeurs.
L’été qui se termine, c’est une nouvelle année qui commence. En plus, l’hiver est encore loin. Et puis, va savoir… Peut-être que l’été, il se cache juste en attendant de jouer avec l’automne aux cows-boys et aux indiens.

©Emilie BERD 1erseptembre 2018

Un dimanche au mois d’août

Le matin à l’eau déjà
Brouillé par la gueule de bois
Et le sable qui reste loin au bout…

Un petit parfum de noix
De goudron mâché, de boue,
Pousse alors un peu par ci par là…

Des draps de buées aux doigts,
la brume balance ses longs bras
Si précise et toujours prête à tout…

Le ciel, sens dessus dessous,
Le bleu aux vagues, les pleurs froids
Se grise comme un dimanche au mois d’août.

 

©Emilie BERD 24 août 2018

AILES

Tu me prends pour un drôle d’oiseau, prêt à te mener en bateau, à te bercer de ritournelles tendres et incroyables… À t’offrir comme un cadeau, une ribambelle pitoyable de mensonges et de maux.
Suis-je donc un si traître sir, qui ne chercherait qu’à vouloir te tromper avec des histoires, des délires de toute sorte puis les laisser lettre morte ?

Tends-moi un L et je serais ces voyelles qui sauront t’envoler.

Tu es ce miracle ma belle, les ténèbres et l’éclat, qu’une pâle aquarelle aux pastels délicats ne suffirait à croquer. Ton corps est cet autel, adorable adorée, où l’encens enfin se mèle à tes frissons agités…Et à ton goût un peu sucré, de chaleur et de cannelle, de prières exaucées…

Pas de corde ni de chaine qui nous lie… Juste la grâce de ces bretelles alanguies qui glissent sur ton épaule et que mon doigt frôle jusqu’à ton sein généreux et maternel. Tes baisers ne sont que tes mots, rubans de dentelles qui t’échappent infidèles et réveillent ma peau.

Si un jour tu voulais te retourner, m’abandonner, t’enfuir, plutôt que te retenir, je te ferais statue de sel, à mes yeux, rivée, et à mon désir, immortelle.
A tes pieds, vestale aux courbes figées, je pourrais t’admirer à genoux, éternelle, à en devenir fou. La passion me dévorant, mon délice et mon châtiment, balancelle désaxée où vacille ma raison…
Et tu deviendras cette stèle, passerelle sacrée entre tes jours infinis et mon amour sans condition.

©Emilie BERD 13 juin 2018

Pour les Plumes d’Asphodèle reprise par Mind The Gap (ici)

Il fallait placer les mots suivants : Aquarelle Voyelle Mirabelle Maternelle Stèle Eternel Bretelles Ribambelle Infidèle Dentelle Cannelle Passerelle Balancelle Ritournelle

J’ai pris une petite liberté avec Mirabelle.

LA LOI DE MURPHY (Ou « C’est pas grave »)

La Loi de Murphy, ce n’est pas une fille facile… Elle n’est pas du genre à se coucher tout de suite pour que tu comprennes à qui tu as affaire…

Tu ouvres les yeux… Jusque là, tout va bien ! Tu t’es peut-être réveillée un peu trop tôt parce que l’aube est saisissante, traversant, violemment certes, les rideaux de ta chambre, et parce que tout un monde extérieur célèbre le lever du jour en fanfare !  Alors forcément, ça vient te piquer un peu derrière les paupières… Si on t’avait donné le choix, tu aurais bien dormi une petite heure de plus, mais ce n’est pas grave… Tu te dis que tu ne vas pas faire ta chieuse de bon matin, surtout un comme celui-là… Vu l’ambiance Walt Disney, tu pourrais même imaginer Blanche-Neige dans ta cuisine en train de faire Ton ménage en fredonnant « Siffler en travaillant » !

Tu te lèves, tu prends ton café, tu te mets sous un rayon de soleil… Tes nains à toi finissent leur petit déjeuner…
Mais tu ne te doutes pas, à ce moment-là, que la Loi de Murphy plane sur toi, en un vol circulaire à effrayer les corbeaux !
C’est chouette ! Il fait beau ! Tu vas pouvoir enfiler un short, enfin !!! Puis, rapidement, tu te souviens que, comme ça fait dix jours que le temps est pourri, tu as laissé la cire dépilatoire prendre la poussière sur l’armoire de la salle de bains !
Alors, ce n’est pas grave ! Tu remets ça au prochain jour de beau temps et tu enfiles un jean!
La matinée défile. Faut que tu ailles faire un tour à la pharmacie pour acheter un vaccin à Mambo 3…

Et c’est ce truc-là qui va faire basculer toute ta première partie de journée, cette petite course insignifiante qui, si tu ne fais pas gaffe, risque de te transformer en Maléfique (Celle qui, pour le coup, fallait inviter).

