Tout le monde déteste la poésie

Hier soir, j’ai regardé en partie (c’est que je suis vieille alors je m’endors sur le canapé comme une chaussette sale que mon fils, qui commence sa crise d’adolescence soit-dit-en-passant, aurait « oublier » de mettre dans le panier à linge) un film sur la crise financière de 2008, « The big short : le casse du siècle » ou comment personne n’a vu venir la bulle immobilière, son éclatement (la crise des subprimes) et comment les rares qui y ont cru se sont gavés…

Je n’ai pas vu la fin (et je la verrai bientôt même si je la connais), mais ce que j’en ai vu m’a plu. C’est bien tourné, et on n’est pas dans les explications soporifiques (oui, d’accord, je me suis endormie mais j’ai les Mambos qui me mènent la vie dure en ce moment, surtout Mambo Number One). Je ne vais pas faire un article concernant la morale sur les marchés financiers et les traders cupides, etc…Je range mon manichéisme sur les tapis volants que je prends pour voyager…

Simplement, il y avait cette phrase, écrite dans le film :

« La vérité c’est comme la poésie…tout le monde déteste la poésie. »

Alors, par un syllogisme, qui vaut ce qui vaut (les syllogismes, c’est comme les stats, on leur fait dire ce que l’on veut!), je me suis dit que peut-être on aimait la vérité… Et c’est là, je pense, que je suis partie rêver!

Insomnie

POESIE DU JEUDI CHEZ ASPHODELE

Voici ma petite participation au rendez-vous du jeudi poésie chez Asphodèle.

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INSOMNIE

L’Etoile filant la laine du bout de ses cinq crochets,
Dévoile sa dentelle qui s’épand dans une tache de lait.
La Lune rit à dents pleines. Elle joue à chat-perché
Sous les regards ardents qui voudraient la décrocher.

L’arbre aux branches fatiguées refuse les avances du vent
En marmonnant des noms d’oiseaux dans sa barbe carotte.
La chouette que rien n’effraie, répète à qui l’entend
Que si elle avait dit son mot, elle serait née marmotte !

Et la Belle dort…Le silence dehors révèle ses merveilles.
Elle s’évapore. Elle fabrique de l’or pendant son sommeil.
Elle perd son nord. Sans bruit, sans effort, elle gagne le soleil.
La Belle explore, en multicolore. Ses larmes sont mises en veille.

Tandis que le chien d’à côté entame un chant badin
A faire perdre la boule aux voisins indulgents
Un nuage gris a déposé son cœur gros de chagrin
En une pluie de semoule sur les toits méprisants.

L’Etoile range son ouvrage. La Lune se penche un peu
Pour chercher les yeux fous qui l’aimaient tout à l’heure.
Mais la tempête fait rage. Et ses hoquets cahoteux
Dégagent des égouts une ancienne puanteur.

Et la Belle dort…Le vacarme dehors n’atteint pas ses oreilles.
Quel réconfort ! Loin des conquistadors et des vies qu’on monnaye.
Elle vire de bord. Au calme, elle dévore des rêves sans pareil.
La Belle explore, en multicolore. Ses larmes sont mises en veille.

©Emilie BERD 15/11/2016

Je ne résiste pas!

Depuis hier soir, j’ai cette chanson de The Cure qui me trotte dans la tête! Allez donc savoir pourquoi! Je ne résiste pas à la partager! C’est ma préférée, je crois :

A moins que ce soit celle-là

Il est jeune, Bob, là!

Bon, en fait, je les aime toutes et je ne vais pas toutes les mettre, hein?!

Allez une dernière pour la route :

Je vous laisse! Bonne écoute

Poème minute!

Les feuilles mortes sont à peine tombées,
appelant le vent pour les faire valser
que la fraîcheur humide a commencé son manège.
Et je souris à voir danser la neige.

C’est évident qu’il n’y a plus de saison.
Ils paraissent pressés, ces flocons.
D’habitude, ils attendent mi-novembre
pour laver le sol de l’ambre.

Mais ils sont là, à pleuvoir dehors,
Et je pense à la beauté de leur sort
de mourir sur leur linceul blanc
en allumant le cœur des enfants.

©Emilie Berd 07/11/2017

Sia

Il y a quelques jours, je m’ennuyais sur mon canapé…Ce devait être un vendredi ou un samedi soir, je pense…De toute façon, cela n’a aucune importance…

Puisque comme je m’ennuie franchement, je franchis le cap et tape « SIA » sur mon moteur de recherche…Je parle d’un CAP car j’étais plutôt curieuse à son sujet même si j’avais du mal à l’admettre car c’est très en vogue (si, si! « En vogue », cela se dit! Il y a même Madonna qui en a fait une chanson dans les années…)

Bref, le côté commercial freinait un peu mon élan amoureux…Mais entre mon désoeuvrement et l’oeil goguenard de Mon Cher et Tendre qui à l’autre bout du sofa me traite silencieusement de snob, je me lance!

