LES PLUMES D’ASPHODELE – LES TEXTES

Bonjour à toutes et à tous

Voici les textes des participants aux premières PLUMES D’ASPHODELE de l’année 2019.

Dans l’ordre d’arrivée :

Martine sort les pagaies avec Vieillir
PatchCath nous embarque dans  La Grande Traversée
Carnetsparesseux avec C’est dit, je pars ! (Mais non, Carnets, reste !!!)
Laurence Délis nous emmène à  La traversée des rêves
Célestine nous montre Juste après
Nadège nous tient en Equilibre (instable)
Le ricochet de Jobougon avec L’épaisseur d’un mystère se mesure à la jumeleine.
L’abécédaire de Mind The Gap
Lydia avec Le souffle de la liberté
PatiVore et son petit conseil entre ami

Les mots à utiliser étaient les suivants :

 OCEAN DESERT ENJAMBEE PASSERELLE TRAVERSIN RUE VOYAGE                     PASSAGE FRANCHIR HORIZON VACANCE VOILURE VIEILLIR
Vous pouviez en laisser un de côté, si vous le souhaitiez.

Voici ma participation juste en dessous.

Prochain RDV des PLUMES D’ASPHODELE pour une nouvelle collecte le lundi 28 janvier.

TOUT CE QUI BRILLE N’EST PAS D’OR

Sur le balcon de l’hôtel, il admire l’horizon blanchie. Devant l’océan, on se dit souvent que l’on est tout petit.
Les yeux clos, il entend le bruit des vagues et d’une voilure qui tape au loin.

Il avait eu besoin de partir. Pas de lourd bagage ni grand voyage… Respirer, prendre quelques jours de vacances et en profiter pour la revoir au passage.

Cette nuit, il en avait trempé son traversin de sueur : l’idée de la rencontrer, de la toucher encore si elle le voulait…mais plus tôt ce matin, pas de doute, il avait vieilli. Et quand en lui passant un coup de fil, il était tombé sur le répondeur d’un inconnu, il a vite compris qu’elle ne voudrait plus.
C’est comme ça… Les deuxièmes chances sont rarement les premiers choix. Ça se paie…
Il se demande si sa vie ressemble plus à un désert qu’à une barque qui prend l’eau, puis ouvre les yeux.

Quelque chose attire tout de suite son regard sur la plage, quelque chose qui brille de façon permanente. Si on lui avait posé la question, il aurait juré que ce n’était pas là tout à l’heure.
Il se hisse sur la rambarde. D’ici, ce sera bien plus clair.
Il se penche un peu pour mieux la voir. Sous lui, un silence étouffant s’élève de la petite rue.
Cela brille de plus en plus comme une étoile née de la houle, échouée, solitaire sur un sol humide…
Il essaie de franchir le garde-corps, quand son astre s’allume par intermittence.
Sous l’hypnose de cet éclat à éclipse, persuadé qu’il s’agit d’un SOS, il se ravise et quitte l’hôtel par la porte.
Fou, il monte à grandes enjambées jusqu’à la passerelle qui mène à la plage, puis court dans le sable jusqu’à ce minuscule phare impromptu. Il ne sait pas ce que c’est mais c’est là pour lui !

Plus il s’approche, plus ça s’efface, mais peu importe, aujourd’hui, la chance lui sourit !
Arrivé à l’endroit de son trésor, il découvre une femme, étendue sur une serviette de bain… Belle, elle a le teint hâlé de celles qui portent la lumière sur leur peau comme un trophée.
Allongée en contre-bas, les mains au-dessus de sa tête, sa respiration est lourde, rythmée par le sommeil. Il remarque un large bracelet en or, à son poignet gauche.

Il retourne d’où il vient, déçu.
Il aurait voulu découvrir une grande boîte fermée par un lourd cadenas en fer, ou une sirène aux écailles d’argent qu’il aurait sauvée d’un quelconque danger et qui l’aurait épousé par gratitude… Une méduse fantastique qui lui aurait proposé d’exaucer trois vœux…
À la place, il a trouvé une écervelée assoupie, exposée aux UV à onze heures passées…
Pourtant, se dit-il, pour une fois, tout ce qui brillait dort.

© Emilie BERD 18 janvier 2019

TRAVERSEE

Bonsoir,

Aujourd’hui, je suis allée à la pêche aux mots pour cette semaine des Plumes.

Le thème était TRAVERSEE et vous étiez inspirés en grandes étendues et en liberté.

Mais, avant les résultats, laissez-moi, si vous le permettez, vous raconter un peu la partie.

