MARS, LE MOIS DES FOUS

Ce mois-ci, c’est Monesille qui héberge l’Agenda Ironique et nous propose comme thème les fous :

« Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! Qu’est qui pourrait bien vous rendre fous ? De moi je sais déjà, hum, hum, mais d’écriture ? »

Voici donc ma folle participation à ce mois des fous :

MARS, LE MOIS DES FOUS

« Le sujet de l’Agenda Ironique de ce mois était donc « Mars, le mois des fous ». J’avoue avoir été très déçu, dans l’ensemble, par vos copies.

Nombre d’entre vous n’ont pu s’empêcher de faire quatre feuilles complètes sur des connaissances qui de leur famille, qui de leurs amis, étaient nées au mois de mars ! Il ne s’agissait pas de recopier une page de votre journal intime ou de débuter un livre de doléances. Ce n’était pas le sujet ! Ce que je vous demandais, et je croyais avoir été clair, c’était de vous attarder sur les caractéristiques du mois de mars, et partant, sur les raisons qui lui donnent une telle réputation.

Je vais donc à tous vous demander de le refaire et sérieusement, cette fois, s’il vous plaît ! Pour vous aider, et pour m’éviter une nouvelle migraine à la correction, je vais vous donner quelques pistes de réflexion :

Commençons par le commencement, le mois de mars est le troisième mois de l’année. Il arrive donc juste après celui… de février. Jusque là, je pense que vous me suivez, pour le moins je vous le souhaite…Le mois de février donc qui, on peut le dire sans crainte, est loin d’être foufou…Froid, court…Bref, on ne se le cachera pas : on aurait bien pu mettre avril ou (soyons fous puisque c’est le thème) juillet après le mois de février, il nous aurait paru tout aussi déjanté que le mois de mars, qui (soit dit en passant) est tout de même beaucoup moins givré que son prédécesseur !

Prédécesseur (février pour rappel) qui de désœuvrement nous a gavés de crêpes et de gaufres, amèrement regrettées aussitôt après, c’est-à-dire au moment d’ôter la doudoune pour le petit gilet cintré, car le mois de mars est aussi le mois du…printemps !

Et qui dit printemps, dit…saison des amours ; Les plantes s’épanouissent, les abeilles butinent , les jupes fleurissent et s’envolent à la brise légère du matin… ou de l’après-midi…ou du soir même, car vous n’êtes pas sans savoir que mars est un mois de caractère, avec une météo venue pour ainsi dire d’une autre planète que l’on nomme poétiquement « giboulées »…Il lui les faut tous : orage, tempête, grêle et compagnie, avec du soleil aussi, un grand fou, je vous dis ! Car si en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil, en mars, pas d’apéro sur la terrasse !

Alors après, en conclusion, que fait-on ?… On ouvre le sujet. Par exemple Mars, mois des fous : Fiction ou Réalité ? C’est là où il faudra vous positionner ! Faites preuve de courage. N’hésitez pas à soulever des lièvres !

En revanche et ce sera mon dernier conseil, pour votre réflexion, ne vous bornez pas au mois de mars que vous êtes en train d’expérimenter. En effet, et j’aurais dû commencer par là, mars cette année a une spécificité un peu farfelue…une french touch. Sa fin habituellement fixée au 31 aura lieu en 2017 le 7 mai. Donc puisez dans votre mémoire ! J’attends vos copies le vendredi 24 mars au plus tard ! »

©Emilie Berd 24/03/2017

 

MON RÊVE

Je t’ai rencontré dans cette heure de miel tendre à laquelle l’aube tend la main pour inviter le teint à s’allumer. Tu sais, lorsque l’esprit tente de se noyer dans les remous amoureux de l’ombre… Je te vois dans ces moments de luttes inégales : incandescent.

Mon corps reste immobile dans l’espoir fou de plonger, de se prolonger dans le mystère de ses propres méandres et de s’y perdre enfin, car là c’est déjà si loin que ni la soif ni la faim ne parviennent à s’y rendre. Et tu es là, jusqu’à ce que le réveil, cruel, pointe au matin et que s’enchaînent les temps gris et moites, à l’odeur sombre du chagrin.

Je te vois encore dans l’instant brunissant où les yeux frissonnent de sommeil derrière les paupières bleuies par leur tâche régulière. Tu sais, lorsque tu apprends à marcher à l’amorce de mes nuits… A la seconde où tu tâtonnes, où tu prends appui…Juste avant que tu ne t’élèves et prennes l’horizon tout entière.

S’échappant et filant sans fin, tes brumes se posent sur ma bouche. Elles répandent leur beauté d’épouvante, évanescente et absolue. Il n’y a plus d’hiver, plus de vent…Rien ne bruit. La chaleur sur ma peau respire sous ton hâle de printemps qui m’enveloppe. Et même si tu sais à quel point je suis morte, tu me transportes et me soulèves, mon Rêve.