Sur le trajet (en voiture), tu tombes sur une conductrice en M*n* qui, je ne sais pas pourquoi n’arrête pas d’appuyer sur son klaxon. En fait, c’est plutôt elle qui est tombée sur toi, vu qu’elle te collait assez pour que tu distingues son blond platine et son brushing tout frais (D’ailleurs, Chérie, si tu te reconnais, une voiture pareille avec une coiffure pareille, ça fait vraiment vulgaire. Si tu veux vraiment te la péter, par pitié sors une Ferrari!)

Effectivement, cette gentille dame t’a bien énervée. D’autant plus que lorsque tu t’arrêtes pour lui demander (poliment, bien sûr) ce qu’elle avait… Pfiouf… Elle a pris la poudre d’escampette, la Fée Clochette !

Ce n’est pas grave. Tu laisses même passer devant toi un conducteur aimable (conducteur d’une caisse bonne pour la casse, comme quoi les clichés…) pour mettre de la distance entre elle et toi, et ainsi étouffer cette pulsion, qu’au final seuls quelques noms d’oiseaux tairont tout à fait !
Tu arrives à la pharmacie. Tu dis bonjour. Et tu tends naïvement au préparateur ta carte vitale, ta carte mutuelle et l’ordonnance datant de six mois d’un vaccin rien de plus banal pour une gamine de six ans… Naïvement et presque sûre de toi, parce que l’ordonnance est bien rédigée, que tu t’y prends pour une fois en avance et que tu t’es rendue exprès dans la plus grande pharmacie de la petite ville… Et là, coup bas, le vaccin n’existe plus… Pire, il n’y aurait pas de produit de remplacement. Il faut absolument joindre le médecin prescripteur pour obtenir son avis… Tu ne te fais aucune illusion… Tu sais bien, au fond de toi, qu’il est plus facile d’avoir les services de la CAF au téléphone un mercredi après-midi que de parler directement à un toubib à 11h00.

Même si tu es perdue, ce n’est pas grave… Tu es désoeuvrée, en vrai car autant dans une parfumerie, si la vendeuse revient de l’arrière-boutique en t’annonçant que la production de ton parfum préféré est arrêtée, tu maitrises… Tu es déçue, mais tu te sentiras totalement à la hauteur pour dire quelque chose comme : «  C’est pas grave, je vais en tenter un autre… » Le truc un peu fou, mais t’assumes… Là, dans une pharmacie… Pour un antalgique, pourquoi pas ! Si demain, on arrêtait la production des anti-inflammatoires, tu oserais peut-être demander du paracétamol ou de l’aspirine à la place ! Pour un vaccin… Alors, tu adoptes la technique du «Tu bouges pas, elle te pique pas ». Tu attends sans bouger, en espérant que tout va bien se passer.
Et pendant que tu commences à rédiger mentalement une dissertation (en deux parties et deux sous-parties) sur le sujet suivant : « Comment le gouvernement peut-il avoir l’affront de vouloir rendre obligatoire onze vaccins, alors que les produits exigés par le calendrier vaccinal actuel sont introuvables en pharmacie ? », le préparateur te sort d’affaire…

Tu rentres à la maison. Tu jettes un coup d’œil à ton téléphone… Appel manqué de la pharmacie. Partie sans ta carte vitale, ton sauveur laisse sur ta boîte vocale un message t’informant qu’il a oublié de te la rendre… Ce n’est pas grave…Tu te dis qu’il vaut mieux y aller tout de suite, tu en profiteras pour aller à la boulangerie parce que, en bonne mère au foyer que tu es, tu as complètement zappé de faire le déjeuner pour les enfants…
Tu vas récupérer ta carte vitale, en scrutant les autres véhicules (si par hasard, tu ne croiserais pas ta nouvelle copine), et tu t’arrêtes à la boulangerie.
Elle est vide. Aucune file d’attente. Tu as à peine passé la porte que la boulangère te demande ce qu’il te faut. Le rêve…Sauf que la machine à rendre la monnaie ne fonctionne pas, que tu n’as pas l’appoint, et que tu sais très bien où est ta carte bleue (justement pas dans ton sac à main!).  La vendeuse essaie plusieurs fois de relancer la machine… Une autre cliente commence à s’impatienter derrière toi…Alors, « Ce n’est pas grave, dis-tu, je vais repartir sans… Je suis désolée. » Tu retournes à ta voiture, qui décide aussi d’éprouver tes nerfs, de faire la capricieuse… Tu lèves le nez et vois la boulangère qui secoue ses bras en grand pour que tu la remarques : la machine fonctionne. Tu vas donc récupérer ta commande en la payant cette fois…