Tout de suite, je le dis… J’étais « à ça » de sortir la règle pour… Asphodèle qui défie son propre règlement et a failli (en plus) ne pas laisser de mots! Vous imaginez un peu (au matin) ma tête…

Notre Jument Verte est montée, en première ligne, à l’assaut de l’océan.

Suivie de près par Ecri’turbulente qui prend tout de suite le contrepied en proposant le désert.

Lydia poursuit, à grandes enjambées, la collecte.

Carnets a fait le paresseux en changeant deux lettres au mot du thème, et  en proposant, en outre, un mot fort utile au Dodo (traversin). Mais, c’est sûr, un paresseux cache bien son jeu et qui sait une fois la nuit venue…

Pathcatch nous a sereinement tissé un beau voyage.

Laurence Délis et Nadège ont franchi la ligne d’arrivée, alors que ma chère fée rêvait éveillée aux grands horizons.

Comme je disais à Astrid Sénechal ce matin, j’espère ne pas être trop à la rue, pour la récapitulation!

Ah oui, j’oubliais… La liste des mots…

OCEAN
DESERT
ENJAMBEE
PASSERELLE
TRAVERSIN
RUE
VOYAGE
PASSAGE
FRANCHIR
HORIZON
VACANCE
VOILURE
VIEILLIR

Ce qui fait treize mots en tout, avec les trois derniers que j’ai ajoutés…

Si vous le souhaitez, vous pouvez un éliminer un.

Vous avez jusqu’au vendredi soir, 20h00 pour déposer les liens de vos textes, ci-dessous!

Additif du 17 janvier : En déposant vos liens sous le billet, pourriez-vous indiquer le titre de vos oeuvres, pour celles qui en ont un bien entendu.

À très vite…

LUNDI, JOUR DE COLLECTE POUR LES PLUMES D’ASPHODELE

Les fêtes de fin d’année sont terminées

Les (plus ou moins) bonnes résolutions ont été prises

Commence alors la longue TRAVERSEE

De l’hiver et de ses journées grises…

Le thème pour la collecte des mots de cette semaine est donc TRAVERSEE, au large, en long, à l’endroit ou à l’envers, comme vous voudrez.

Si vous souhaitez participer, laissez vos mots en commentaires de ce billet (fermeture à 20h00) et en MAJUSCULES, s’il vous plait.

À très vite,

Emilie

Source image :pinterest.fr

LES PLUMES D’ASPHODELE Calendrier et rappel du règlement

CALENDRIER DES SEMAINES DES PLUMES

Totalement dépourvue de sens de la discipline (Vous allez voir, on va bien rire !), les dates ci-dessous ont avant tout pour but de me mettre la pression.

Je vous propose ces semaines de Plumes :

Collecte le lundi 14 janvier et dépôt de vos liens le vendredi 18 janvier
Collecte le lundi 28 janvier et dépôt de vos liens le vendredi 1erfévrier
Collecte le lundi 11 février et dépôt de vos liens le vendredi 15 février

Collecte le lundi 11 mars et dépôt de vos liens le vendredi 15 mars
Collecte le lundi 25 mars et dépôt de vos liens le vendredi 29 mars
Collecte le lundi 8 avril et dépôt de vos liens le vendredi 12 avril

Collecte le lundi 6 mai et dépôt de vos liens le vendredi 10 mai
Collecte le lundi 20 mai et dépôt de vos liens le vendredi 24 mai
Collecte le lundi 3 juin et dépôt de vos liens le vendredi 7 juin
Collecte le lundi 17 juin et dépôt de vos liens le vendredi 21 juin

Je précise ici, bien qu’il s’agisse d’une évidence, que ce calendrier serait nul et non avenu au moindre souhait d’Asphodèle.

RAPPEL DU REGLEMENT

Dans les grandes lignes…

Collecte des mots :
Vous déposerez un mot inspiré par le thème ou une phrase que je vous soumettrai dans un billet, le lundi de 6h00 à 20h00.
Le mot existe et, pour preuve, est référencé dans un dictionnaire connu, les sites internet ne faisant pas foi.
Le mot est commun, ce qui, de fait, exclut les noms propres.
Le mot peut être simple ou composé et peut, dans les textes, être accordé en genre et en nombre (donc, conjugué pour un verbe).

Lorsque vous laisserez le mot, merci de l’écrire en MAJUSCULES, afin de lever tout doute.

Je déposerai trois mots commençant par la même lettre.

Le thème soumis n’est utile qu’à la collecte des mots, et ne constitue pas une contrainte d’écriture.

Participation :
Selon les mots d’Asphodèle, « N’ont le droit de laisser un mot que ceux qui s’engagent à participer au moins une fois à l’atelier et ceux qui ont déjà participé ».