©Emilie BERD 17/03/2017

MOTS D’AMOUR pour le jeudi poésie en vert d’Asphodèle

MOTS D’AMOUR

A l’ancre dans leur bleu acier,
Aux silhouettes rondes chaloupées,
Illustrant par leur port altier,
L’entre-deux lignes menues imprimées,
Les mots lient en secret les aveux sacrés
et les serments.

A l’allure des sons enlacés,
Ils déferlent dans un élan infernal,
déchainent leur flot des agrès,
Enflent et roulent jusqu’au point final.
Les mots râlent encore de naître d’un corps
non du firmament.

Amoureux est l’esprit qui part
Court, sans souci des accords en nombre
En tout genre, oubliant règles et art,
Pour passer de la lumière à l’ombre.
Les mots se font fougueux à l’idée que fous d’eux,
s’aiment les amants.

A couvert, sous la plume nue,
Neutres et souvent trahis dans la bataille,
Ils aident les cœurs lâches ou déçus
Et prennent soin de ceux qui déraillent.
Les mots sont à l’âme ce que sont les larmes
au tourment.

©Emilie Berd 7 mars 2017

 

CHOCOLAT

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Sa peau souvent noire, douce et laquée,
Craque sous les doigts aussitôt qu’on la touche.
Blanche parfois, ne rougit au soleil
Mais fond comme de la neige, dans la bouche.
Son coffret de lait est une boîte à trésor
Qui cache framboises, ganache et praliné.

Seul ou accompagné
Noisettes, amandes et autres ajouts,
Orange, piment, noix de Cajou,
Le gourmand se tait
Lorsqu’il est là.

Son odeur affole les sentinelles du corps
Qui se jettent, perdues, dans cette voie lactée.
Sa saveur sucrée met le cerveau en éveil
Et l’expose en douceur à ses feux d’artifices.
Sa couleur brille sous un papier doré
Dont la musique froissée est déjà un délice.

En épais carreaux
A la pistache, au café ou au nougat
Mandarine, fraise, giunduja
En petits copeaux
Le chocolat…

© Emilie BERD 9 avril 2015

MON FILS

Tu sais, dans mes colères, les prisons et l’Enfer,
L’échec et l’aveu.

Tu entends ramper le lierre d’argent et de poussière
Dans mes cheveux.

Tu vois dans mes attelles, des liens qui s’entremêlent
Et cachent tes yeux.

Tu sens pousser ma peur et les épines dans mon cœur,
Déjà si vieux.

Je sais dans mes regards, les tristesses et les gares,
La fin encore.

J’attends en silence les larmes de ton absence,
Seule dans le décor.

Je vois dans tes révoltes, les étincelles, les volts,
Tes météores.

Je renifle en cachette l’odeur de lait sur ta tête,
Noisette et or.

Faudrait que je déguise les démons qui t’épuisent
Souvent la nuit.

Faudrait qu’j’te répète les airs qui m’entêtent
Puis m’ennuient.

Mais chaque jour qui passe met toujours plus d’espace
Entre nous deux.

Et chaque jour qui reste t’éloigne sans conteste
M’efface un peu…

©Emilie BERD 13/02/2017

POESIE

Aujourd’hui, pour le jeudi-poésie chez Asphodèle, nous avions la possibilité d’écrire une poésie.

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POESIE

Essence infuse, science céleste,
Fille des flots, cache parfaite
M’amuse

Onde recluse au moindre geste
Abri éclos, sublime baguette
Ma muse.

Multiples excuses, imposture,
Sonores sanglots, caresses discrètes,
M’effleurent.

Détresse intruse, tracé si pur
Sang au galop, galaxie secrète
Mes fleurs.

Magie diffuse, lumière modeste
Nobles halos qui troublent la tête
Et muent.

Larmes confuses, éclaboussures
Rires à huis clos, cœur qui hoquète
Emu.

 

©Emilie BERD 04/02/2017

 

 

AGENDA IRONIQUE DE FEVRIER

En février, c’est Jobougon qui héberge l’Agenda Ironique. Comme thème, Jobougon nous propose d’écrire une critique littéraire.
Notre mission en février.
Choisir un livre et en faire une critique littéraire.
Qu’on l’ait lu ou pas.
Qu’il existe réellement ou pas.
Qu’un livre intrus se soit glissé distraitement dans le lot.
Que l’on rêve de l’écrire, ou pas.
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite.

Voici ma participation, un brin délirante, je l’avoue.