Et que lis-je? Que vois-je?

Je ne parle pas du fait (et la liste n’est pas exhaustive!) qu’elle ait été choriste de Massive Attack, qu’elle ait participé au tube « Titanium » de David Guetta ou encore que « Diamonds » de Rihanna, c’est elle… Non, non, ce ne sont pas ces pacotilles qui m’ont décidée à me jeter corps et âme sur son dernier album…Cela aurait même pu me rebuter!

Auteur, compositeur, interprète, Sia est née le 18 décembre 1975 (donc 6 jours après moi). Et donc, cette jeune (Attention, je relève les noms!!!) artiste est née à Adélaïde (disons que j’aime l’Australie).

Déjà, à ce moment-là, mon côté snob vole en éclat pour laisser la place à ce côté blond/con, midinette (ben oui, 40 ans c’est pas l’âge du démon de Midi!).

Et puis, dans sa biographie, je m’aperçois qu’elle a souffert de la maladie de Basedow (hyperthyroidie auto-immune), maladie dont je suis remise mais pas encore guérie!

Alors, voilà, je l’aime! J’en suis folle!

Voici deux morceaux:

Le dernier sorti en hommage aux victimes de l’attentat d’Orlando (qui n’est pas dans son dernier album)

 

 

Et ma préférée de son dernier album :

Bonne écoute!

LES NUITS D’OCTOBRE

Voici ma participation à l’Agenda Ironique d’Octobre chez Laurence Délis, ce mois-ci. Le thème proposé que j’ai pris au mot était les Nuits d’Octobre.

LES NUITS D’OCTOBRE

De la fenêtre de ma chambre, j’ai vu, un soir,  Octobre traîner sa longue robe, brume et pluie, le long de ma campagne.
Sa marche est lente, épuisée par le poids de l’ombre qu’elle élève et par le goût de l’eau sale qu’elle crache. Elle avance, sûre, sa mission ad vitam æternam affichée sur ses bras marbrés, découverts et tatoués par l’Hiver, son seul amour… Ici pour l’aider à accomplir sa destinée glaciale, que l’on sait perpétuelle et banale. Mais elle, si elle échouait, elle en mourrait !
Alors, avec soin, elle fait son chemin, enferme la lumière dans des boules de verres, chasse les rires pour les mettre sous pierres.

Je l’observe quelques minutes, brunissant tout sous ses pas. Je la vois dérouler son hémorragie, comme un tapis d’honneur, bientôt piétiné par son amant. D’où vient donc tout ce sang ?
« –Me vois-tu ? »
Elle se tourne vers moi et s’approche lentement ! Je crie « Reste loin de moi ! », mais le son de ma bouche ne sort pas ! Pétrifiée par cette beauté humide qui se révèle au gré des réverbères, sa chevelure rousse dégoulinant à ses pieds.

Ses doigts froids sont déjà sur mes yeux, brandissant le passé bien plus haut que l’avenir… Elle les pose sur ma bouche, désertée par la salive sous l’effet de la frayeur…L’odeur de ses promenades nocturnes glisse de ses ongles à mes narines et je l’entends :
« Dès le premier temps des nuits, du moment où elles virent le jour, me dit-elle, on m’appela, moi la huitième, pour les aider à grandir. Et lorsque je l’ai rencontré, je suis tombée amoureuse de l’hiver et de sa splendeur. Je courais dans l’espoir de nous unir, mais je n’avais pas compris que cette passion dévorante était une impasse. Ne me suit-il pas chaque année ? Il est perdu si je l’attends… 
Ne me lâche t-il pas chaque année ? La solitude est son seul présent ! »

Son discours était secoué de sanglots qui semaient leur lot de sang sur le sol.

« Alors, je prépare sa voie, faisant mon possible pour faciliter son issue…, continua-t-elle, Après toutla feuille de l’arbre meurt plus souvent sur un pare-brise que sur la terre qui lui est promise
Je l’aime ainsi à faire son lit pour que seul il se couche ! Je l’aime encore, sans lui, sans qu’il ne me touche. Pourtant si l’on me donnait aujourd’hui le choix, cela n’aurait rien changé…Car c’est le mois de juin que j’aurais préféré…Voir enfin s’épanouir le jour, voir les nuits blanches de Saint-Pétersbourg, imaginer le bruit de mes larmes sans l’assaut obscure, et donner un sens à mes insomnies grises et stupides qui flétrissent mes voiles comme le temps creuse tes rides…
Profiter du ciel pâle, pour me pâmer, impériale, dans les rues animées ou bien faire l’ermite pour ruminer sur ce monde à la fois petit et sans limite… Laisser à la nuit l’ennui, tendre une corde vers l’horizon et ne jamais m’en tirer. Effacer les saisons et les mois, et moi…m’oublier…»

Silence. Les flots de la mer rouge sont calmés, les pleurs de l’automne arrêtés. Quand j’ai osé regarder autour, il n’y avait plus rien. De la fenêtre de ma chambre, j’ai vu la Terre chercher avec peine un début de clarté, dans un brouillard déjà grisonnant.