Rien de fluide, rien d’évident…Le commencement-type qui te donne qu’une envie c’est de te cacher sous la couette jusqu’à l’heure du coucher. Et malheureusement tu n’as le temps de te cacher sous cette couette… Comme tout le monde, en fait…Mais ce n’est pas grave, parce que, vous savez quoi ? Il fait un soleil magnifique aujourd’hui !

Source GIFs : Giphy.com

WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIENDS

En imaginant que sous l’effet d’une légère fièvre ou de l’angoisse d’une traversée aérienne transatlantique imminente, je sois prise d’un nouveau délire… Du genre « je condense mes poèmes pour ébaucher un recueil et envoyer un manuscrit… Rien à foutre !!!« 

Premier problème : Qu’est-ce donc que cette chose, un recueil de poèmes ???
Un bouquin qui, s’il a de la chance, ramasse la poussière sur un rayon de librairie tout petit et très éloigné de l’entrée des clients. Certes… Mais, ce n’est évidemment pas une ambition de succès, de célébrité ou encore de droits d’auteur mirobolants qui me motive (Légère fièvre, je vous ai dit, j’ai pas 40 degrés non plus !!!)
Mon jumeau astral m’a bien précisé qu’il fallait un fil conducteur… Admettons que j’en ai un.
Y a-t-il un nombre minimal de poèmes règlementaire pour faire un recueil ?
Peut-on mélanger la prose, les histoires poétiques (la prose avec une vraie fin), les vers et le moderne (celle qui est en vers et ne rime pas), sachant qu’une telle catégorisation me contraindrait à l’acquisition d’un précieux volume de « La poésie pour les nuls » ?
S’agissant de poésie, les textes doivent-ils être inédits ou puis-je puiser dans ceux que j’ai posté sur mon pauvre blog ?

Deuxième problème : Qu’est-ce donc que cette chose, un manuscrit ??? J’imagine bien qu’aujourd’hui on n’est plus obligé de l’écrire à la main (Pitié, sinon je vire le Mac manu militari !).
Faut-il donner un titre ? Parce que rien que là, je dois dire que je suis embarrassée et que, par un mystère étrange, ça remet en cause mon fil conducteur (ça, après tout, hein ?! Bref…)
Je sais, grâce à MTG, qu’il faut faire une lettre de présentation… Quelle forme doit-elle respectée ?

Je jette cette bouteille à la mer parce que je sais que certains d’entre vous ont sauté le pas. Et croyez-moi de là où je suis, que ce pas ait abouti ou non, cela est selon moi, la preuve d’un grand courage…

Je ferai feu de tout conseil, initié ou inspiré…Et puis, ça me gonfle de procrastiner…Alors de le dire un peu plus haut et un peu plus fort (NB : Sur mon blog confidentiel :D), peut-être que ça me mettra le nez dans ma m….! 🙂

Pour ceux qui voudront continuer, (comme MTG, Martine, Carnets…), ou commencer à m’aider (par mail, FB, MP Messenger ou sur le blog), gardez bien en tête qu’une réponse à l’une ou l’autre des questions ci-dessus, en plus de me faire un énorme plaisir, provoquera automatiquement une avalanche de questions subsidiaires…

À bon entendeur…MERCI de tout coeur! ❤ ❤ ❤

Les plumes d’Emilie selon la play-livres de Mind The Gap

Je cite mon jumeau astral qui nous a livré sa play-livres, ici :

« Il y a quelques jours , j’ai publié un article sur une play-list musicale , qui a étrangement bien marché et que certains ont même repris sur leur propre blog, comme un tag.

Aujourd’hui, je change de domaine artistique et modifie aussi un peu les questions…quoi que !