Rédaction des textes et dépôt des liens
Je vous remercie de déposer vos liens avant le vendredi 20h00.
Vous pourrez les laisser en commentaires de la publication récapitulative de la collecte du lundi.
Les personnes souhaitant participer et n’ayant pas de blog peuvent m’envoyer leur texte par email et je m’occuperai de leur publication.

Vous retrouverez le règlement complet chez Asphodèle.

À très vite

 

Je reprends LES PLUMES D’ASPHODELE… Vous me suivez ?

 

Parce que cet atelier m’a remis la plume dans l’encrier
(Ne cherchez pas, ce n’est pas une contrepèterie…)

et avec l’accord de La Grande Prêtresse,

 je vous propose de reprendre temporairement Les Plumes d’Asphodèle…

 

Même nom

Même règlement (dont je vous ferai très vite un rappel mais que vous pouvez retrouver ici )

Rythme à voir selon votre enthousiasme mais possiblement bimensuel. Hors vacances scolaires évidemment à moins que je trouve un moyen de perdre les Mambos…

Première collecte de mots lundi 14 janvier de 6h00 à 20h00 selon un thème ou une phrase que je vous aurai donné.

Ça vous dit ?

 

Emilie

Source GIF: giphy.com

Photo : pinterest.fr

Journal d’un voyeur

Chaque soir, dans un calme plat,
Quand j’ai terminé mon repas,
C’est un mets si délicieux
Pour mes yeux.

Elle, innocente, elle ignore
Que les courbes de son corps
Je les dévore à perdre haleine,
Madeleine…

Elle habite en face de chez moi,
Sa fenêtre est en contre-bas…
Ses reins, je les devine un peu,
Sous ses cheveux.

Ou lorsqu’elle se penche aussi
Pour ramasser un gant hardi…
J’entends bien plus que la Bête
Dans ma tête.

Dès qu’elle allume la lumière,
Je sens chauffer mes paupières
Brûlant de ce désir furtif
En négatif.

Là, elle ôte enfin son pull
Et le pose en funambule
Avec le reste de ses fringues
Sur une tringle.

C’est la buée de mes lunettes
Qui m’a poussé, sur internet
À m’offrir des jumelles
Pour voir ma Belle.

Depuis que je les ais, l’hiver,
Est la saison que je préfère
Et qui prolonge la scène,
Madeleine.

Elle finit toujours par ses bas
Que j’imagine filer, pour moi,
Ou nouer à ses chevilles.
Noires résilles.

Je freine l’idée saugrenue
De l’attendre au coin de la rue
Avec des fleurs ou bien un flingue.
Elle me rend dingue…

©Emilie BERD 7 janvier 2019

Source GIF : giphy.com

Ecrit pour l’Agenda Ironique de Janvier 2019 chez Carnetsparesseux

OMBRE

Devenir une ombre
Qui s’effile dans un rêve
Quand les lames du sommeil
La pénètrent et l’enlèvent.

Quand l’air est si sombre
Mourir sous le poids
De ces heures sans soleil
De ces nuits sans toit.

Au gré d’une étincelle
Vivre comme m’achève
La Lune noire qui veille
Aux sévices de son glaive.

Courtisane éternelle
Sans relief, sans voie,
Jusqu’au dernier réveil,
Je naitrai chaque fois…

©Emilie BERD 3 janvier 2019

Source image :pinterest.fr

Délice, dans ma bouche,
Quand ma langue te touche.
Artisan d’artifice
-Pain d’épice-

Dingues, mes papilles
Sur ces plis, oscillent
Si le papier tu ôtes.
– Papillote –

Douce à mon oreille,
Or et soie, pareils,
C’est ta peau qui m’appelle.
-Cannelle-

Délire d’initiée,
Par sa poudre nacrée,
À lier mais gourmande.
-Amande-

©Emilie BERD 13 décembre 2018

TEMPS

 

 

 

 

Tant que je ne suis pas mort,
Alors qu’on veut me tuer
Tant que je cours encore…

Si je peux toujours compter…
Puisque je me montre utile,
Même si ce n’est qu’à moitié…

Tant qu’avec moi, au moins,
D’un pas sûr mais de travers
Tout s’en va, l’air de rien.

On me prendra comme je viens…

Tant que je ferai la pluie
Que demain reste la proie
Dont je me repais la nuit.

Tant que j’ emporte le vent,
L’ennui et la rage aussi
Que je suis l’oubli et l’argent.

Au mépris du dilemme
Car ce n’est que suspendu
Que vraiment l’on m’aime,

Jamais je ne serai perdu…

© Emilie BERD 15 novembre 2018