Depuis, il me tarde de vivre la première heure noire, de guetter l’apparition, le cœur palpitant devant la probabilité d’un simple mirage…Et l’âme encore pleine d’été consolée à l’idée qu’Octobre aurait pu aimer le soleil.

©Emilie Berd 22/10/2016

 

Les 10 Choses à Ne Pas Faire : Aujourd’hui, lorsqu’on fréquente un maniaque du désordre

Vous êtes invité par (ou pire vous vivez avec) un individu qui n’a pas les mêmes préoccupations que vous en matière de rangement. Je me permets, ci-dessous, de vous livrer quelques conseils, connaissant moi-même (enfin je pense) un maniaque du désordre, afin d’écarter impair et manquement qui ruineraient votre relation amicale (ou plus si affinités).

  1. Ne pas ramasser ce qui traîne au sol: Si vous l’ignoriez, le sol constitue aussi un élément de rangement, en l’espèce, très prisé par le maniaque du désordre. Si un objet est laissé à terre, c’est qu’il y est à sa place ! J’attire votre attention sur le fait que, sauf dans le cas particulier où vous risqueriez une chute (grave) au moindre pas (exception d’application TRES stricte !), une telle attitude irait, pour cet individu, à l’encontre des règles élémentaires de courtoisie.
  2. Ne pas assimiler désordre et paresse: En aucun cas, le bazar environnant ne doit être considéré comme le signe d’une flemme chronique ou d’un « laisser-faire laisser-aller ». Prenez garde car le maniaque du désordre est fin observateur. Il a l’œil exercé de l’athlète entrainé à chercher une aiguille dans une botte de foin, une salière dans un amas de jouets, ou toute autre chose improbable dans un fouillis quelconque ! Il pourrait donc vite le remarquer et s’en vexer. Le désordre est un art de vivre, pas un acte de mauvaise volonté !
  3. Dans le même ordre (si j’ose dire) d’idées, éviter de considérer que l’intérieur est le reflet de la personnalité : Ce sont les yeux qui sont le reflet de l’âme donc regardez-le droit dans les yeux, plutôt que perdre votre regard panique dans son bric-à-brac. Je vous rassure, le non-respect de cette règle peut se corriger si vous appliquez la technique suivante : lorsque le maniaque du désordre vous en fait la remarque, reprenez-vous quelque peu en le rassurant « C’est une maison qui vit». Vous l’avez échappé belle mais le tour est joué !
  4. Ranger ? A vos risques et périls : Vous ne lui rendrez pas service en rangeant à sa place. Bien au contraire, il s’en offusquera devant vous (s’il s’en rend compte, parce que dans ce chenil…) et après votre départ. Et ceci à raison, car, après tout, et je vous le demande moi aussi : vient-il chez vous pour ranger votre intérieur, lui ?
  5. Ne pas rajouter une pièce rapportée à son fourbi en vous disant « Bah…Un peu plus ou un peu moins… » Ce que vous prenez comme un ensemble sens dessus dessous est, en réalité, le fruit d’une organisation fine, travaillée voire méticuleuse. Chaque chose est à sa place, pour un raison (même si elle semble mystérieuse et vous est, en tout état de cause, inconnue) bien précise ! Votre intervention casserait l’harmonie d’un grand tout donc veillez à respecter ce qui vous semble sans queue ni tête au risque de devoir prendre les jambes à votre cou !
  6. Ecarter toute discussion visant à l’encourager à embaucher une femme ou un homme de ménage.Tout d’abord, le maniaque du désordre n’est pas un gros crado. Il range (pour lui, c’est le cas !), nettoie et dérange. Cette dernière action peut paraître étrange, mais nous sommes là pour vous aider par pour faire son analyse ! Ensuite, pour qu’une personne employée pour faire le ménage le fasse effectivement, IL FAUT TOUT RANGER AVANT SON ARRIVEE !
  7. Résister à l’envie de se moquer de l’état des lieux : Quand le maniaque du désordre vous répond au téléphone « OK, pour samedi soir ! Mais chez moi, c’est le bazar !», c’est vraiment le bazar ! Vous étiez donc prévenu ! Et se moquer des gens, ce n’est pas beau non plus !
  8. Ne jamais le contraindre au rangement : Le maniaque du désordre passe par des phases rangeresses. Toutefois, à moins de lui en vouloir personnellement ou de connaitre le montant exact de son éventuelle assurance-vie (on partira du postulat que vous en êtes le bénéficiaire !), mesurez ces crises à leur valeur juste c’est-à-dire sans les surestimer ! Ne vous laissez pas aller par l’élan fantasque que le rangement, c’est maintenant ! D’autant que l’élément intentionnel de la tentative d’homicide d’un maniaque du désordre sera ici établi, si la preuve que vous avez lu ce billet est apportée !
  9. N’essayer pas de le raisonner : En rangeant, vous trouvez plus vite vos affaires ? Et bien, pour le maniaque du désordre, c’est tout le contraire, il garde les choses à portée de main, partout, tout le temps !
  10. Retenez un « je te l’avais bien dit» lorsqu’il n’arrive pas à retrouver quelque chose. Le maniaque du désordre vous rétorquera que c’est justement parce que, et ce dans le but unique de vous faire plaisir, IL a rangé ce satané truc en question qu’il ne le trouve pas ! Selon lui, soit dit en passant, la meilleure explication sera, à plus ou moins court terme, que VOUS, vous l’avez rangé dans son dos.