Voici la play-livres !« 

Quel est le dernier livre que vous vous êtes offert ?

Arrête tes mensonges de Philippe BESSON

Je ne l’ai pas encore commencé… Il faut dire que je trouve que le mois de mai m’a trop menti, cette année…

Fais ce qu’il te plaît ??? Sérieusement ???

Et le dernier livre que vous avez offert ?

Belle du Seigneur d’Albert Cohen. La description de la passion amoureuse y est si saisissante!

Sur une île déserte, vous pouvez prendre l’intégrale d’un auteur classique et d’un auteur actuel , qui choisissez-vous?

Pour l’auteur classique, sans hésiter, Charles Baudelaire.

Pour l’auteur actuel, ce serait Anne Rice. Car elle a énormément écrit et que j’ai un faible pour le genre fantastique.

Quel livre offrir à une personne que vous n’aimez pas ?

Sans hésiter là encore, le bottin, pour pouvoir lui taper dessus sans laisser de traces… 

Enfin, le livre qui est pour vous l’histoire d’amour la plus forte ?

Impossible à dire… Et pourtant, j’en ai lues quelques-unes… Belle du Seigneur est monumental mais trop à charge à mon goût. Wuthering Heights est magnifique mais il lui manque un petit quelque chose…Le Petit Prince si émouvant, mais n’est-ce pas plutôt une histoire d’amitié ??? Ou bien Le Nouveau Testament mais ce serait laisser parler mon côté provoc’…

 Alors, quitte à paraître prétentieuse, et pour éluder définitivement la question, je dirai « Celui que j’écrirai peut-être un jour ».

Voilà, comme dit MTG, « si ça vous branche vous pouvez le faire…« 

Source GIFs : giphy.com

NUES

Si nous avions un nuage, de gouttes fines et de sel, au goût d’ardoise et de rose chauffées par l’été… Un seul suffirait, car il serait papillon ou train au gré du vent… Et enfin peut-être il se ferait navire, aux voiles battues par un souffle amer.
Alors, débuterait notre traversée céleste et éphémère.

Les paupières fermées à demi, nous prendrons un peu de hauteur, sans craindre Dieu ni les hommes. Même cet orage aux commissures des cieux ! Ses caresses insolentes deviendront des draps d’air pur et sa plainte accablante s’éteindra dans nos murmures.
Ni le temps ni l’ange qui passe ne saurait nous inquiéter, car, mêlés, le désir et l’audace ne s’en laissent jamais conter. Les frissons suspendus aux soupirs de ta peau guideront notre empire d’eau et de coton. Entre tes mains s’élèvera la beauté du monde, et mon cœur accroché à ta bouche battra au rythme de ta voix.

De là-haut, les ponts et les rivières ne seront que des virgules et nous lirons, dans le sens du tour de la Terre, les histoires sans âge écrites à l’encre des reflets bleus-argent de l’océan.
La tête sur ton épaule, je boirai tes larmes, au fruit de la passion. Sur un chemin, de ton cou à tes pieds, je déposerai des baisers comme d’autres ont laissé leurs cailloux.
Etendus, nous respirerons ce parfum étrange qui fuit du ciel, juste avant que ne l’étreignent les étoiles. Et la chaleur de nos corps nous servira d’armure, pendant que notre vaisseau, à une folle allure, ira chercher le point du jour… Tu sais, lorsque le soleil revêt son aube, cousu aux fils de l’horizon… Lorsqu’il fait vibrer ses cordes ardentes et joue ses premières notes de lumière qui s’éparpillent en étincelles…

À éviter la nuit, une idée d’infini hantera nos âmes… Jusqu’à ce que la pluie ne vienne nous faire tomber des nues.

Nous rejoindrons, enlacés, cette plaine perdue.
En bas… Où l’ombre s’abrite aux pieds des brins d’herbe. Où elle boit la rosée innocente, explosée en petites perles, dents de lait pur et blanc qui dégoulinent de leur toboggan dans des rires superbes.
Cet endroit où l’éternité existe dans le froid des tombeaux…

©Emilie BERD 15/05/18

Ecrit pour l’Agenda Ironique de mai 2018, hébergé chez notre jument verte, avec pour thème « nu » sous toute les coutures:

 » Comme en écho non à Mars mais à Martine, le mois de l’agenda ironique aura pour thème : NU, NUE, NUS, NUES….

