PROFESSION DE FOI

Voici ma participation au jeudi poésie tout en vert chez Asphodèle.

PROFESSION DE FOI

« Je saurais tracer vos voies
Si vous m’accordiez les vôtres.
Non, n’ayez pas peur de moi !
Je suis un Homme comme un autre !

Vous n’aurez plus jamais froid
Ici même j’en fais serment !
En fer, je signe la croix.
Que l’on me brûle, si je mens !

Oui ! Je tairais vos blessures
Vos terreurs et la faillite.
Et la Terre qui sature,
Tout à coup bien trop petite !

Pourtant j’élèverais des murs
Sur les larmes et les cailloux.
Passez-moi vite mon armure!
Je me dresserai devant vous !

Vous deviendrez mes épées,
Puisqu’il faudra faire la guerre.
Je s’rai maître des armées.
Vous! Vous en serez la chair !

Mais si! C’est la vérité !
Les loups hurlent à la ronde !
Et j’arriverai à vous sauver
De la fin de votre monde !« 

©Emilie BERD 12 avril 2017

Cinq ans bout à bout


Bouture d’argent,
Graine de trésor,
Fleur du vent…

Bourgeon urgent,
Boite à ressorts,
Tapis volant…

Boule de pluie,
Qui perle souvent,
S’écoule et puis
Boude d’ennui
Juste le temps…
Le chagrin fuit.

Boucles de toiles
opales et de l’or
jusqu’à la moelle.

Bouille qui dévoile
lorsqu’elle s’endort
ses airs d’étoile.

Boue salissant
habits et peau,
un jeu d’enfant…
Rires éclatants
m’ont mise K.O.
à bout portant.

©Emilie BERD 10/04/2017

MARS, LE MOIS DES FOUS

Ce mois-ci, c’est Monesille qui héberge l’Agenda Ironique et nous propose comme thème les fous :

« Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! Qu’est qui pourrait bien vous rendre fous ? De moi je sais déjà, hum, hum, mais d’écriture ? »

Voici donc ma folle participation à ce mois des fous :

MARS, LE MOIS DES FOUS

« Le sujet de l’Agenda Ironique de ce mois était donc « Mars, le mois des fous ». J’avoue avoir été très déçu, dans l’ensemble, par vos copies.

Nombre d’entre vous n’ont pu s’empêcher de faire quatre feuilles complètes sur des connaissances qui de leur famille, qui de leurs amis, étaient nées au mois de mars ! Il ne s’agissait pas de recopier une page de votre journal intime ou de débuter un livre de doléances. Ce n’était pas le sujet ! Ce que je vous demandais, et je croyais avoir été clair, c’était de vous attarder sur les caractéristiques du mois de mars, et partant, sur les raisons qui lui donnent une telle réputation.

Je vais donc à tous vous demander de le refaire et sérieusement, cette fois, s’il vous plaît ! Pour vous aider, et pour m’éviter une nouvelle migraine à la correction, je vais vous donner quelques pistes de réflexion :

Commençons par le commencement, le mois de mars est le troisième mois de l’année. Il arrive donc juste après celui… de février. Jusque là, je pense que vous me suivez, pour le moins je vous le souhaite…Le mois de février donc qui, on peut le dire sans crainte, est loin d’être foufou…Froid, court…Bref, on ne se le cachera pas : on aurait bien pu mettre avril ou (soyons fous puisque c’est le thème) juillet après le mois de février, il nous aurait paru tout aussi déjanté que le mois de mars, qui (soit dit en passant) est tout de même beaucoup moins givré que son prédécesseur !

Prédécesseur (février pour rappel) qui de désœuvrement nous a gavés de crêpes et de gaufres, amèrement regrettées aussitôt après, c’est-à-dire au moment d’ôter la doudoune pour le petit gilet cintré, car le mois de mars est aussi le mois du…printemps !

Et qui dit printemps, dit…saison des amours ; Les plantes s’épanouissent, les abeilles butinent , les jupes fleurissent et s’envolent à la brise légère du matin… ou de l’après-midi…ou du soir même, car vous n’êtes pas sans savoir que mars est un mois de caractère, avec une météo venue pour ainsi dire d’une autre planète que l’on nomme poétiquement « giboulées »…Il lui les faut tous : orage, tempête, grêle et compagnie, avec du soleil aussi, un grand fou, je vous dis ! Car si en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil, en mars, pas d’apéro sur la terrasse !