Entretien avec Ava B. le 4 juin 2054

Bonjour, Ava B, nous sommes ici, sur ce plateau, pour parler de votre livre La Révolte contre les Reloux, paru aux Editions Planète, la semaine dernière. Est-ce un livre politique ?

Il s’agit avant tout d’un récit historique sur la Révolte Internationale de 2020.

Ne peut-on pas parler de Révolution ?

Citez m’en une qui a changé le monde ? Avec la révolution, on ne fait que tourner en rond ! Je préfère parler de révolte, car il s’agit bien de la Révolte de nos Ancêtres. Et cette Révolte est l’avènement d’un jour nouveau, d’un régime novateur et stable inspiré par plus de deux mille ans d’Histoire et, bien évidemment par le Très-Haut. Car, il ne faut pas oublier que c’est grâce à cet épisode sombre que le Très-Haut, notre Guide à Tous, pourvoit désormais aux besoins matériels et immatériels de la Terre entière.

Cette révolte a été contée de nombreuses fois…Alors pourquoi ce livre ?

J’y ai étudié les raisons pour lesquelles la Révolte a explosé, à titre d’exemple et de mémoire… Malgré les travaux de nos chercheurs, ces raisons restent assez floues.

Quelles sont donc les raisons qui ont poussé nos Ancêtres à se révolter contre le désordre établi ?

Il y a deux thèses :
-La Thèse de la Bêtise Ordinaire: Une drogue aurait été administrée par le réseau de distribution d’eau, afin de maintenir servilité et docilité.
Cela expliquerait pourquoi les enfants, absorbant alors des litres de boissons sucrées industrielles, ont été beaucoup moins touchés que les adultes, et ont donc été en mesure de se rebeller contre leurs parents. Ils ne les supportaient plus. A l’époque, nos Ancêtres disaient que leurs parents étaient « reloux ». Cette appellation est restée.
-Et la thèse dite « du pain et des jeux » : La Révolte aurait été la réponse à  une initiative des Reloux entendant supprimer les réseaux sociaux, très prisés par nos Ancêtres. Certains évoquent même un complot impliquant l’Intelligence Artificielle. La volonté de supprimer les réseaux sociaux aurait été ce qu’on appelait une « fake news », diffusée par l’I.A. via les réseaux sociaux afin que les Enfants s’élèvent contre les adultes. Cette théorie est toutefois invérifiable, compte tenu de la mise en veille de l’I.A. par le Très-Haut, dans sa bienveillance universelle.

Quelle thèse privilégiez-vous ?

Elles sont toutes valables, à cause du contexte…
Le monde n’était pas celui d’aujourd’hui. Avant la Montée des Eaux, les terres émergées étaient évidemment plus nombreuses et elles étaient partagées en états chacun dirigé par une ou plusieurs personnes.
Des écrits sur le réchauffement du climat témoignent de pays ratatinés en leur centre. En quelques mois, ils se seraient géologiquement recroquevillés, à l’intérieur de leurs frontières, formant des creux et des plis… De sorte que plus personne ne pouvait ni se voir ni s’entendre…Le risque de troisième guerre mondiale n’avait jamais été aussi grand…La tension était épaisse…Nos Ancêtres ont dit « Stop« !

Quelle période tragique !

Je pense que les Reloux ont été dépassés…Ils ne savaient pas gérer les problèmes qui s’imposaient à eux, trop occupés qu’ils étaient par leurs cultes… L’argent, la corruption…Et la religion qu’heureusement le Très-Haut, Très-Eveillé, Ultime Rempart, a banni de notre société mondiale.

Alors, les Enfants, nos bien-aimés Ancêtres, ont pris les armes…

Tant de pouvoir dans de si petites mains…N’est-ce pas terrifiant ?

En effet, il existait une expression « Jeux de mains, jeux de vilains », qui n’était plus entendue semble t-il, à ce moment… C’est pourquoi le Très-Haut a mis en place aujourd’hui un programme de « désensibilisation » dès l’âge de quatre ans…

Oui, les fameux vaccins contre la Rage…

Encore une fois, chaque mot a son importance. Il s’agit de désensibilisation pour que les enfants  puissent se consacrer entièrement aux apprentissages et à l’expression de leur gratitude envers le Très-Haut.

Vous comprenez que certaines voix s’élèvent contre ce dispositif ?

Je n’en ai pas entendu parler…Mais si tel est le cas, je veux dire à ces parents qu’il faut placer son entière confiance dans le Très-Haut, car lui seul sait ce qui est bon pour nous tous.

Revenons à votre livre…En quelques mots, quel est son message ?

Mon livre montre scientifiquement que la liberté amène le chaos. Le message sous-jacent serait que quoiqu’il nous arrive, il faut s’en remettre au Très-Haut, le Premier parmi les hommes.

Merci beaucoup Ava B. d’être venue aujourd’hui dans notre émission pour parler de ce livre très intéressant.