Vous pouvez donc d’ores et déjà :

– Vous mettre à l’aise : On est si bien, tout nu, dans une large chaise (1),

– Retirez vos lunettes : Sans ces lunettes, j’ai l’impression d’être tout nu au beau milieu d’une épicerie, avec des miroirs au plafond (2),

– Vous prendre pour le manneken-Pis

– Poétiser : La très chère était nue, et connaissant mon coeur, n’avait gardé que ses bijoux sonores (3)

– Faire ce qu’il vous plait…..mais nu (pour les pudiques, la vérité toute nue fera l’affaire :-))

 

Et pour le calendrier ?  parution des Textes jusqu’au 21 mai inclu, lecture et vote du 22 au 30, proclamation de la fin de mai le 31 🙂

:

(1) Alfred de Musset

(2) Alain Bashung

(3) Charles Baudelaire « 

Les chants d’oiseaux d’Emilie BERD

Mon jumeau astral MTG vient de publier un article LA PLAYLIST DE MTG, inspiré de la chronique de l’émission QUOTIDIEN sur TMC.

Je le cite :

 » En ce moment dans QUOTIDIEN, il y a une rubrique sur la playlist des invités. On leur demande de répondre en gros aux questions suivantes (que j’ai un peu adaptées…) . Je ne suis pas invité dans l’émission mais je vais quand même le faire et je vous engage à reprendre ce petit tag sur votre blog si vous en avez envie (notez que ça  ne prend que  10 minutes et que ça fait un article !!!)« 

Notez également que j’aurais préféré être taguée en personne mais bon, c’est pas son style alors j’encaisse et j’enchaîne…:D

 

Quel morceau écoutez-vous en boucle en ce moment ?

C ’est Hoshi avec Ta marinière. La tribu et moi, on la kiffe!

J’adore la voix et la musique et surtout les paroles que je mets là dessous, si ça intéresse quelqu’un.

Derrière ta cigarette
Dans mon cœur
T’as fait un tabac
Je suis en quête du bonheur
Peut-être qu’il est dans tes draps
T’as piraté mon âme
Alors que je surfais sur la vague
Et j’ai tout raté, je rame
Alors que j’t’avais dans ma madrague
Enlève tes bas ou tes hauts
T’es si jolie, tu me rends dingue
Je rêve qu’tu viennes sur mon bateau
Que toute les nuits on fasse la bringue
À bâbord ou à tribord, on partira à la dérive
Je veux ton corps, mon trésor
Je t’attends sur l’autre rive

(Refrain) (x2)
Et sur ta marinière
Je cherche notre trait d’union
Tu l’as jeté à la mer
Pour donner à bouffer aux poissons
À nos poisons d’avril
Nous deux c’est pire qu’la mer à boire
Ne te découvre pas d’un fil
Tu rendrais amoureux ton miroir

L’océan nous emporte
J’sais pas si t’es au courant
Que lorsque l’eau passe ma porte
Même si c’est la cata, c’est marrant
Viens dans mon équipage
Rattrape-moi sur la jetée
On fera sûrement naufrage
Mais on aura au moins essayé
Donc si aujourd’hui je plonge
Dans l’amour en criant à l’abordage
C’est parce que je prolonge mon séjour
Quitte à revenir à la nage
Je vois bien que tu pètes un câble
Et que même tu ripostes
Alors courons sur le sable
Avant qu’un autre t’accoste

(Refrain) (x2)

Célibataire jusqu’à demain
Elle s’donne un air en maillot de bain
Marinière, cherche son marin
Prêt à rester sur terre rien que pour sa main

En savoir plus sur https://www.lacoccinelle.net

 

Quel est pour vous, la plus grande chanson de tous les temps ?

Evidemment…

En plus, qu’est-ce qu’il est beau…

 

Quel est le meilleur morceau pour s’éclater ?

On bouge son corps, du bout des doigts à la pointe des pieds.

 

Quel morceau feriez-vous entendre en boucle pendant 3 heures à votre pire ennemi(e)?

La Marinière de Hoshi, With or without you de U2 ou Salma ya salama de Dalida, histoire de la torturer en y prenant du plaisir…

 

Quelle chanson ringarde aimez-vous écouter et réécouter ?

Like a virgin… Hey! Touch for the very first time…Like a viiiirgin… With your heartbeat next to mine!