Alors après, en conclusion, que fait-on ?… On ouvre le sujet. Par exemple Mars, mois des fous : Fiction ou Réalité ? C’est là où il faudra vous positionner ! Faites preuve de courage. N’hésitez pas à soulever des lièvres !

En revanche et ce sera mon dernier conseil, pour votre réflexion, ne vous bornez pas au mois de mars que vous êtes en train d’expérimenter. En effet, et j’aurais dû commencer par là, mars cette année a une spécificité un peu farfelue…une french touch. Sa fin habituellement fixée au 31 aura lieu en 2017 le 7 mai. Donc puisez dans votre mémoire ! J’attends vos copies le vendredi 24 mars au plus tard ! »

©Emilie Berd 24/03/2017

 

MON RÊVE

Je t’ai rencontré dans cette heure de miel tendre à laquelle l’aube tend la main pour inviter le teint à s’allumer. Tu sais, lorsque l’esprit tente de se noyer dans les remous amoureux de l’ombre… Je te vois dans ces moments de luttes inégales : incandescent.

Mon corps reste immobile dans l’espoir fou de plonger, de se prolonger dans le mystère de ses propres méandres et de s’y perdre enfin, car là c’est déjà si loin que ni la soif ni la faim ne parviennent à s’y rendre. Et tu es là, jusqu’à ce que le réveil, cruel, pointe au matin et que s’enchaînent les temps gris et moites, à l’odeur sombre du chagrin.

Je te vois encore dans l’instant brunissant où les yeux frissonnent de sommeil derrière les paupières bleuies par leur tâche régulière. Tu sais, lorsque tu apprends à marcher à l’amorce de mes nuits… A la seconde où tu tâtonnes, où tu prends appui…Juste avant que tu ne t’élèves et prennes l’horizon tout entière.

S’échappant et filant sans fin, tes brumes se posent sur ma bouche. Elles répandent leur beauté d’épouvante, évanescente et absolue. Il n’y a plus d’hiver, plus de vent…Rien ne bruit. La chaleur sur ma peau respire sous ton hâle de printemps qui m’enveloppe. Et même si tu sais à quel point je suis morte, tu me transportes et me soulèves, mon Rêve.

©Emilie BERD 17/03/2017

MOTS D’AMOUR pour le jeudi poésie en vert d’Asphodèle

MOTS D’AMOUR

A l’ancre dans leur bleu acier,
Aux silhouettes rondes chaloupées,
Illustrant par leur port altier,
L’entre-deux lignes menues imprimées,
Les mots lient en secret les aveux sacrés
et les serments.

A l’allure des sons enlacés,
Ils déferlent dans un élan infernal,
déchainent leur flot des agrès,
Enflent et roulent jusqu’au point final.
Les mots râlent encore de naître d’un corps
non du firmament.

Amoureux est l’esprit qui part
Court, sans souci des accords en nombre
En tout genre, oubliant règles et art,
Pour passer de la lumière à l’ombre.
Les mots se font fougueux à l’idée que fous d’eux,
s’aiment les amants.

A couvert, sous la plume nue,
Neutres et souvent trahis dans la bataille,
Ils aident les cœurs lâches ou déçus
Et prennent soin de ceux qui déraillent.
Les mots sont à l’âme ce que sont les larmes
au tourment.

©Emilie Berd 7 mars 2017

 

CHOCOLAT

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Sa peau souvent noire, douce et laquée,
Craque sous les doigts aussitôt qu’on la touche.
Blanche parfois, ne rougit au soleil
Mais fond comme de la neige, dans la bouche.
Son coffret de lait est une boîte à trésor
Qui cache framboises, ganache et praliné.

Seul ou accompagné
Noisettes, amandes et autres ajouts,
Orange, piment, noix de Cajou,
Le gourmand se tait
Lorsqu’il est là.

Son odeur affole les sentinelles du corps
Qui se jettent, perdues, dans cette voie lactée.
Sa saveur sucrée met le cerveau en éveil
Et l’expose en douceur à ses feux d’artifices.
Sa couleur brille sous un papier doré
Dont la musique froissée est déjà un délice.

En épais carreaux
A la pistache, au café ou au nougat
Mandarine, fraise, giunduja
En petits copeaux
Le chocolat…

© Emilie BERD 9 avril 2015