Merci à vous de m’avoir accueillie…Vous savez, j’ai simplement voulu écrire un manuel scolaire et je suis très honorée que le Très-Haut ait décidé de l’utiliser en classe.

©Emilie BERD 07/02/2017

MOTS

Les heures blafardes s’avancent.
Les vies sans fête commencent.
Les cœurs en feu vont faire sang
D’un coup de poing comme en cent.

Le glaive de l’ignorance
Fait vœu d’autodéfense.
Restent les vestiges puissants
Des derniers jours du monde d’avant.

Sur un bout de papier, résistants,
Aimés, brandis, les mots aimant…

Ils éveillent la lumière,
Frères d’armes ou de colère,
Font des étoiles incendiaires
Les milles larmes de l’univers.

Ils s’enflamment de dire,
Se nourrissent de pages pures,
Sont épris jusqu’à en mourir
Au prix de tâches et de ratures.

Encres ou cendres, répréhensibles,
Aimés, brandis, mots invincibles…

©Emilie BERD 27/01/2017

 

 

AGENDA IRONIQUE DU MOIS DE JANVIER-ESPECES D’ESPACE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Carnetsparesseux.

Il nous proposait le thème suivant :

Espèces d’espace

Petit clin d’oeil à Georges Perec ? Façon d’arrêter de se croire tout seul sur notre petite planète ? De faire un peu de place aux autres d’ici ? Ou encore de rêver à nos frères inconnus qui se promènent dans les galaxies lointaines ? Autre chose encore ? A vous de dire.

Mode d’emploi : comme d’habitude, forme libre, chanson, poème, conte, récit, tarentelle, haïku… disons quand même pas plus de 700 mots – comme d’habitude…

Il précisait apprécier que soient glissés dans le texte sept des huit mots suivants : hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.

Voici donc Espèces d’Espace à ma façon :

TE SOUVIENS-TU ?

Te souviens-tu ?

J’étais venu te voir, par une nuit glaciale. Une nuit si belle, la première nuit…

Dehors, l’eau ne coulait plus. J’entendais les pierres se moquer d’elle : « Tout le printemps, tu glisses. Sur nous, tu cours. Tu te presses et nous nargues ! Et voilà que c’est ton tour. »  Elle, d’ordinaire limpide était immobile, figée par le gel en de fines statues, des dents pointues qui tombaient de ton toit et protégeaient ta porte.

La terre étouffait en silence sous la neige, celle du jour d’avant, un jour blanc.

Tu n’étais pas sortie. Tu n’avais pas bu et peu mangé. Tu essayais de réchauffer tes pieds menus, en improvisant une danse sur la terre battue. Adresse du chat faite petit rat, ballerine pleine de grâce imaginée par la glace qui se faufilait sous ta peau, aérienne… Je sentais ton cœur battre dans mes tempes.

Ce soir-là, je suis rentré chez toi, je suis allé dans ta chambre. Tu dormais. Tu tremblais tant, comme si le vent de l’hiver t’enlaçait sous tes couvertures, comme si une fièvre tenace épuisait tes rêves. J’ai caressé ta joue, tu n’as plus bougé et je suis parti.

Les nuits suivantes, je suis revenu. Je m’asseyais à côté de ton lit pour écouter tes songes. Et une fois, dans ces images d’horreur et de joie, je m’y suis vu !

Te souviens-tu ?

Surpris, je suis sorti, m’arrêtant sur le pas de ta porte. Tu t’es levée et tu m’as cherché. Tu m’as saisi la main et je t’ai étreint.

La lumière a frappé autour de nous. J’ai entendu faner le mimosa, l’eau ruisseler en grande pompe et les pierres la maudire. J’ai vu l’herbe poussée d’un coup comme un monstre vert souterrain libérant toutes ses tentacules. Le toit a commencé à pleurer, dans nos cous, des gouttes froides et seules…Nous étions deux…

Te souviens-tu ?

Au fur et à mesure des nuits, notre amour a grossi…Tu étais si inquiète, car, aux yeux des autres, disais-tu, je n’existais pas. Peut-être… mais aux tiens ? Je voulais rester ton roi et j’aurai fait n’importe quoi… Si j’avais pu, je l’aurai porté moi-même cet enfant, je me serais fait femme ou …ou hippocampe ! Mais les anges ne savent pas faire ces choses-là…

Tu m’avais promis pourtant que tu serais toujours là pour moi et tu m’as oublié pour que cet enfant vive comme un homme, cet enfant qu’un autre m’a volé…
Pourtant, au fond, tu avais raison, car personne au monde n’aurait pu croire qu’un ange et une étoile aient pu s’aimer.

©Emilie BERD 13 janvier 2017