 

Quel artiste ou quel style de musique pour partir sur une île déserte qui vous offrirait la possibilité d’écouter à volonté un seul artiste ou un seul style de musique?

Euh… MTG, je regarde l’émission le plus souvent possible et cette question ne me dit rien! Sérieusement, tu me vois sur un île déserte sans coiffeur et sans manucure… Bon… Tant qu’à avoir le cheveux sale et les ongles dégueulasses…

Qu’est-ce qu’il était beau…

Et la question soigneusement éludée par MTG : Quelle chanson pour faire l’amour…

En effet, d’aucuns pourraient penser que faire l’amour en musique (à l’instar de Calogéro au passage qui fait tout en musique), c’est déjà un échec… Mais avec Portishead, c’est possible de laisser filer sans se soucier…D’abord, l’album Dummy (il dure 50 minutes). Après la douche, l’album Portishead (51 minutes). Et, après une autre douche (là je m’adresse aux plus motivés…), Roseland NYC Live. J’ai les trois à la maison si ça peut aider.

 

Certaines choses ne changent jamais (ou un lundi de rentrée comme les autres)

 

Combien de temps faut-il pour que la conscience se pointe dans un rêve tendre et douillet? Mis à part quelques neurologues sadiques dont le trip serait de réveiller les gens en les obligeant à dormir avant (avec un bonnet de nuit ridicule pleins d’électrodes, c’est le pompon !), je pense qu’à cet instant Zzz, il serait plus pertinent de jouer au hérisson dans ses draps que de tenir un chrono… Enfin, ça n’engage que moi (même si je crois deviner une sorte de consensus à ce sujet).

Alors, pour la suite du développement, on va dire une seconde. Effectivement, si on est pointilleux, on peut arguer que ça varie d’une personne à l’autre :

Il y a les fringants qui sautent de leur lit, bondissent dans leurs habits façon  Aujourd’hui, je sauve le monde , et puis parce que « après tout on est lundi, c’est le début de la semaine, en plus, on a de la chance, il ne pleut pas et le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt »… Sauf que, à ces gens-là, laissez-moi leur préciser que John Maclaine leur aurait mis un bon taquet s’il avait dû avaler son café devant de tels moulins à paroles…

Il y a les indécis qui, évoluant en plein paradoxe, réussissent la prouesse d’être totalement réveillés tout en restant au lit…ceux-là même qui, l’imagination bridée par trop de films dans lesquels le pouvoir de l’esprit résout tout, se disent qu’avec un peu de chance, en se concentrant très, très fort, ce lundi matin se changerait en dimanche matin… Bref, des passionnés de voyages dans le temps et autre science-fiction mais qui zappent la catégorie Anticipation…

Il y a aussi les désespérants qui ne tombent du lit qu’après trois salves de buzzer et qu’avec la pression  d’un tiers talon qui les pousse vers l’extérieur (Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé…)

Donc, disons, une seconde pour que la conscience se pointe dans ton rêve. Elle s’immisce au milieu de ton soleil, chaud comme un baiser avec la langue et rond comme une boule de sorbet au citron… Et c’est dommage parce que, de là où tu étais, tu commençais presque à entendre le bruit des vagues mourantes sur la plage…Pas très loin de tes orteils qui, soit dit en passant, essayaient de se donner un air espagnol à faire sombrer Antonio Banderas…

Mais ce son tendre et amoureux qui chatouillait un peu tes oreilles et t’arrachait même un sourire dans ton sommeil s’est mué en cri infâme, flamenco infernal, l’éventail évincé, remplacé par des castagnettes à te fendre le crâne… Le hurlement d’un monstre sans pitié qui n’est autre que cette terrible réalité, toujours et encore : Le réveil et son alarme…

Le réveil, un des pionniers de l’esclavage moderne… Peut-être un des rares objets de notre panoplie d’ho.fe.mme pressé.e (…) pour lequel aucune obsolescence n’a été programmée. C’est bête ! Pour une fois que ça aurait pu servir à quelque chose ! Pour une fois que la fameuse panne aurait eu un soupçon de crédibilité, car sans se mentir (Et non, ça n’arrive pas à tout le monde !), les pannes sont au réveil ce que la chute est au cheval, errare humanum est.