J’espère avoir apporté assez de précision pour vous permettre de passer une soirée (vie de couple) agréable en compagnie du maniaque du désordre. A vrai dire, je n’ai pas épuisé le sujet, mais je dois malheureusement vous quitter, car depuis ce matin, je suis toujours à la recherche de mes clefs…

©Emilie BERD 14/10/2016

 

ALPHABET

Voilà Maman qui est fait !
J’ai appris par cœur l’alphabet
Et la comptine qui fait tourner
Les 26 lettres en ronde.

Je les chante, je les fais danser.
C’est la seule chose que je sais.
Mais qu’importe ce que peut penser
Le reste du monde !

Le B ressemble à tes câlins
Quand tu m’embrasses le matin
Ce ne sont pas que des dessins
C’est la vie qui m’appelle :

Le D roule dans les coins.
Le P fait rire les copains !
Et le S qui perd son venin
Quand il croise une voyelle…

Le Q n’est plus un malpoli
Le C est coquin, si, si !
Et le R qui fait des guilis
Comme les bonbons qui piquent !

Mais faudrait peut-être les appeler
Les messieurs de l’alphabet.
Comment ont-ils pu oublier
Ma lettre magique?

Tu pourrais leur signaler ?
Ou, en cachette, la rajouter ?
Pourquoi ont-ils enlevé
Ma lettre préférée ?

Attends ! Non ! Ne les appelle pas !
Je vais plutôt la garder, je crois !
Elle sera mieux rien que pour moi !
Ma lettre fée.

©Emilie BERD 06/10/2016

Poème largement inspiré par Mambo 3 qui avait prononcé la lettre F, fé et non èf!

 

Les 10 Signes Qui Ne Trompent Pas : Aujourd’hui, dépassé par le temps qui passe.(Sérieux s’abstenir!)

On est dépassé par le temps qui passe lorsqu’on se met à:

1) Penser qu’un téléphone, c’est fait exclusivement pour téléphoner !
2) Appliquer, en même temps, la crème de jour ET la crème de nuit :
Les radicaux libres sont devenus petit à petit l’ennemi  numéro un !
3) Laisser le monde intérieur prendre le pas sur le monde extérieur : Le temps de la méditation surpasse désormais le temps de la représentation, alors que, de façon paradoxale et tout aussi ironique, le temps enfermé(e) dans la salle de bain dépasse le temps dans les pièces à vivre!
4) Ecouter sagement ses enfants expliquer comment fonctionne Internet. Cela marche aussi avec les réseaux sociaux, une tablette, etc …(«Va donc dans ta chambre et ouvre un bouquin sale gosse ! M’en vais te filer un magnétoscope et un minitel, tu f’ras moins le malin ! »
5) Ne plus tremper ses frites dans la mayo ! (De toute façon, cela fait belle lurette que je ne mange plus de frites).
6) Comprendre le Principe de Précaution et devenir totalement imperméable à Celui de l’Insouciance. Ce mot «Insouciance» est d’ailleurs raillé de la liste de ton vocabulaire, remplacé derechef par « Inconscience »!
7) Expliquer à ses enfants ce qu’est une machine à écrire…(Et c’est long…Très long…)
8) Se détourner des origines du monde pour préférer spéculer sur sa fin toute proche.
9) Commencer sérieusement à s’interroger sur l’existence d’une vie après la mort, tout en réfléchissant, car on est jamais trop prudent, à ouvrir une assurance-vie.
10) Maîtriser totalement le jargon médical et le parcours de soins coordonnés, et harceler la Sécu par téléphone car on attend toujours les points fidélité de la Carte Vitale.

©Emilie BERD 03/10/2016