Ce matin, de toute façon, il n’en est pas question… La lumière qui baigne l’espace vient des rayons qui rentrent par effraction entre les interstices de la fenêtre et alors intervient la réflexion…la pause nécessaire avant toute autre décision : Ouvrir les yeux…

Evidemment après quinze grasses mat’ (une par jour), la peau de tes paupières, habituellement fines et douces, s’est, à cette heure matinale, transformée en papier de verre.  (Cela fait longtemps que je n’ai vu ni touché ce truc… Dans le genre ponçage, je suis plus lime à ongle que papier de verre, même si j’ai très rapidement pas pied après quelques verres… Désolée…)

Ouvrir les yeux, un jour de rentrée…Ouille, ça fait mal ! Et tu le fais quand même parce que tu y crois (pour les fringants) ! Tu le fais quand même parce que tu n’as pas le choix (pour les autres) !

La vue retrouvée et la vie devant soi, tu hisses le pavillon… Et pendant que la cafetière gueule le café bien plus qu’elle ne le fait, tu traverses la cuisine en te frottant les yeux (Erreur de débutant : ça pique encore plus), direction la salle de bain, dans laquelle tu évites avec toutes les précautions d’usage le pèse-personne (retour de vacances…)  Tu te douches avec une dernière pensée pour ce macho ibérique, qui, après tout te faisait de l’ombre…

Comme tu répètes depuis maintenant 23 jours à ta tribu « En avril, ne te découvre pas d’un fil », et que le « Garde ton casque de ski sur la tête ma chérie, oui, Maman n’en porte pas mais c’est à cause de son brushing, » n’a jamais marché, tu enfiles un pull et tu serres bien ton écharpe autour du coup…

Tu sors de la pièce en jetant un regard rapide au reflet dans le miroir (Quelle connerie, cette crème anti-rides ! Faudrait investir dans une crème minceur !). Et tu retournes dans la salle à manger où ta tribu rose réunifiée à table (La bleue étant déjà au taf ! Y en a qui bosse !!!) rumine sa nuit et quelques céréales… Tu fais le tour de cette quinzaine plutôt réussie… Tu te sers une tasse de café…Tu regardes la vaisselle dans l’évier et te souviens avec nostalgie qu’hier soir, c’était encore les vacances… Tu goûtes ton café… Il est 7h40. Dans 35 minutes, les filles vont à l’école…Tu te dis que ce n’est pas la peine de se précipiter au club de sport ce matin, que ça peut attendre demain… Tu bois une nouvelle gorgée de café…

Encore un peu endormie, les yeux à moitié pleins de lune, elle se retourne vers moi : « Maman, je n’ai pas fini mes devoirs ! Je dois lire le livre que j’ai emprunté à la bibliothèque et je ne l’ai pas fini… »

Il fait grand bleu dehors et pourtant l’air devient électrique. Tu refais mentalement un condensé des vacances en tentant de te souvenir la dernière fois où tu as dit « Faîtes vos devoirs ! » Et là, alors que rien ne bruisse, même pas le vent dans les feuilles toutes neuves de printemps, quelque chose s’écrase dans un boucan de dingue : tes ambitions de mère modèle qui s’effondrent.

Alors quoi ! Jurer par tous les Dieux que, désormais, on ne m’y reprendra plus… Dire à la fontaine que je ne boirai plus de son eau… Faire serment que, dès le vendredi, tous les devoirs seront faits et bien finis… Que nenni !

Accepter son sort et avancer parce que Morphéus avait raison, il y a des choses dans ce monde qui ne changeront jamais.

© Emilie BERD 23 avril 2018

GIFs : giphy.com

 

Je voudrais te dévaster d’amour de Andrée SODENKAMPF

Je voudrais te dévaster d’amour
comme les cigales mangent les champs
et que tu sois nu de toi-même
et qu’il n’y ait que moi pour te recouvrir.
Tu ne saurais plus
où tu commences, où je finis.
Emmêlés dans la chair et l’esprit,
brûlés vifs l’un sur l’autre,
se riant du plaisir
comme les enfants, l’hiver,
qui ont enfin chaud
dans la chambre chaude.

Je veux être aussi
le chemin après l’amour
mouillé d’ombres légères
que tu puisses t’avancer en moi.

Je voudrais te dévaster d’amour de Andrée SODENKAMPF ( C’est au feu que je pardonne Ed.André de Rache) avec lequel je poétise et termine le défi du Printemps des Poètes sur l’idée de Gwenaëlle.

Illustration 1 : La Valse de Camille Claudel
Illustration 2 : Le Baiser de Auguste Rodin
Source : Pinterest